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Les Monts Faucilles et la Vôge

Publié le 21 juin , par GALLIER Jean dans Les Monts Faucilles

Connaissez-vous les Monts Faucilles et la Vôge ? Il faut être originaire de ces régions pour en avoir entendu parler et il n’est pas certain que celles-ci disent quelque chose à la jeune génération. La géographie régionale est peu diserte à leur sujet et les publications les concernant restent le plus souvent imprécises et ne concordent pas toujours entre elles. Aussi, nous avons voulu en savoir un peu plus, en essayant de reconstituer le « puzzle » à partir des (rares) éléments dont nous disposons, et le plus souvent très anciens.


QUELQUES RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

• Dictionnaire encyclopédique d’Histoire, de Biographie, de Mythologie et de Géographie - Louis Grégoire 1874

« Faucilles (Les), section de la dorsale européenne (France), qui unit le Plateau de Langres aux Vosges méridionales. Elle forme un arc de cercle (de là son nom) allant de l’O. à l’E., et d’une hauteur de 400 à 500 mèt. »

• La France – P. Vidal de la Blache & P. Camena d’Almeida 1902

« Le chaînon des Vosges, qui domine la rive gauche de la Haute-Moselle, se termine par ses derniers pointements granitiques à l’ouest en face des premières ondulations des monts Faucilles [1] ; la voie ferrée d’Epinal à Lure passe à peu près dans l’intervalle.
Les monts Faucilles sont formés principalement de grès bigarré, le plus ancien des étages du trias. Cette formation diffère du grès vosgien en ce que les éléments quartzeux, moins purs, y sont fréquemment associés à des strates argileuses. […].
Le point le plus élevé, à l’extrémité occidentale, près de Lamarche, n’a que 504 mètres [2]. […]. Un sillon [3] calcaire, où passe la ligne de Mirecourt à Chalindrey, sépare les monts Faucilles des falaises du plateau de Langres. C’est dans ce sillon que jaillissent les sources minérales de Contrexéville et de Vittel […]. »

• Tableau de la géographie de la France - Paul Vidal de la Blache 1903

« […]. Dans la région que les géographes appellent Faucilles, et les paysans la Vôge […].

La Vôge se termine brusquement vers l’ouest devant un talus calcaire [4], qui la domine d’environ 80 mètres. […]. C’est un de ces talus qui sépare la Vôge de la Plaine. Les grés du calcaire. […]. »

• L’architecture du sol de France - Cdt O. Barré 1903

« Le Muschelkalk, qui au nord, dans la Lorraine proprement dite, ne dessine pas d’une façon continue un gradin accusé, en montre ici un fort net ; c’est un individu, il a droit à un nom : les Faucilles. »

• Le plus beau royaume sous le ciel - Onésime Reclus 1904

« Au bout septentrional, en même temps qu’oriental, du trait d’union jurassique d’entre Morvan et Vosges, les Faucilles ne se différencient pas du Plateau de Langres, du côté où elles s’ajustent avec lui, car là elles se composent aussi de Lias ; tandis que du côté contraire, elles appartiennent à diverses roches du Trias jusqu’à leur fin contre le grès des Vosges. Les Faucilles ne sont pas des monts, mais un plateau monotone, de peu de pente, déchiré sur ces rebords […]. »

• Annales de géographie n°103 - Lucien Gallois 1910. Cette monographie se présente comme une réponse à la définition de Louis Grégoire.

« L’origine des Monts Faucilles. Qu’est-ce que les Faucilles ? […]. En réalité entre les Vosges et le Plateau de Langres, il n’y a ni chaine, ni « dorsale ». […]. Mais, nulle part il n’y a là de dénivellation importante, ni à plus forte raison, d’obstacle. Les roches cristallines des Vosges disparaissent, vers Plombières, sous le manteau sédimentaire : les grés qui les recouvrent s’abaissent rapidement vers l’Ouest. Seuls, les calcaires du Trias forment au-dessus d’eux un léger ressaut. […]. »

• Larousse encyclopédique 1930

« Faucilles (monts), basses collines unissant les Vosges au Plateau de Langres et constituant en fait une dépression et une voie de passage entre la Lorraine et la Bourgogne. Altit., 504 m environ. »

« Vôge (La), petit pays de l’ancienne Lorraine, couvrant assez exactement, entre Plaine et Montagne, la zone de grès bigarré et formant un golfe entre les derniers contreforts des Vosges à l’E.et la falaise [5] dite « monts Faucilles » à l’O. Le ch.-lieu de cette sorte de marche entre Lorraine et Bourgogne était Mirecourt. »

• Les plaines de la Saône et leurs bordures montagneuses - André Journaux 1956

« Entre Chalindrey et Luxeuil, des plateaux de hauteurs inégales s’adossent à une ligne de reliefs atteignant 400 à 500 m d’altitude et connus sous le nom de Monts Faucilles. […]. »

« Plateaux de grès de Bourbonne-les-bains à Vittel, Forêt de Darney entre Saône et Coney, la Vôge se présente en deux gradins qui rappellent par leur allure… […]. »

• Larousse encyclopédique 1964

« Faucilles (monts), nom donné par les anciens géographes aux plateaux calcaires ou gréseux, compris entre les Vosges et le Plateau de Langres, qui forment la ligne de partage des eaux entre les tributaires de la Moselle et de la Meuse d’une part, et ceux de la Saône d’autre part. Ils correspondent en partie à la région de la Vôge. »

« Vôge (la), région de Lorraine, sur la bordure Sud-Ouest du massif vosgien, au contact des plaines de la Saône. C’est un pays au relief morcelé et au sol généralement pauvre, où la forêt (Darney, Martinvelle) est encore importante. […]. »

• Géographie régionale de la Fance - Georges CHABOT 1969

« La Vôge, c’est l’étalement du grès bigarré s’enfonçant en spatule parmi les marches irisées et le Lias […]. »

• Atlas et géographie de l’Alsace et de la Lorraine – Etienne Juillard 1977

« […] la Vôge, vraie appellation de ce que les premiers géographes ont baptisé à tort « Monts Faucilles », est un lourd et monotone plateau disséqué par la Saône supérieure et ses affluents. Culminant à l’Est à près de 600 m, il bute à l’Ouest sur la cuesta du calcaire coquillier [6]. […]. »

LES MONTS FAUCILLES

Introduction - Les Monts Faucilles : mythe ou réalité ?

On pourra constater, à travers les quelques extraits bibliographiques, que les Monts Faucilles ne s’identifient pas facilement ou pas de façon cohérente.
Comme Lucien Gallois [7], il serait sans doute plus simple de dire que les Monts Faucilles n’existent pas ! L’expression est née au XVIe siècle suite à une erreur de traduction par un cartographe d’Anvers. Puis, au XVIIIe siècle, l’expression est reprise pour désigner une bordure montagneuse continue censée relier le Plateau de Langres aux Vosges Méridionales, en suivant la ligne de partage des eaux Mer du Nord / Méditerranée.
Un observateur muni d’une carte hydrographique, qui suivrait la ligne de partage des eaux, n’aurait aucune chance d’identifier une bordure montagneuse continue, car celle-ci n’existe pas non plus, ce que démontre parfaitement Lucien Gallois [8].

Ce chapitre consacré aux Monts Faucilles pourrait donc s’arrêter là, mais ce serait ignorer l’usage qui a été fait de l’oronyme « Monts Faucilles » au XIXe et début du XXe siècle par les géographes de cette époque. A partir du moment où l’expression existe (a existé), chacun se l’est appropriée de façon « libre », ce qui explique le grand nombre de définitions que nous avons reproduites dans la bibliographie en tête de cet article.
Il ne faut donc pas s’étonner qu’un consensus ne puisse se dégager puisque personne ne met la même chose sous le vocable de « Monts Faucilles ». Le présent article n’échappera pas à la règle, cependant nous essaierons de montrer que ce toponyme de Monts Faucilles peut être « canalisé » à partir de certains éléments communs aux définitions des XIXe et XXe siècles, et surtout, que les Monts Faucilles ne peuvent pas se substituer à des régions dont l’existence est incontestable, comme le Bassigny et la Vôge.

Aujourd’hui, les Monts Faucilles ont disparu de la géographie et de la cartographie. La cartographie moderne fait état du « Seuil de Lorraine », censé remplacer les Monts Faucilles. Mais un « seuil » est une notion géomorphologique sans épaisseur pour identifier un tronçon sur une ligne de partage des eaux, et ne saurait signifier ou remplacer une région.
A l’inverse, nous verrons que plusieurs géographes donnent une « certaine surface » aux Monts Faucilles en réfutant le terme de « monts » et en assimilant ceux-ci à un ou plusieurs plateaux. Dans ce cas, les Monts Faucilles pourraient correspondre à une région.

On notera aussi qu’il règne une certaine confusion toponymique entre les Monts Faucilles et la Vôge. Certains auteurs pensent que ces deux appellations sont substitutives ; par exemple Paul Vidal de la Blache [9] écrit ceci :
« […]. Dans la région que les géographes appellent Faucilles, et les paysans la Vôge […]. »
A l’inverse, Etienne Juillard [10] nous précise :
« […] la Vôge, vraie appellation de ce que les premiers géographes ont baptisé à tort « Monts Faucilles ».
D’autres géographes globalisent les deux entités sous l’une ou l’autre appellation, et enfin, une petite minorité les mentionne distinctement sans chercher à les fusionner.

Il faut considérer également qu’une région peut évoluer dans le temps, cela n’a rien de surprenant. Une entité administrative peut glisser vers une région naturelle et inversement. C’est le cas, par exemple, pour le Bassigny, et nous verrons que c’est aussi le cas pour la Vôge.

Enfin il faut rappeler que la géographie régionale présente des « vides » ; notre territoire national n’est pas une mosaïque composée de régions naturelles parfaitement jointives.

Dans la suite de cet article, nous allons faire une proposition montrant que les Monts Faucilles ne se réduisent pas forcément à une ligne de partage des eaux, et qu’ils peuvent exister comme un territoire, et plus précisément correspondre à un territoire « orphelin » dans la géographie régionale actuelle.

Le Bassin parisien

Pour donner un contenu géomorphologique et géologique aux Monts Faucilles, il est nécessaire de revenir à la formation du Bassin parisien, avec ses dépôts sédimentaires et l’érosion régressive qui s’en est suivie, pour laisser ces fameuses côtes ou cuestas, telles qu’elles nous apparaissent aujourd’hui.
Remarque : nous renvoyons le lecteur aux très nombreux ouvrages sur le sujet.

Dans le secteur qui nous intéresse, il faut considérer la zone sud-est du Bassin parisien avec les 4 côtes suivantes, notifiées par des tracés [11] de couleurs différentes, sur la carte dynamique qui suit (Fig. 1).

Dans l’ordre des dépôts sédimentaires, d’est en ouest, il s’agit de :
• La côte du Buntsandstein ou côte du Trias (en violet foncé)
• La côte du Muschelkalk, ou côte de Lorraine (en mauve)
• La côte de l’infra Lias, ou côte de Port (en pourpre)
• La côte double bajocienne/domérienne, prolongement sud de la Côte de Moselle (en marron/orange).
En superposition, la ligne de partage des eaux tracée en rouge.

Fig. 1

Les trois premières côtes sont appelées « côtes de la retombée vosgienne » et appartiennent à la période du Trias, alors que la côte de Moselle appartient à la période suivante, c’est la première côte du Jurassique et celle-ci marque la limite est du Plateau de Langres.

Le seuil morvano-vosgien – Le Seuil de Bourgogne – Le Seuil de Lorraine

La ligne de partage des eaux matérialise le seuil morvano-vosgien marquant la séparation des bassins versants de la Manche et de la Mer du Nord d’une part, et de la Méditerranée d’autre part. Le seuil morvano-vosgien relie les deux pôles hercyniens que sont le Morvan et les Vosges granitiques. Il se compose de deux parties [12] : le Seuil de Bourgogne et le Seuil de Lorraine.
Si le Seuil de Bourgogne traverse des régions bien identifiées, (Morvan, Auxois, Plateau de Langres), il faut reconnaître que l’identification des régions traversées par le Seuil de Lorraine est moins facile ; c’est ici que s’interposent les Monts Faucilles et la Vôge.

Le Plateau de Langres et le Bassigny

Nous avons vu, dans les références bibliographiques, que les Monts Faucilles sont censés relier le Plateau de Langres aux Vosges. Cette description est difficilement compréhensible aujourd’hui, car elle correspond à une ancienne vision de la géographie de cette région, et plus particulièrement du Bassigny. Autrefois, le terme de « Bassigny » a été affecté à une ancienne région historique qui comprenait notamment « Chaumont-en-Bassigny ». Approximativement, cette région administrative incluait le nord du Plateau de Langres et le Bassigny actuel. Le mélange des genres – région administrative et région naturelle – a induit, au cours des siècles passés, un trouble évident chez les géographes pour définir ces deux régions naturelles. C’est seulement en 1901 que Lucien Gallois [13] apporta une clarification salutaire à la géographie régionale en séparant Plateau de Langres et Bassigny.

Le Plateau de Langres [14] appartient à la période du Jurassique, et plus précisément à l’époque du Dogger. Il est borné à l’est par une cuesta double Bajocienne (Dogger) / Domérienne (Lias). Cette cuesta double fait la transition entre le Plateau de Langres (Dogger) et le Bassigny (Lias).

Le Bassigny [15] appartient à l’époque du Lias, il se positionne sur le revers de la côte de l’infra Lias. Il démarre à l’ouest au pied de la cuesta domérienne, et se termine à l’est un peu avant le sommet de la côte de l’infra Lias, précisément là où le Lias s’arrête, en contact avec le Rhétien. Cette limite marque également la transition entre le Trias et le Jurassique ; elle est bien visible sur le terrain car elle correspond peu ou prou à la limite forêts/pâturages [16].
Voir le schéma en coupe ci-après (Fig.2).

Crédits: Jean Gallier
Fig. 2 - Schéma en coupe du Bassigny

En conclusion, quelle que soit la définition donnée aux Monts Faucilles, ceux-ci ne peuvent pas être en contact avec le Plateau de Langres, le Bassigny venant s’interposer entre les deux.

La Vôge

Après avoir examiné le Bassigny à l’ouest, dirigeons-nous à l’opposé, au contact des Vosges granitiques, à l’est.
Sans anticiper sur le chapitre qui sera consacré à la Vôge, nous pouvons déjà affirmer que cette région occupe la position la plus à l’est, au contact des Vosges granitiques. Ce prépositionnement de la Vôge sur le Buntsandstein, première époque du Trias, ne pose pas de difficulté.
Mais comment la Vôge se délimite-t-elle à l’ouest ?

Paul Vidal de la Blache [17] nous indique ceci :
« La Vôge se termine brusquement vers l’ouest devant un talus calcaire, qui la domine d’environ 80 mètres. […]. »

Etienne Juillard [18] nous le confirme en écrivant :
« […] la Vôge est un lourd et monotone plateau disséqué par la Saône supérieure et ses affluents. […], il bute à l’ouest sur la cuesta du calcaire coquillier. […]. »

Le « talus calcaire » et la « cuesta du calcaire coquillier » ne sont autres que la côte du Muschelkalk que l’on appelle également la côte de Lorraine.

Ainsi, nous avons borné l’est du Bassigny par la côte de l’infra Lias, et l’ouest de la Vôge par la côte du Muschelkalk. Ce faisant, nous avons considérablement réduit l’espace disponible pour les Monts Faucilles, entre Plateau de Langres et Vosges granitiques.
Le schéma ci-après sera plus explicite (fig. 3).

Crédits: Jean Gallier
Fig. 3 - Schéma en coupe du Bassigny et de la Vôge

La côte du Muschelkalk

Globalement, on peut dire que les géographes, du début du XXe siècle, sont d’accord pour identifier les Monts Faucilles, « à minima », à la côte du Muschelkalk.

C’est le cas du Cdt O. Barré [19] :
« Le Muschelkalk, qui au nord, dans la Lorraine proprement dite, ne dessine pas d’une façon continue un gradin accusé, en montre ici un fort net ; c’est un individu, il a droit à un nom : les Faucilles. »

Le Larousse de 1930 utilise le mot « falaise » pour désigner la côte du Muschelkalk :
« Vôge (La), petit pays de l’ancienne Lorraine, couvrant assez exactement, entre Plaine et Montagne, la zone de grès bigarré et formant un golfe entre les derniers contreforts des Vosges à l’E.et la falaise dite « monts Faucilles » à l’O. »

Cependant, ce constat ne nous dit pas quelle surface, ou quelle largeur ces géographes donnent à la côte du Muschelkalk, et donc aux Monts Faucilles ? Normalement une côte se définit par son front et son revers.

P. Vidal de la Blache & P. Camena d’Almeida [20] identifient une sorte de « no man’s land » entre la côte du Muschelkalk et la côte de l’infra Lias :
« […]. Un sillon calcaire, où passe la ligne de Mirecourt à Chalindrey, sépare les monts Faucilles des falaises du plateau de Langres. C’est dans ce sillon que jaillissent les sources minérales de Contrexéville et de Vittel […]. »

Pourquoi ne pas dire que ce « sillon » n’est autre que le revers de la côte du Muschelkalk ?

Ce territoire fait partie des Monts Faucilles, à condition de considérer la côte du Muschelkalk dans son ensemble, avec son front et son revers.

Dans un autre ouvrage, « Tableau de la géographie de la France » de 1903, P. Vidal de la Blache utilise le toponyme de « la Plaine » (avec un P majuscule) pour désigner ce sillon. Cette expression n’est guère mieux adaptée et induit une confusion avec la plaine sous-vosgienne au nord-est d’Epinal.

Comme nous en avons parlé en introduction, Il faut considérer aussi les géographes qui identifient les Monts Faucilles, non pas comme des monts, mais comme un plateau ou un ensemble de plateaux.

Quelques exemples :

Onésime Reclus [21]
« […] Les Faucilles ne se différencient pas du Plateau de Langres, du côté où elles s’ajustent avec lui, car là elles se composent aussi de Lias ; tandis que du côté contraire, elles appartiennent à diverses roches du Trias jusqu’à leur fin contre le grès des Vosges. Les Faucilles ne sont pas des monts, mais un plateau monotone, de peu de pente, déchiré sur ces rebords […]. »

André Journaux [22]
« Entre Chalindrey et Luxeuil, des plateaux de hauteurs inégales […] et connus sous le nom de Monts Faucilles. […]. »

Le Larousse de 1964
« Faucilles (monts), nom donné par les anciens géographes aux plateaux calcaires ou gréseux compris entre les Vosges et le Plateau de Langres, […]. »

Nous avons expliqué précédemment que cette envergure, du Plateau de Langres aux Vosges, était excessive, car le Bassigny à l’ouest, et la Vôge à l’est, y ont également leur place.
Précisément, après avoir positionné ces deux régions, il ne reste, entre les deux, qu’un seul plateau, celui formé par le revers de la côte du Muschelkalk.

Apparemment, seul André Journaux [23] intègre ce territoire dans la Vôge :
« Plateaux de grès de Bourbonne-les-bains à Vittel, Forêt de Darney entre Saône et Coney, la Vôge se présente en deux gradins qui rappellent par leur allure… […]. »
Ce regroupement est assez surprenant, surtout lorsqu’on connaît la description de ce territoire qu’en a fait P. Vidal de la Blache [24] pour qui la différence avec la Vôge est très marquée. Quoi qu’il en soit, nous ne retiendrons pas la proposition d’André Journaux.

La côte de l’infra Lias

La côte de l’infra Lias porte un toponyme un peu compliqué, car elle doit son existence à la présence de la couche de grès très dur du Rhétien, dernier étage de l’époque du Keuper, clôturant ainsi la période du Trias. Cette couche de grès très dur se trouve naturellement au sommet de la côte dont elle est à l’origine.
La côte de l’infra Lias est la dernière côte du Trias. Elle marque la limite avec le Bassigny à l’ouest et, de par sa forme incurvée, la limite avec le Xaintois au nord.

Côté Bassigny, les couches du Lias déposées sur son revers ont été déblayées au sommet par l’érosion et laissent apparaître sur une bande étroite (ou terrasse), le Rhétien recouvert de forêts, comme nous l’avons vu précédemment.
Côté Xaintois, le Lias a mieux résisté à l’érosion et recouvre entièrement le revers de la côte jusqu’à son sommet. Ainsi, seule la crête fait apparaître le grès du Rhétien et marque la limite Trias/Jurassique.

Comme nous le précise le Cdt O. Barré [25], la position de la côte de l’infra Lias est toujours restée incertaine. Celui-ci propose de globaliser cette côte avec le Bassigny sans le nommer [26], tout en reconnaissant que :

« Cet ensemble n’a pas de nom propre dans la nomenclature usuelle » et que « certains en font le commencement du Plateau de Langres [27], d’autres une partie intégrante des Faucilles ».

Ce dilemme ne devrait pas se poser. En effet, la côte de l’infra Lias est la dernière côte de la retombée vosgienne, ou la dernière côte du Trias. S’il en était besoin, rappelons que « infra Lias » veut dire « avant le Lias » ; par conséquent vouloir rattacher cette côte au Lias qui recouvre une partie de son revers, et qu’on appelle le Bassigny, va à l’encontre de la structure géologique de celle-ci, constituée par le Keuper [28]. La géologie nous commande ici d’affecter le front et le somment de cette côte triasique en tant que troisième et dernière côte de la retombée vosgienne, et de laisser la partie liasique de son revers au Jurassique.

Par conséquent, pour répondre à l’alternative formulée par le Cdt O. Barré, nous considérons la côte de l’infra Lias, ainsi détachée du Bassigny, comme partie intégrante des Faucilles.

En résumé, les Monts Faucilles sont constitués des deux dernières côtes triasiques de la retombée vosgienne : la côte du Muschelkalk dans sa globalité, et la côte de l’infra Lias limitée à son front et au Rhétien de son revers.
Le schéma précédent (Fig. 3) est complété ci-après avec les Monts Faucilles (Fig. 4).

Crédits: Jean Gallier
Fig. 4 - Schéma en coupe des Faucilles

Ces deux côtes forment une région cohérente où se situent les villes de Bourbonne-les-Bains, Lamarche, Martigny-les-Bains, Contrexéville, Vittel, et un peu plus loin Mirecourt. Cette approche est aussi une façon de donner une consistance territoriale à une région qui a toujours eu du mal à trouver sa place, et ce faisant, sans empiéter sur la Vôge, ni sur les autres régions avoisinantes.

Ainsi désignés, les Monts Faucilles ont comme point culminant une bute témoin de la côte de l’infra Lias, appelée le Mont des Fourches, à 501 m (Fig. 5).

Crédits: Clasquin-Bedel, éditeur
Fig. 5 - Lamarche et le Mont des Fourches

Sur la carte dynamique ci-dessous (Fig. 6), les Monts Faucilles sont identifiés par une zone ombrée grise. Pour situer ceux-ci dans leur environnement régional, on trouvera le Bassigny à l’ouest, le Xaintois au nord, la Plaine sous-vosgienne au nord-est, la Vôge à l’est, et le pays de l’Amance au sud.

Sur la carte du département des Vosges définissant les entités paysagères (en annexe, dans « Documents »), les Monts Faucilles, tels que décrits, correspondent au « Haut Plateau », aux « Vaux du Madon » et aux « Vallons sous Mirecourt », réunis.

Fig. 6

Rappel de la légende d’est en ouest :
• La côte du Buntsandstein ou côte du Trias (en violet foncé).
• La côte de du Muschelkalk, ou côte de Lorraine (en mauve).
• La côte de l’infra Lias ou côte de Port (en pourpre).
• La limite forêts/pâturages correspondant approximativement à la transition Trias/Jurassique (en vert clair).
• La côte double bajocienne/domérienne, prolongement sud de la Côte de Moselle (en marron/orange).
• La ligne de partage des eaux (en rouge).

On peut aussi étendre les Monts Faucilles au sud, en restant sur le revers de la côte du Muschelkalk et en intégrant le sommet boisé de la côte de l’infra Lias. Cette extension peut surprendre au premier abord, mais elle a sa logique en considérant la totalité de la côte du Muschelkalk qui, ne l’oublions pas, constitue la base des Monts Faucilles.
Cette extension est représentée par une zone ombrée bleue sur la carte ci-dessous

La côte du Buntsandstein

Nous verrons au chapitre suivant que la côte du Buntsandstein appartient à la Vôge.

LA VÔGE

Introduction

La Vôge, contrairement aux Monts Faucilles, figure toujours sur les cartes régionales.
Au centre de cette région on peut placer le quadrilatère Darney – Xertigny – Bains-les-Bains – Monthureux-sur-Saône, qui ne posera pas de problème pour son appartenance à celle-ci. A la périphérie, les choses se compliquent un peu.

La Vôge se définit essentiellement par trois paramètres :
• Son hydrographie
• La nature de son sol
• Son aspect paysager
Selon que l’on privilégiera l’un ou l’autre paramètre, le périmètre de la Vôge ne sera pas tout à fait le même.

• Son hydrographie

La Vôge se définit comme le bassin supérieur de la Saône, mais cette rivière a de très nombreux affluents ou sous-affluents, au débit important, comme : Le Coney, la Semouse, l’Augronne, la Combeauté. Et tous ne sont pas forcément à inclure dans la Vôge.
Certains auteurs identifient la Vôge comme une région encerclée par la ligne de partage des eaux Mer du Nord / Méditerranée. C’est une première approche, mais nous verrons qu’il y a des écarts.

• La nature de son sol

D’est en ouest, la Vôge s’étend de la côte du Buntsandstein à la côte du Muschelkalk.
Il est communément admis que la Vôge est intimement liée à la nature de son sol composé de grès bigarré de l’époque du Buntsandstein. Cependant, il serait illusoire de vouloir faire coïncider le périmètre d’une région naturelle avec le contour d’un substrat géologique. Sur la carte ci-après, on notera que le grès bigarré (Fig. 8 - tracé vert foncé) est largement majoritaire sur le revers de la côte du Trias, mais qu’il est fortement entrelacé avec les couches du Muschelkalk inférieur et moyen, notamment au sud-ouest et au nord.

Fig. 7

Au nord, dans un relief peu prononcé, la ligne de partage des eaux est totalement détachée de la côte du Muschelkalk et il n’y a aucune corrélation entre celle-ci et la limite du grès bigarré. Par conséquent, quel que soit le tracé qui sera retenu pour le nord de la Vôge, il sera toujours sujet à caution, sauf à identifier une différence paysagère significative.

• Son aspect paysager

La Vôge se caractérise par la douceur de son relief (par comparaison avec le relief de la « Montagne » à l’est), par ses forêts, ses grands espaces ouverts, ses nombreuses vallées, son habitat dispersé, et dans une certaine mesure, par ses maisons construites en grès.
Il apparaît aussi, mais nous manquons de données, que la Vôge d’antan était beaucoup plus importante que maintenant. Ainsi, le Larousse de 1930 nous donne cette information :
« Vôge (La), petit pays de l’ancienne Lorraine, […]. Le ch.-lieu de cette sorte de marche entre Lorraine et Bourgogne était Mirecourt. ».
Aujourd’hui, Mirecourt n’est plus dans la Vôge, il se situe sur le front de la côte de l’infra Lias, à la limite entre Faucilles et Xaintois.
Nous possédons peu d’écrits sur cette région en tant que région naturelle. Apparemment, seul André Cholley nous a laissé une monographie conséquente sur la Vôge (en pièce jointe).

La Vôge par André Cholley - 1914

La Vôge d’André Cholley

Dès le début de son document, Andrè Cholley nous indique ceci :
« La Vôge est le pays arrosé par la partie supérieure du cours de la Saône et par son affluent le Coney. Jadis, on en marquait la limite à l’Ouest, au Nord et à l’Est, par les monts Faucilles. On a fait justice de cette erreur. C’est uniquement par son aspect que la Vôge se distingue des régions suivantes. C’est un plateau de Grès bigarré, d’une altitude de 300 à 500 m, où l’eau et la forêt abondent. »

Cette description pourrait laisser penser qu’André Cholley élargit le périmètre de la Vôge. C’est tout le contraire. Sa vision est très stricte, il s’en tient au cours supérieur de la Saône et de son affluent le Coney, et reste sur le terrain du grès bigarré avec les restrictions que nous allons voir.

Sa monographie est très détaillée sur les caractéristiques de la Vôge et des régions voisines, mais il ne donne que très peu de détails sur la façon dont il délimite celle-ci. Il nous laisse simplement un tracé succinct, sans repère précis, que nous avons essayé de reproduire par une zone ombrée verte sur la carte qui suit (Fig. 8).

Fig. 8

Parmi toutes les définitions possibles de la Vôge, celle d’André Cholley représente le « plus grand dénominateur commun » que nous pouvons considérer comme le « cœur de la Vôge », par comparaison avec différentes définitions plus élargies que nous allons voir.

A l’ouest, sans surprise, le tracé suit la côte du Muschelkalk.

Au nord, dans un relief peu marqué, André Cholley suit (très) approximativement la limite du grès bigarré.

Au nord-est, et plus précisément à l’ouest d’Epinal, André Cholley ne retient pas une surface de grès bigarré, mais nous n’en percevons pas la raison.

Au sud-est, bien qu’étant sur le grès bigarré, André Cholley ne retient pas un large territoire comprenant les vallées de la Semouse et de l’Augronne, respectivement affluent et sous-affluent de la Lanterne.
Il nous précise ceci :
« A l’est de la voie ferrée d’Aillevillers à Epinal, le massif vosgien s’élève brusquement au-dessus de la Vôge par un talus de plus de 100 m. »

P. Vidal de la Blache & P. Camena d’Almeida [29] - qui ne font pas la différence entre Faucilles et Vôge – reconnaissent cependant la même limite avec les Vosges :
« Le chaînon des Vosges qui domine la rive gauche de la Haute-Moselle se termine par ses derniers pointements granitiques à l’ouest en face des premières ondulations des monts Faucilles ; la voie ferrée d’Epinal à Lure passe à peu près dans l’intervalle.

A l’inverse, Etienne Juillard [30], en nous donnant une indication d’altitude, nous laisse à penser qu’il intègre ce territoire comprenant Plombières-les-Bains :
« […] la Vôge, […] est un lourd et monotone plateau disséqué par la Saône supérieure et ses affluents. Culminant à l’Est à près de 600 m, […]. »
En effet, dans la Vôge délimitée par André Cholley, les altitudes ne dépassent pas 500 m.

Au sud de Fontenoy-le-Château il existe une ligne de faille sur laquelle André Cholley arrête la Vôge. Sur la partie surélevée au nord, les couches du Muschelkalk ont été déblayées par l’érosion pour laisser la place au Buntsandstein supérieur ou grès bigarré, alors que sur la partie abaissée au sud, il reste des couches du Muschelkalk moyen (couches grises et couches rouges, indifférenciées). Cette différence de sol représente la limite sud pour André Cholley.

Les entités paysagères départementales.

Deux départements sont concernés par la Vôge : les Vosges et la Haute-Saône.
Ces départements identifient la Vôge comme entité paysagère, et nous reproduisons ci-dessous les deux représentations (Fig. 9 - Fig. 10) ainsi que leur tracé réunis sur la même carte dynamique (Fig. 11).

Crédits: http://www.vosges.gouv.fr/content/download/17617/131547/file/03_ATLAS_2018_entites_paysageres.pdf
Fig. 9 - La Vôge par la DDT du département des Vosges
Crédits: http://thema.univ-fcomte.fr/paysage-eco/atlas-web/Hsaone20.pdf
Fig. 10 - La Vôge par la DDT du département de la Haute-Saône

Fig. 11

• La Vôge dans le département des Vosges

Au nord, le tracé n’est pas facile à expliquer mais, comme nous en avons déjà parlé, cette zone nord est difficile à borner de façon rigoureuse.

Au nord-est, à l’ouest d’Epinal, le tracé intègre, contrairement à André Cholley, la surface de grès bigarré, ce qui semble, à priori, plus logique.

A l’est, le tracé déborde largement du grès bigarré pour pénétrer dans le relief déchiqueté de la côte du Trias. Nous pensons que cette délimitation va trop à l’est mais, par contre, on peut admettre un débordement au-delà du grès bigarré pour intégrer une surface d’alluvions et de formations fluvio-glaciaires du Pléistocène (ère quaternaire), car il n’y a pas de différence paysagère marquante.

Au sud-est, la vallée de la Semouse est prise en compte mais pas son affluent l’Augronne. Faut-il y voir une différence paysagère ?

• La Vôge dans le département de la Haute-Saône

La limite sud, donnée par le département de la Haute-Saône, effleure la côte de Lorraine sans la franchir.
Mais, contrairement à la limite sud d’André Cholley qui s’en tient strictement au grès bigarré, la Vôge haute-saônoise comprend une surface non négligeable composée du Muschelkalk inférieur et moyen.

Synthèse de la Vôge

Comme on peut s’en douter, il n’y a pas de vérité absolue pour délimiter la Vôge, notamment à la périphérie qui peut prêter à interprétation, comme nous venons de le voir.

Afin que le lecteur puisse se faire sa propre opinion, nous avons représenté sur la carte ci-après (Fig. 13) :
• les Monts Faucilles, tels que définis au chapitre précédent, par une zone ombrée grise.
• L’extension possible des Monts Faucilles, par une zone ombrée bleue.
• Le « cœur de la Vôge » d’André Cholley, par une zone ombrée verte.
• Les extensions possibles de la Vôge, citées précédemment, par des zones ombrées jaunes.

Fig. 12

Fig. 13

Rappel de la légende d’est en ouest :
• La côte du Buntsandstein ou côte du Trias (en violet foncé).
• La côte du Muschelkalk, ou côte de Lorraine (en mauve).
• La côte de l’infra Lias ou côte de Port (en pourpre).
• La ligne de partage des eaux (en rouge).

La zone nord est sans doute la plus difficile à borner compte tenu du manque de corrélation entre : côte du Muschelkak, ligne de partage des eaux et grès bigarré. L’aspect paysager peut-il faire la différence ?
Si une limite objective peut être établie, la partie, qui ne sera pas retenue dans la Vôge, appartiendra aux Monts Faucilles.

Au nord-est, se trouve la zone de grès bigarré à l’ouest d’Epinal.

A l’est, se situe la région d’Hadol, au-delà du grès bigarré et de la ligne de partage des eaux.

Au sud-est, sur une large surface de grès bigarré, sont comprises les vallées de la Semouse et de l’Augronne, voire aussi la vallée de la Combeauté.

Au sud se trouve l’extension proposée par le département de la Haute-Saône.

FORUM

Si vous avez des questions ou suggestions à propos de cet article, n’hésitez pas à aller sur le FORUM à la fin de ce document.

REMERCIEMENTS

Je remercie chaleureusement les personnes dont les noms suivent :
-  MM. Christian Euriat [31] et Jean-François Michel [32] qui ont mis gracieusement à ma disposition une documentation très pertinente sur les régions étudiées.
-  MM. Dominique Harmand et Jacques Le Roux qui m’ont fait part de leurs connaissances sur ce secteur sud de la Lorraine pour lequel leur expertise m’a été précieuse.

Notes :

[1On comprendra, à la lecture du texte, que les auteurs assimilent « Monts Faucilles » et « Vôge ».

[2Il s’agit du Mont des Fourches dont l’altitude corrigée est de 501 m.

[3Ce « sillon » est situé entre la côte de l’infra Lias et la côte du Muschelkalk.

[4La côte du Muschelkalk

[5Ibid.

[6La côte du Muschelkalk.

[7Une étude historique extrêmement détaillée sur ce sujet a été effectuée par Lucien Gallois en 1910 et publiée dans les « Annales de géographie n°103 » sous le titre « L’origine des Monts Faucilles ».
Voir aussi dans le livre « La forêt de Darney : des arbres et des hommes » (2009) de Jean François Michel, le chapitre rédigé par MM. Jacques Le Roux et Dominique Harmand « La forêt de Darney géographie et géologie », et plus particulièrement le paragraphe : « Les Monts Faucilles : une barrière montagneuse imaginaire… ».

[8Ibid.

[9Tableau de la géographie de la France - Paul Vidal de la Blache 1903.

[10Atlas et géographie de l’Alsace et de la Lorraine – Etienne Juillard 1977.

[11Le tracé de chaque côte correspond approximativement au front de côte, sauf pour le Trias pour lequel le tracé suit la première couche afin de marquer la limite avec l’ère primaire.

[12Certains auteurs identifient trois seuils en séparant le Seuil de Bourgogne en deux parties : le Seuil de Bourgogne proprement dit et le Seuil de Langres, mais cette distinction est peu répandue. Il est plus généralement admis que le Seuil de Bourgogne traverse entièrement le Plateau de Langres.

[13Le Bassigny, étude d’un nom de pays – Lucien Gallois - Annales de géographie - 1901.

[14Pour en savoir plus sur le Plateau de Langres, se reporter sur ce même site à l’article « Le Plateau de Langres : sa géomorphologie ».

[15Pour en savoir plus sur le Bassigny, se reporter sur ce même site à l’article « Le Bassigny d’aujourd’hui ».

[16Pour en savoir plus sur la limite Trias/Jurassique, se reporter sur ce même site à l’article « Le Bassigny d’aujourd’hui ».

[17Tableau de la géographie de la France - Paul Vidal de la Blache 1903.

[18Atlas et géographie de l’Alsace et de la Lorraine – Etienne Juillard 1977.

[19L’architecture du sol de France - Cdt O. Barré 1903.

[20La France – P. Vidal de la Blache & P. Camena d’Almeida 1902.

[21Le plus beau royaume sous le ciel - Onésime Reclus 1904.

[22Les plaines de la Saône et leurs bordures montagneuses - André Journaux 1956.

[23Ibid.

[24Tableau de la géographie de la France - Paul Vidal de la Blache 1903.
P. Vidal de la Blache appelle ce territoire « La Plaine ». Voici comment il le décrit :
« […]. C’est un de ces talus qui sépare la Vôge de la Plaine, les grès du calcaire. Le contraste est frappant. Sitôt que ce calcaire coquillier, d’âge triasique, prend possession de la surface, le sol devient pierreux et sec, les champs remplacent les bois, le pays se découvre. Au lieu des communications sinueuses imposées dans la Vôge par la multiplicité diffuse des eaux, les routes se déroulent en ligne droite. Elles s’allongent, des lieux entières, sans dévier de leur direction : routes modernes, voies romaines. Le long de la voie romaine construite sur la corniche même du talus calcaire, de façon à dominer le pays, les villages agricoles se succèdent à brefs et réguliers intervalles. Ce pays, plan et découvert, fut pratiqué, parcouru, mis en culture avant les pays forestiers qui lui sont contigus, et qui, lorsqu’ils étaient plus intacts, faisaient comme une ceinture forestière à la Lorraine. […]. »

[25L’architecture du sol de France - Cdt O. Barré 1903.

[26Lors de la parution de son livre en 1903, le Commandant O. Barré n’a certainement pas eu le temps d’intégrer la publication de Lucien Gallois de 1901, distinguant le Bassigny du Plateau de Langres.

[27Ibid.

[28Nous n’allons pas refaire l’histoire, mais il aurait été plus simple d’appeler cette côte, la côte du Keuper, comme il existe la côte du Muschelkalk et la côte du Buntsandstein.

[29La France – P. Vidal de la Blache & P. Camena d’Almeida 1902.

[30Atlas et géographie de l’Alsace et de la Lorraine – Etienne Juillard 1977.

[31FÉDÉRATION DES SOCIÉTÉS SAVANTES DES VOSGES
« Aux marches de la Lorraine – Lamarche et Martigny-les-bains » – Octobre 2017
Actes des 19e Journées d’études vosgiennes à Lamarche et Martigny-les-Bains
Textes réunis par Christian Euriat, Pierre Labrude, Jean-Pierre Husson
Edité par la Fédération des sociétés savantes des Vosges et l’Association pour le développement du Pays aux trois Provinces.

[32ASSOCIATION SAÔNE LORRAINE
« La forêt de Darney - Des arbres et des hommes » – Mars 2009
Textes réunis par Jean-François Michel
Editions Dominique Guéniot.

Dans le glossaire :
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Lat: 48° 11' 08.94" N
Lon: 6° 00' 30.21" E
monts_faucilles_ombres_v5.kml




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