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La Vôge et les Monts Faucilles

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Connaissez-vous la Vôge et les Monts Faucilles ? Il faut être originaire de ces régions pour en avoir entendu parler et il n’est pas certain que celles-ci disent quelque chose à la jeune génération. La géographie régionale est peu diserte à leur sujet et les publications les concernant restent le plus souvent imprécises et ne concordent pas toujours entre elles. Aussi, nous avons voulu en savoir un peu plus, en essayant de reconstituer le « puzzle » à partir des (rares) éléments dont nous disposons, datant principalement de la fin du XIXe siècle et du tout début du XXe.


AVANT-PROPOS

Pour se faire rapidement une idée sur la Vôge et les Monts Faucilles, avant d’entreprendre une lecture approfondie, le lecteur trouvera ci-après une carte de synthèse (Fig. 1) montrant la Vôge (en vert) et les Faucilles (en gris).

Crédits: Jacques Le Roux
Fig. 1 - Vôge et Faucilles

RECOMMANDATION

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INTRODUCTION

En abordant des sujets comme la Vôge et les Monts Faucilles, on entre dans le domaine de la géographie régionale, discipline tombée un peu dans l’oubli et réservée le plus souvent, aujourd’hui, à des publications locales. Mais nous considérons qu’il n’y a pas de genre mineur, et le flou qui entoure ces deux régions n’a fait qu’attiser notre curiosité.

C’est donc dans cet esprit que nous allons tenter de pénétrer dans la Vôge et les Monts Faucilles, tâche d’autant plus délicate que ces deux régions ont pratiquement disparu de la cartographie moderne. On trouve encore la Vôge sur certaines cartes régionales spécialisées, mais on ne voit plus du tout apparaître les Monts Faucilles. Difficile d’imaginer qu’un élément du relief terrestre ait pu disparaître aussi facilement, tout du moins sur le papier. Nous verrons que l’existence même des Monts Faucilles est contestée par plusieurs géographes, ce qui est une situation peu banale en géographie, discipline où le visuel est le même pour tous.

On notera aussi qu’il règne une certaine confusion toponymique entre les Monts Faucilles et la Vôge. Certains auteurs pensent que ces deux appellations sont substitutives ; par exemple Paul Vidal de la Blache [1] écrit ceci :
« […]. Dans la région que les géographes appellent Faucilles, et les paysans la Vôge […]. »
À l’inverse, Etienne Juillard [2] nous précise :
« […] la Vôge, vraie appellation de ce que les premiers géographes ont baptisé à tort « Monts Faucilles ».
D’autres géographes globalisent les deux entités sous l’une ou l’autre appellation, et enfin, une petite minorité les mentionne distinctement sans chercher à les fusionner. C’est à partir de ce dernier point de vue, plus précis, que nous allons mener nos investigations.

Il faut considérer également que la notion de région peut évoluer dans le temps, cela n’a rien de surprenant. Une entité administrative peut glisser vers une région naturelle et inversement. C’est le cas, par exemple, pour le Bassigny, et nous verrons que c’est aussi le cas pour la Vôge.

Le « ressenti » d’une région par ses habitants est aussi un élément à prendre en compte, mais dans la problématique des Monts Faucilles, force est de reconnaître que l’appropriation va de faible à inexistante et ce, quelle que soit la position géographique proposée. Le cœur de la Vôge est bien appréhendé par ses habitants mais sa périphérie reste floue, aussi bien sur le terrain que dans la littérature. Nous verrons qu’il est possible de mieux préciser le périmètre de la Vôge.

Enfin, il faut rappeler que la géographie régionale présente des « vides » ; notre territoire national n’est pas une mosaïque composée de régions naturelles définies et parfaitement jointives. Cela peut paraître surprenant que de n’habiter nulle part ; aussi nous allons nous attacher, chaque fois que faire se peut, à réaliser un travail d’identification, soit par référence au passé, soit en allant vers une certaine logique topographique.

Pour appréhender ces deux régions naturelles et leur donner un contenu géomorphologique et géologique, il est nécessaire de revenir à la formation du Bassin parisien, avec ses dépôts sédimentaires et l’érosion qui s’en est suivie, pour laisser ces fameuses côtes ou cuestas, telles qu’elles nous apparaissent aujourd’hui.
Remarque : nous renvoyons le lecteur aux très nombreux ouvrages sur le sujet.

Dans le secteur qui nous intéresse, il faut considérer la zone sud-est du Bassin parisien avec les 4 côtes suivantes, notifiées par des tracés [3] de couleurs différentes, sur la carte dynamique qui suit (Fig. 2).

Dans l’ordre des dépôts sédimentaires, d’est en ouest, il s’agit de :
• La côte du Buntsandstein ou côte du Trias (en violet foncé),
• La côte du Muschelkalk, ou côte de Lorraine (en mauve),
• La côte de l’infra Lias, ou cote infraliasique, ou côte de Port [4] (en pourpre),
• La côte double bajocienne/domérienne, prolongement sud de la Côte de Moselle (en marron/orange).
En superposition, la ligne de partage des eaux tracée en rouge.

Fig. 2

Les trois premières côtes sont appelées « côtes de la retombée vosgienne » et appartiennent à la période du Trias, alors que la côte de Moselle appartient à la période suivante, c’est la première côte du Jurassique et celle-ci marque la limite est du Plateau de Langres.

LA VÔGE

Introduction

La Vôge, contrairement aux Monts Faucilles, figure toujours (normalement) sur les cartes régionales. Sur une carte de France, cette région est trop petite pour apparaître.
Au centre de cette région on peut placer le quadrilatère Darney – Xertigny – Bains-les-Bains – Monthureux-sur-Saône, qui ne posera pas de problème pour son appartenance à celle-ci. À la périphérie, les choses se compliquent un peu.

La Vôge se caractérise essentiellement par trois paramètres :
• Son hydrographie,
• La nature de son sol,
• Son aspect paysager.
Mais, comme il est impossible de faire coïncider parfaitement ces trois paramètres, selon que l’on privilégiera l’un ou l’autre, le périmètre de la Vôge ne sera pas tout à fait le même.

• Son hydrographie

La Vôge se définit comme le bassin supérieur de la Saône associé au bassin du Coney, son affluent rive gauche. Certains auteurs identifient la Vôge comme une région encerclée par la ligne de partage des eaux Mer du Nord / Méditerranée. C’est également une première approche, mais nous verrons qu’il y a des écarts.

• La nature de son sol

Il est communément admis que la Vôge est intimement liée à la nature de son sol composé de Grès bigarré de l’époque du Buntsandstein. Cependant, il serait illusoire de vouloir faire coïncider le périmètre d’une région naturelle avec le contour d’un substrat géologique. Sur la carte ci-après, on notera que le contact du Grès bigarré (Fig. 3 - tracé vert foncé) avec les marnes et argiles du Muschelkalk est extrêmement contourné, voire disloqué, notamment au sud-ouest et au nord.

Fig. 3

• Son aspect paysager

La Vôge se caractérise par la douceur de son relief (par comparaison avec le relief de la « Montagne » à l’est), par ses forêts, ses grands espaces ouverts, ses nombreuses vallées, son habitat dispersé.

Il apparaît aussi, mais nous manquons de données, que la Vôge d’antan était beaucoup plus importante que maintenant. Ainsi, le Larousse de 1930 nous donne cette information :
« Vôge (La), petit pays de l’ancienne Lorraine, […]. Le ch.-lieu de cette sorte de marche entre Lorraine et Bourgogne était Mirecourt. ».
Aujourd’hui, Mirecourt n’est plus dans la Vôge, il se situe sur le front de la côte de l’infra Lias, à la limite entre Faucilles et Xaintois.
Nous possédons peu d’écrits sur cette région en tant que région naturelle. Apparemment, seul André Cholley [5] nous a laissé une monographie conséquente sur la Vôge (en pièce jointe).

La Vôge par André Cholley - 1914

La Vôge d’André Cholley

Dès le début de son document, Andrè Cholley nous indique ceci :
« La Vôge est le pays arrosé par la partie supérieure du cours de la Saône et par son affluent le Coney. Jadis, on en marquait la limite à l’Ouest, au Nord et à l’Est, par les monts Faucilles. On a fait justice de cette erreur. C’est uniquement par son aspect que la Vôge se distingue des régions suivantes. C’est un plateau de Grès bigarré, d’une altitude de 300 à 500 m, où l’eau et la forêt abondent. »

Cette description pourrait laisser penser qu’André Cholley élargit le périmètre de la Vôge. C’est tout le contraire. Sa vision est très restrictive, il s’en tient au cours supérieur de la Saône et de son affluent le Coney, et reste sur le terrain du Grès bigarré avec les restrictions que nous allons voir.

Sa monographie est très complète sur les caractéristiques de la Vôge et des régions voisines, mais il ne donne que très peu de détails sur la façon dont il délimite celle-ci. Il nous laisse simplement un tracé approximatif, sans repère précis, que nous avons essayé de reproduire par une zone de couleur verte sur la carte qui suit (Fig. 4).

Fig. 4

Parmi toutes les définitions possibles de la Vôge, celle d’André Cholley représente ce que nous pouvons considérer comme le « cœur de la Vôge », par comparaison avec différentes définitions plus élargies que nous allons voir.

À l’ouest, sans surprise, le tracé suit la côte du Muschelkalk.

Au nord, dans un relief peu marqué, André Cholley suit (très) approximativement la limite du Grès bigarré. Nous pensons, ici, pouvoir aller jusqu’à la côte du Muschelkalk sans percevoir de différence paysagère.

Au nord-est, André Cholley ne retient pas une surface de Grès bigarré recouvrant en partie le horst d’Épinal. Sans doute que, de son point de vue, cette partie en surélévation ne correspond pas aux critères paysagers de la Vôge. Il est possible également, qu’André Cholley se soit heurté, ici, aux Monts Faucilles tels que représentés sur la carte ci-après (Fig. 5), mais nous démontrerons au chapitre consacré aux Monts Faucilles, que ceux-ci n’ont rien à faire sur le Grès bigarré.

Crédits: CartGéo Épinal Topo 1838 Monts Faucilles
Fig. 5 - Les Monts Faucilles sur le horst d’Épinal au XIXe siècle !

À l’est comme au nord, sur une surface relativement plate, André Cholley déborde la ligne de partage des eaux et la limite du Grès bigarré en s’arrêtant à la hauteur de Hadol. Sans différence paysagère marquante, on peut continuer sur une surface d’alluvions et de formations fluvio-glaciaires du Pléistocène (ère quaternaire) jusqu’à Arches. Nous sommes ici sur la terminaison du graben de Bains-les-Bains. Ce territoire est limité à l’est par la vallée de la Niche.

Au sud-est, bien qu’étant toujours sur le Grès bigarré, André Cholley ne retient pas un large territoire comprenant le horst de Noirmont, les vallées de la Semouse et de l’Augronne, respectivement affluent et sous-affluent de la Lanterne.
Il nous précise ceci :
« À l’est de la voie ferrée d’Aillevillers à Epinal, le massif vosgien s’élève brusquement au-dessus de la Vôge par un talus de plus de 100 m. »

P. Vidal de la Blache & P. Camena d’Almeida [6] - qui ne font pas la différence entre Faucilles et Vôge – reconnaissent aussi la même limite avec les Vosges :
« Le chaînon des Vosges, qui domine la rive gauche de la Haute-Moselle, se termine par ses derniers pointements granitiques à l’ouest, en face des premières ondulations des monts Faucilles ; la voie ferrée d’Epinal à Lure passe, à peu près, dans l’intervalle ».

Visiblement, pour André Cholley et Paul Vidal de la Blache, l’aspect « montagnard » fait la différence avec le relief plus estompé de la Vôge. Rappelons également que la Vôge est généralement limitée à la haute vallée de la Saône et à son affluent le Coney, ce qui fait une deuxième raison pour exclure les affluents de la Lanterne. Le Grès bigarré ne serait donc pas déterminant pour ce territoire que nous avons arrêté au sud, par la ligne de faille qui court le long de la rive droite de la Combeauté, et qui correspond aussi à la limite sud-est du Grès bigarré.

À l’inverse, Etienne Juillard [7], en nous donnant une indication d’altitude à 600 m, nous laisse à penser qu’il intègre ce territoire comprenant Plombières-les-Bains, car les altitudes ne dépassent pas 500 m dans la Vôge délimitée par André Cholley.
« […] la Vôge, […] est un lourd et monotone plateau disséqué par la Saône supérieure et ses affluents. Culminant à l’Est à près de 600 m, […]. »

Ce territoire est certainement le plus litigieux quant à son appartenance, ou non, à la Vôge. Si nous ne retenons que le Grès bigarré, il appartient à la Vôge. Si nous ne retenons que les aspects hydrographiques et paysagers, il n’est pas dans la Vôge. Mais, dans ce dernier cas, cela ne veut pas dire qu’il appartient aux Vosges. Nous verrons au chapitre des Monts Faucilles, que le Dr A. Fournier [8] exclut le Grès bigarré du massif vosgien.

Le département des Vosges adopte une position « entre deux », en définissant une entité paysagère de la Vôge, qui intègre la Semouse, mais qui exclut son affluent l’Augronne et donc Plombières-les-Bains (Fig. 6).

Crédits: http://www.vosges.gouv.fr/content/download/17617/131547/file/03_ATLAS_2018_entites_paysageres.pdf
Fig. 6 - La Vôge par la DDT du département des Vosges

Au sud de Fontenoy-le-Château il existe une ligne de faille sur laquelle André Cholley arrête la Vôge. Sur la partie surélevée au nord, les couches du Muschelkalk ont été déblayées par l’érosion pour laisser la place au Buntsandstein supérieur, ou Grès bigarré, alors que sur la partie abaissée au sud, il reste des couches du Muschelkalk moyen (couches grises et couches rouges, indifférenciées).
Cependant cette limite sud ne fait pas l’unanimité. Nous sommes déjà dans le département de la Haute-Saône, et ce département a délimité, pour ce qui le concerne, une entité paysagère correspondant à la Vôge (Fig. 7).

Crédits: http://thema.univ-fcomte.fr/paysage-eco/atlas-web/Hsaone20.pdf
Fig. 7 - La Vôge par la DDT du département de la Haute-Saône

Contrairement à la limite sud d’André Cholley, qui s’en tient strictement au Grès bigarré, la Vôge haute-saônoise comprend une surface non négligeable composée du Muschelkalk inférieur et moyen. La limite sud, donnée par ce département, se rapproche de la côte du Muschelkalk mais sans en adopter le contour, ce qui laisse ce choix inexpliqué. Aussi, dans un souci de simplification, nous proposons, comme à l’ouest et comme au nord, de marquer le sud de la Vôge par la côte du Muschelkalk.

Synthèse de la Vôge

En considérant les différents points de vue sur la Vôge, on constate que le pourtour de cette région ne se définit pas facilement. Nous avons vu qu’il fallait trois critères pour caractériser la Vôge (l’hydrographie, la nature du sol, l’aspect paysager), ce qui laisse un large champ d’appréciations ou d’interprétations.
De tous les périmètres possibles, pour la Vôge, celui d’André Cholley est le plus limitatif et, à partir du tracé succinct qu’il nous laisse, il n’est pas facile de reporter ce périmètre sur le terrain. Même en ne considérant que la surface de Grès bigarré, nous avons vu que cela ne correspondait pas, non plus, à son tracé.
Malgré la réserve émise par André Choley en introduction de sa monographie, nous pensons que circonscrire la Vôge avec la côte du Muschelkalk reste une démarche pragmatique, en offrant un contour facilement identifiable.
Pour être plus précis, la côte du Muschelkalk, ou côte de Lorraine, opérera la délimitation au sud, à l’ouest et au nord, tandis qu’à l’est la limite du Grès bigarré marquera la fin de la Vôge ; au-delà, on pénètre dans les Vosges.

Sur la carte ci-dessous (Fig. 8) On trouvera cette Vôge ainsi délimitée. La partie en vert clair représente le « cœur de la Vôge » tel que le définit André Cholley, et les parties en vert foncé, les extensions possibles telles que mentionnées ci-dessus.

Fig. 8

Rappel de la légende d’est en ouest :
• La côte du Buntsandstein ou côte du Trias (en violet foncé).
• La côte du Muschelkalk, ou côte de Lorraine (en mauve).
• La côte de l’infra Lias ou côte de Port (en pourpre).
• Les limites du Grès bigarré (en vert foncé).
• La ligne de partage des eaux (en rouge).

Le lecteur trouvera ci-après une carte allégée (Fig. 9), sans la représentation du Grès bigarré.

Fig. 9

LES MONTS FAUCILLES

Mythe ou réalité ?

Aujourd’hui, les Monts Faucilles ont totalement disparu de la cartographie. Si certains livres de géographie les citent encore, c’est seulement par référence au passé.
Cependant, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, les Monts Faucilles ont fait l’objet d’une vive controverse entre géographes. Il faut dire que les Monts Faucilles sont très mal nés.

Ce terme des Monts Faucilles [9] apparaît en fait pour la première fois en 1573 sur une carte publiée par Ortelius, cartographe d’Anvers, (Gallois, 1910) [10] sous l’appellation « Monts de Fauciles ». Ce dernier auteur montre, après une enquête minutieuse, que ce terme inconnu au XVIe siècle résulte d’une erreur de traduction à partir du toponyme « Mont des Forches (ou des Fourches ») qui apparaît sur une carte de la Franche-Comté publiée à cette époque. Le toponyme qui, de nos jours est le nom du col situé au Sud du Massif vosgien, sur la route Rupt-sur-Moselle – Corravillers, désignait depuis le Moyen-Âge le sommet se trouvant sur la ligne de partage des eaux entre la Moselle et la Saône. Ainsi, dans le dernier tiers du XVIème siècle, Ortelius remplace le terme de « Vosegus mons » qui désignait un territoire mal délimité s’étendant entre la région de Langres et la Plaine d’Alsace et au-delà jusqu’à l’Hunsruck, par « Monts de Fauciles ». Ce nouveau toponyme est repris sur les cartes ultérieures sous l’appellation « Monts de Faucilles » en 1625, puis de « Montagne des Faucilles » en 1705.

Cette erreur de traduction, d’après Lucien Gallois, n’aurait pas été particulièrement gênante si le toponyme retenu avait désigné une région précise que tout un chacun aurait pu identifier facilement. Dès le départ, l’expression « Monts Faucilles » désignait un territoire mal délimité laissant libre cours aux interprétations les moins crédibles.

J.E. Gerock [11] fait dériver le mot « Fauciles » de l’altération du terme « Vogelberg » ou « Vogeslberg » (Montagne aux oiseaux), sachant que le « V » allemand se prononce « F ». Les cartographes allemands des XVIIe et XVIIIe siècles se servaient de ce mot pour désigner une vaste surface incluant le grand massif alsaco-lorrain et le seuil de Lorraine. Et J.E. Gerock poursuit en rappelant qu’Ortelius consigna le mot « Fauciles » avec un seul « L ». Ce serait aux continuateurs de Mercator qu’est due la graphie avec deux « L », assurément fautive, et conduisant les futurs géographes, comme Louis Grégoire [12], à reconnaître une ressemblance (en forme de croissant) entre cette hypothétique chaîne et l’outil du même nom.
J. E. Gerock reconnaît également que le terme de « Fourche » ou de « Forche » appartient à une grande famille de mots dont la racine commune exprime l’idée d’ouverture, de passage ou de col. L’encyclopédie de Paul Joanne [13] reprend la même hypothèse, mais avec des réserves.

On se perd en conjectures. Avec le temps on aurait pu imaginer que la situation se clarifiât ; malheureusement non.

Une deuxième erreur [14] survint au milieu du XVIIIème siècle lorsque les cartographes dessinent une bordure montagneuse continue (Cf. fig. 10) sur la ligne de partage des eaux, entre la Mer du nord et la Méditerranée (Gallois, 1910) [15]. À la fin du XIXème siècle, le terme des « Monts Faucilles » est inscrit sur la carte d’état-major (au 1/80 000) où il définit un espace situé entre le plateau de Langres et les Vosges méridionales, celui-là même qui s’identifiait avec l’ancien « Vosegus mons ».

Crédits: Fayard carte de 1876
Fig. 10 - Carte Physique de la France au XIXe siècle

Si les cartographes s’en étaient tenus à un « espace situé entre le Plateau de Langres et les Vosges méridionales », cela aurait pu clarifier grandement les choses car toute personne maîtrisant normalement la langue de Molière comprend que l’expression « un espace situé entre… » exclut, de fait, le Plateau de Langres et les Vosges. Et c’est là qu’intervient la troisième erreur : le chaînon des Vosges le plus méridional, c’est-à-dire de Remiremont au Ballon d’Alsace, voire jusqu’à Masevaux-Niederbruck, s’est retrouvé dans les Monts Faucilles dans plusieurs publications du XIXe siècle. Nous reviendrons sur ce « grand écart ».

Comme précisé plus haut, les Monts Faucilles ont, très tôt, été utilisés pour signifier la ligne de partage des eaux entre la Mer du Nord et la Méditerranée. Le grand dictionnaire Larousse du XIXe siècle nous indique ceci :
« Faucilles (monts), chaîne de montagnes de France, qui relie le Plateau de Langres aux Vosges. Elle fait partie de la grande ligne de faîte européenne [16], entre les eaux qui coulent à l’Atlantique et celles qui vont à la Méditerranée. […] ».
Cette vision, assimilant ligne de partage des eaux et Monts Faucilles, est à la source de toutes les erreurs qui ont pu être écrites sur les Monts Faucilles ; nous allons y revenir.
Un observateur, muni d’une carte hydrographique, qui suivrait la ligne de partage des eaux, aurait beaucoup de mal à identifier une « chaîne de montagnes » continue.

Si les Monts Faucilles existent par ailleurs, l’expression « chaîne de montagnes » est largement excessive et plusieurs géographes réfutent le terme de « monts ».
Quelques exemples :
Paul Joanne (1892) [17]
« Faucilles (Monts). Chaîne de collines, ou mieux, haut plateau accidenté, qui s’étend dans les dép. des Vosges et de la Haute-Marne [….] ».
Onésime Reclus (1904) [18]
« […]. Les Faucilles ne sont pas des monts, mais un plateau monotone, de peu de pente, déchiré sur ces rebords […]. »
André Journaux (1956) [19]
« Entre Chalindrey et Luxeuil, des plateaux de hauteurs inégales […] et connus sous le nom de Monts Faucilles. […]. »
Le Larousse de 1964
« Faucilles (monts), nom donné par les anciens géographes aux plateaux calcaires ou gréseux compris entre les Vosges et le Plateau de Langres, […]. »

D’autres géographes sont plus sévères :

Lucien Roussel (1883) [20]
« M. Lucien Roussel prétend que la dénomination de Monts Faucilles est fausse et n’a aucune base géographique, soit qu’on l’applique à la région médiocrement élevée qui s’étend du pied des Vosges au Plateau de Langres […]. Dans ce premier cas, selon M. Roussel, le peu d’élévation des collines, au-dessus du fond des grandes vallées, et la douceur des pentes proscriraient absolument la dénomination de monts, et autoriseraient seulement celle de plaine élevée ou de Plateau ».

Lucien Gallois (1910) [21]
« […]. En réalité entre les Vosges et le Plateau de Langres, il n’y a ni chaîne, ni dorsale » […] ».

Aujourd’hui, la cartographie moderne fait état du « Seuil de Lorraine » [22] censé remplacer les Monts-Faucilles, mais ce n’est pas aussi simple.
En géographie, le terme de « seuil » signifie la séparation entre deux bassins hydrographiques ; à partir de cette définition, nous verrons qu’il n’y a pas corrélation entre le seuil de Lorraine et les Monts Faucilles.

Dans la suite de cet article, nous essaierons de montrer que ce toponyme de Monts Faucilles peut être « canalisé » à partir de certains éléments communs aux définitions des XIXe et XXe siècles, et nous ferons une proposition montrant que les Monts Faucilles ne se réduisent pas forcément à une ligne de faîte, et qu’ils peuvent exister comme un territoire, et plus précisément correspondre à un territoire « orphelin » dans la géographie régionale actuelle. À l’inverse, les Monts Faucilles ne peuvent pas se substituer à des régions déjà existantes, comme le Bassigny, la Vôge et les Vosges.

Du côté du Plateau de Langres et du Bassigny

Nous avons vu, à travers les références passées, que les Monts Faucilles sont censés relier le Plateau de Langres aux Vosges. Cette description apparaît difficilement compréhensible aujourd’hui, car elle correspond à une ancienne vision de la géographie de cette région, et plus particulièrement du Bassigny. Autrefois, le terme de « Bassigny » était affecté à une ancienne région administrative qui comprenait notamment « Chaumont-en-Bassigny ». Approximativement, cette région incluait le nord du Plateau de Langres et le Bassigny actuel. Le mélange des genres – région administrative et région naturelle – a induit, au cours des siècles passés, un trouble évident chez les géographes pour définir ces deux régions naturelles. C’est seulement en 1901 que Lucien Gallois [23] apporta une clarification salutaire à la géographie régionale, en séparant Plateau de Langres et Bassigny.

Le Plateau de Langres [24] appartient à la période du Jurassique, et plus précisément à l’époque du Dogger. Il est borné à l’est par une cuesta double Bajocienne (Dogger) / Domérienne (Lias). Cette cuesta double fait la transition entre le Plateau de Langres (Dogger) et le Bassigny (Lias).

Le Bassigny [25] appartient à l’époque du Lias, il se positionne sur le revers de la côte de l’infra Lias. Il démarre à l’ouest au pied de la cuesta domérienne, et se termine à l’est un peu avant le sommet de la côte de l’infra Lias, précisément là où le Lias s’arrête, en contact avec le Rhétien. Cette limite marque également la transition entre le Trias et le Jurassique ; elle est bien visible sur le terrain car elle correspond, peu ou prou, à la limite forêts/pâturages [26].
Voir le schéma en coupe ci-après (Fig.11).

Crédits: Jean Gallier
Fig. 11 - Schéma en coupe du Bassigny

En synthèse, quelle que soit la définition donnée aux Monts Faucilles, ceux-ci ne seront pas en contact avec le Plateau de Langres mais avec le Bassigny. Les définitions, qui font démarrer les Faucilles aux environs de Neuilly-l’Évêque [27], au fort de Plesnoy [28], ou à Chalindrey [29] ne sont donc pas à retenir.

Retour rapide sur la Vôge

Comme nous l’avons vu au chapitre consacré à cette région, la Vôge se délimite à l’ouest par la côte du Muschelkalk.
Paul Vidal de la Blache (1903) [30] nous indique ceci :
« La Vôge se termine brusquement vers l’ouest devant un talus calcaire, qui la domine d’environ 80 mètres. […]. »
Etienne Juillard (1977) [31] nous le confirme en écrivant :
« […] la Vôge est un lourd et monotone plateau disséqué par la Saône supérieure et ses affluents. […], il bute à l’ouest sur la cuesta du calcaire coquillier. […]. »
Le « talus calcaire » et la « cuesta du calcaire coquillier » ne sont autres que la côte du Muschelkalk, que l’on appelle également la côte de Lorraine, dont le relief est accentué ici par la faille de Relanges [32], bordure occidentale du graben de la Saône supérieure.

Ainsi, nous avons borné l’est du Bassigny par la côte de l’infra Lias, et l’ouest de la Vôge par la côte du Muschelkalk. Ce faisant, nous avons considérablement réduit l’espace disponible pour les Monts Faucilles. Le schéma ci-après sera plus explicite (fig. 12).

Crédits: Jean Gallier
Fig. 12 - Schéma en coupe du Bassigny et de la Vôge

La côte du Muschelkalk

Globalement, on peut dire que les géographes, du début du XXe siècle, sont d’accord pour identifier les Monts Faucilles, à minima, à la côte du Muschelkalk (Cf. fig. 13).

Crédits: Ardouin Dumazet_Voyage en France 1904_Tome XXII ou série 22
Fig. 13 - Les Monts Faucilles sur la côte du Muschelkalk au début du XXe siècle

C’est le cas du Cdt O. Barré (1903) [33] :
« Le Muschelkalk, qui au nord, dans la Lorraine proprement dite, ne dessine pas d’une façon continue un gradin accusé, en montre ici un fort net ; c’est un individu, il a droit à un nom : les Faucilles. »

Le Larousse de 1930 utilise le mot « falaise » pour désigner la côte du Muschelkalk :
« Vôge (La), petit pays de l’ancienne Lorraine, couvrant assez exactement, entre Plaine et Montagne, la zone de Grès bigarré et formant un golfe entre les derniers contreforts des Vosges à l’E.et la falaise dite « monts Faucilles » à l’O. »

Cependant, ce constat ne nous dit pas quelle surface, ou quelle largeur ces géographes donnent à la côte du Muschelkalk, et donc aux Monts Faucilles ? Normalement une côte se définit par son front et son revers.

P. Vidal de la Blache & P. Camena d’Almeida [34] identifient une sorte de « no man’s land » entre la côte du Muschelkalk et la côte de l’infra Lias :
« […]. Un sillon calcaire, où passe la ligne de Mirecourt à Chalindrey, sépare les monts Faucilles des falaises du plateau de Langres. C’est dans ce sillon que jaillissent les sources minérales de Contrexéville et de Vittel […]. »

Pourquoi ne pas dire que ce « sillon » n’est autre que le revers de la côte du Muschelkalk ?

Ce territoire fait partie des Monts Faucilles, à condition de considérer la côte du Muschelkalk dans son ensemble, avec son front et son revers.

Dans un autre ouvrage, « Tableau de la géographie de la France » de 1903, P. Vidal de la Blache utilise le toponyme de « la Plaine » (avec un P majuscule) pour désigner ce sillon. Cette expression n’est guère mieux adaptée et induit une confusion avec la plaine sous-vosgienne au nord-est d’Épinal.

Apparemment, seul André Journaux [35] intègre ce territoire dans la Vôge :
« Plateaux de grès de Bourbonne-les-bains à Vittel, Forêt de Darney entre Saône et Coney, la Vôge se présente en deux gradins qui rappellent par leur allure… […]. »
Ce regroupement est assez surprenant, surtout lorsqu’on connaît la description de ce territoire qu’en fait P. Vidal de la Blache [36] pour qui la différence, entre Vôge et ce qu’il appelle « la Plaine », est très marquée. Aussi, nous ne retiendrons pas la proposition d’André Journaux.

La côte de l’infra Lias

La côte de l’infra Lias porte un toponyme un peu compliqué, qui ne correspond plus au découpage géologique actuel. Autrefois le Rhétien appartenait au Jurassique pour former, avec l’Hettangien, l’époque de l’infra Lias. Maintenant le Rhétien appartient à l’époque du Keuper pour former l’étage le plus récent du Trias, clôturant ainsi cette période géologique.
La côte de l’infra Lias, désignée sous son appellation moderne de « côte de Port » [37], marque la limite avec le Bassigny à l’ouest et, de par sa forme incurvée, la limite avec le Xaintois au nord.

Côté Bassigny, les couches du Lias déposées sur son revers ont été déblayées au sommet par l’érosion et laissent apparaître, sur une bande étroite (ou terrasse), le Rhétien recouvert de forêts, comme nous l’avons vu précédemment.
Côté Xaintois, le Lias a mieux résisté à l’érosion et recouvre entièrement le revers de la côte jusqu’à son sommet. Ainsi, seule la crête fait apparaître le grès du Rhétien sous la forme d’un mince liseré et marque la limite Trias/Jurassique.
Comme nous le précise le Cdt O. Barré [38], la position de la côte de l’infra Lias (ou côte de Port) est toujours restée incertaine. Celui-ci propose (en 1903) de globaliser cette côte avec le Bassigny sans le nommer [39], tout en reconnaissant que :

« Cet ensemble n’a pas de nom propre dans la nomenclature usuelle » et que « certains en font le commencement du Plateau de Langres  [40], d’autres une partie intégrante des Faucilles ».

Ce dilemme ne doit plus se poser aujourd’hui. Nous venons de voir que la côte de Port représente maintenant la dernière côte de la retombée vosgienne, ou la dernière côte du Trias. Par conséquent, il n’y a plus de raison de rattacher cette côte au Lias qui recouvre une partie de son revers, et qu’on appelle le Bassigny. Cela va à l’encontre de la structure géologique moderne de celle-ci, constituée, dans cette région, par le Keuper [41]. La géologie nous commande maintenant d’affecter le front et le somment de cette côte triasique en tant que troisième et dernière côte de la retombée vosgienne, et de laisser la partie liasique de son revers au Jurassique.

Par conséquent, pour répondre à l’alternative formulée par le Cdt O. Barré, nous considérons la côte de Port, ainsi détachée du Bassigny, comme « partie intégrante des Faucilles ».
À titre d’exemple, Paul Joanne (1892) [42] situe bien « la forêt de Morimond dans la région des Monts Faucilles, sur le Trias (Marnes irisées et Muschelkalk) et sur le grès infraliasique, […] ».

En résumé

Les Monts Faucilles sont constitués des deux dernières côtes triasiques de la retombée vosgienne : la côte de Lorraine dans sa globalité, et la côte de Port limitée au Keuper, c’est-à-dire à son front et au Rhétien de son revers (quand celui-ci est visible).
Le schéma précédent (Fig. 12) est complété ci-après avec les Monts Faucilles (Fig. 14).

Crédits: Jean Gallier
Fig. 14 - Schéma en coupe des Faucilles

Ces deux côtes forment une région cohérente où se situent les villes de Bourbonne-les-Bains, Lamarche, Martigny-les-Bains, Contrexéville, Vittel, et un peu plus loin à l’est, Mirecourt. Cette approche est aussi une façon de donner une consistance territoriale à une région qui a toujours eu du mal à trouver sa place, et ce faisant, sans empiéter sur la Vôge, ni sur les autres régions avoisinantes.

Ainsi désignés, les Monts Faucilles ont comme point culminant une bute témoin de la côte de l’infra Lias, appelée le Mont des Fourches, à 501 m (Fig. 15-16).

Crédits: Clasquin-Bedel, éditeur
Fig. 15 - Lamarche et le Mont des Fourches
Crédits: Francis Relion
Fig. 16 - Le Mont des Fourches

Sur la carte dynamique ci-dessous (Fig. 17), les Monts Faucilles sont identifiés par une zone de couleur grise. Ils démarrent au nord-est, au col de Girancourt [43].
Dans ce secteur nord-est, les Monts Faucilles comprennent des buttes témoins de l’infra lias qui constituent ce que les habitants appellent la « Petite Sibérie ».
Au sud, toujours sur le revers de la côte de Lorraine, nous sommes allés jusqu’à la confluence de la Saône avec le Coney. Cette petite parcelle, le long de la côte de Lorraine, comprise entre Bourbonne-les-Bains et Corre, n’appartient ni à la Vôge, ni au Pays de l’Amance.

Pour situer les Monts Faucilles dans leur environnement régional, on trouvera le Bassigny à l’ouest, le Xaintois au nord, la Plaine sous-vosgienne au nord-est, la Vôge à l’est, et le Pays de l’Amance au sud.

Enfin, comme nous en avons déjà parlé en introduction de ce chapitre, on peut voir nettement sur la carte que les Monts Faucilles ne sont pas intimement liés à la ligne de partage des eaux et que celle-ci emprunte en grande partie le nord de la Vôge. Ce « désaccouplement » nous montre, à l’évidence, que « Monts Faucilles » et « Seuil de Lorraine » ne sont pas interchangeables.

Fig. 17

Rappel de la légende d’est en ouest :
• La côte du Buntsandstein ou côte du Trias (en violet foncé).
• La côte du Muschelkalk, ou côte de Lorraine (en mauve).
• La côte de l’infra Lias ou côte de Port (en pourpre).
• La limite forêts/pâturages correspondant approximativement à la transition Trias/Jurassique (en vert).
• La côte double bajocienne/domérienne, prolongement sud de la Côte de Moselle (en marron/orange).
• La ligne de partage des eaux (en rouge).

Du côté des Vosges : à propos de la troisième erreur

Comme expliqué en introduction, certains géographes ne se sont pas contentés de faire aller les Monts Faucilles jusqu’aux Vosges, mais ont intégré une partie des Vosges dans les Monts Faucilles, précisément la rive gauche de la haute Moselle. Ils ont suivi la ligne de partage des eaux vers l’est, sans se soucier de la nature du terrain, c’est là l’erreur.

Conrad Malte-Brun (1855) [44] [45] [46]
« Les Vosges commencent à la hauteur de Giromagny, et s’élèvent rapidement vers le Ballon d’Alsace, d’où la ligne de partage des eaux de la France les abandonnent pour se continuer vers l’ouest par les Monts Faucilles […] ».
« Les monts Faucilles se détachent du Ballon d’Alsace ou, plus exactement, du Ballon de Servance ; ils ne sont en réalité qu’un contrefort et un appendice des Vosges. Cette chaîne, […] s’étend de l’est à l’ouest, depuis les sources de la Moselle jusqu’à celles de la Meuse, en décrivant un arc de cercle dont la convexité est tournée vers le nord. Le front méridional des Vosges, entre le Boerenkopf et le Ballon d’Alsace, peut être considéré comme le commencement de cette chaîne […] ».
« Après le Ballon d’Alsace qui appartient aux Vosges, la ligne de partage des eaux suit les monts faucilles […] qui forment un plateau élevé jusqu’aux sources de la Meuse, […] ».

Adolphe Joanne (1869) [47]
« […] les monts Faucilles que l’on peut considérer comme une dépendance des Vosges, et qui va rejoindre le massif du Ballon d’Alsace, après avoir décrit une demi circonférence autour des sources de la Saône ».

Victor-Adolphe Malte-Brun (1881) [48] [49]
« […]. Les monts Faucilles se détachent aussi des Vosges au Ballon d’Alsace ; ils courent du sud-est au nord-ouest jusqu’aux sources de la Meuse ; […] ».
« La Moselle, […] descend des monts Faucilles ; […] ».

Le guide Joanne des Vosges (1896) [50]
Créé sous la direction d’Adolphe Joanne, ce guide a continué ensuite, sous ce nom, bien après son créateur. En 1896 le guide contient une carte très surprenante (Fig. 18) où les Monts Faucilles sont représentés en deux massifs distincts.

Crédits: Hachette - Guide Joanne des Vosges - 1896
Fig. 18 - Les Monts Faucilles vus par Adolphe Joanne

Roland Conilleau (1986) [51]
« Au sud du massif des Vosges, entre Bourbonne-les-Bains et le Ballon d’Alsace, s’étend la chaîne des Monts Faucilles, dont l’altitude croît d’ouest en est : 350 m à Lamarche, 600 m au-dessus de Plombières, 800 m près du Val d’Ajol, pour atteindre 1.200 m au Ballon de Servance. La suite de ces crêtes constitue la ligne de partage des eaux entre le bassin du Rhin, par la Moselle au nord, et celui du Rhône, par la Saône, au Sud ».

La réaction des autres géographes

On notera que la notion « d’arc de cercle » revient souvent. Le Docteur Bailly (1880) [52] en donne une vision très imagée : « La ligne de Belfort à Langres peut être regardée comme la corde qui sous-tend le grand arc de cercle décrit par les monts Faucilles. Ce système commence par des Montagnes pour finir par des collines ».
Si cette description convient bien à la ligne de partage des eaux – Il suffit de regarder une carte pour s’en convaincre – cet arc de cercle assimilé aux Monts Faucilles a fait l’objet d’une forte réaction. Plusieurs géographes se sont élevés contre le fait qu’une partie des Vosges puisse appartenir aux Monts Faucilles.

Lucien Roussel (1883) [53]
Lucien Roussel réfute totalement le fait d’appeler « Monts Faucilles » une portion intégrante de la chaîne des Vosges, en l’occurrence « le chaînon qui, se détachant du Ballon d’Alsace, court vers le Nord-Ouest, forme le côté Sud-Ouest de la vallée supérieure de la Moselle et se termine aux environs de Remiremont ». Il fait le constat regrettable que « plusieurs ouvrages élémentaires de géographie, et, à leur suite, beaucoup d’habitants de la contrée, avaient transporté cette désignation à ce chaînon des Vosges, qui n’a rien de particulier au point de vue géologique, ni au point de vue géographique, et qui n’a pas plus besoin d’un nom spécial qu’aucune autre portion de la chaîne principale ».
Il poursuit : « Au contraire, ce chaînon se relie parfaitement au reste de la chaîne, dont on prétend le distinguer, par deux circonstances principales : la composition minéralogique du sol formé par la roche syénitique, et le nom de ballon que portent plusieurs de ses principales sommités : le ballon de Servance, le ballon Saint-Antoine, etc., comme les sommets voisins de la grande chaîne qui sont aussi formés par la syénite ».

Dr Gustave Bleicher (1890) [54]
« […] les opinions des géographes sont loin d’être concordantes. Beaucoup d’entre eux décrivent sous le nom de monts Faucilles le chaînon qui, se détachant du ballon d’Alsace, court vers le nord-ouest, forme le flanc sud-ouest de la vallée supérieure de la Moselle et se termine aux environs de Remiremont.
Nous ne pouvons, ni comme géologue, ni comme géographe, accepter cette interprétation. Ce chaînon fait bien partie intégrante du massif vosgien dont il constitue même un des traits transversaux les plus significatifs ».

Dr. A. Fournier (1895) [55]
Il est dommage que le mémoire du Dr A. Fournier, sur les Faucilles, ne soit pas davantage connu. En quelques pages il explique, de façon accessible à tous, la différence entre les Vosges, la Vôge et les Faucilles. Cette clarification devrait (aurait dû) éviter bien des débats inutiles. Voici son introduction :
« Le désaccord est absolu pour indiquer le point de départ de ce que l’on appelle les Monts Faucilles.
Les uns les font naître au Ballon de Servance et leur donnent comme prolongement le chaînon du Baerenkopff vers l’est ; les Vosges se seraient arrêtées de la sorte au Ballon d’Alsace, formant un angle droit avec les Faucilles.
D’autres les font partir, soit du N.-O. de Luxeuil, soit des environs de Remiremont.
Tous, que les Faucilles partent du Ballon de Servance, du N.-O. de Luxeuil, des environs de Remiremont, les divisent en deux rameaux : l’un allant du Ballon de Servance à l’ouest d’Épinal ; l’autre faisant un angle droit avec le précédent, pour se diriger vers le plateau de Langres. »

« Ces deux rameaux présentent entre eux des dissemblances telles qu’il est bien difficile de les considérer, comme appartenant à une seule et même chaîne ; aussi, serait-il rationnel de considérer, comme faisant partie des Vosges, le premier rameau : c’est là ce que je voudrais démontrer » .

Le lecteur trouvera le document complet en pièce jointe ci-après.

Les Faucilles par le Dr A. Fournier - 1895

A. Fournier parle à plusieurs reprises de « l’ouest d’Épinal » ; nous pouvons situer ce point à Girancourt.
Le point de vue d’A. Fournier peut se résumer de la façon suivante :
• Le granit et le grès vosgien appartiennent aux Vosges
• Le Grès bigarré appartient à la Vôge
• Le Muschelkalk appartient aux Faucilles
Sur cette base, nous pouvons décrire le parcours, d’est en ouest, de la ligne de partage des eaux comme suit :
• De Masevaux-Niederbruck, à Remiremont, la ligne de partage des eaux traverse le massif des Vosges de part en part, sans qu’il soit nécessaire de faire appel à un oronyme spécifique.
• À partir de Remiremont, la ligne de partage des eaux s’écarte légèrement vers l’ouest, de la vallée de la Moselle, pour prendre ensuite une direction nord jusqu’à Girancourt. Sur ce parcours, il y a une très bonne corrélation entre la ligne de partage des eaux et la limite du Grès bigarré (Cf. fig. 2, 3, 7) ; la ligne de partage des eaux marque donc ici la limite entre la Vôge et les Vosges.
• Après Girancourt, la ligne de partage des eaux prend une direction plein est pour pénétrer dans la côte du Muschelkalk, puis s’en écarte immédiatement pour pénétrer à nouveau dans la Vôge. Comme déjà expliqué précédemment, nous revenons sur ce malentendu qui consiste à assimiler la côte du Muschelkalk, et donc les Monts Faucilles, au partage des eaux ; mais ce n’est pas la réalité. Il faut être conscient de cette dichotomie lorsqu’on parle des Monts Faucilles et du Seuil de Lorraine.

En résumé

Sur la carte ci-dessous (Fig. 19) sont représentés les Monts Faucilles et la Vôge élargie.

Fig. 19

Les fortifications du général Séré de Rivières

Après la défaite de 1871, le gouvernement français a demandé au Général Séré de Rivières de construire une ligne de fortification pour protéger la nouvelle frontière nord-est, dont la place forte d’Epinal et la haute vallée de la Moselle. Dès l’origine, il est fait mention des « Monts Faucilles » pour ce secteur. Nous savons maintenant qu’il ne s’agit pas des Monts Faucilles, mais des Vosges. Aujourd’hui encore, dans la documentation historique concernant le « système Séré de Rivières », le terme de « Monts Faucilles » apparaît. Avec les éléments que nous lui fournissons, le lecteur pourra rectifier de lui-même cette toponymie qui ne satisfait ni les géographes, ni les géologues.
Pour information, ces fortifications sont marquées sur la carte ci-après (Fig 20).

Fig. 20

ADDENDUM

Les différentes régions étudiées sont représentées par des zones ombrées sur les cartes dynamiques, mais le tracé, à la périphérie de ces régions, reste imprécis dès lors que l’on effectue un fort agrandissement de ces cartes.
En théorie, les cartes dynamiques utilisées permettraient d’effectuer un tracé avec une précision de l’ordre de quelques mètres sur le terrain, mais dans l’état actuel de nos connaissances cette possibilité reste inexploitée.
Seul, un relevé minutieux sur le terrain permettrait de reporter le tracé souhaité.

Nous avons essayé, mais sans succès, de prendre la commune comme la plus petite entité indivisible, mais dans la plupart des cas – et notamment en périphérie - ces périmètres administratifs recouvrent des réalités de natures différentes.
Pour faire un travail précis de géographie régionale, il conviendrait d’effectuer une observation géomorphologique visuelle du terrain, car nous touchons ici à la limite de ce que peut nous apporter la cartographie, qui ne nous permet pas, par exemple, d’apprécier l’aspect paysager.

FORUM

À la fin de ce document un FORUM est mis à votre disposition pour vous permettre, d’apporter toutes réflexions et compléments d’informations que vous voudrez bien nous soumettre.

REMERCIEMENTS

Nous remercions chaleureusement Mmes Nicole Nappée [56], Evelyne Relion [57], MM. Christian Euriat [58]
et Jean-François Michel [59] qui ont mis gracieusement à notre disposition une documentation très pertinente sur les régions étudiées.

Notes :

[1Tableau de la géographie de la France - Paul Vidal de la Blache 1903.

[2Atlas et géographie de l’Alsace et de la Lorraine – Etienne Juillard 1977.

[3Le tracé de chaque côte correspond approximativement au front de côte, sauf pour le Trias pour lequel le tracé suit la première couche afin de marquer la limite avec le Paléozoïque (ère primaire).

[4Appellation provenant de la ville de Saint Nicolas-de-Port.

[5Persée - Cholley André. La Vôge. In : Annales de Géographie, t. 23, n°129, 1914. pp. 219-235

[6La France – P. Vidal de la Blache & P. Camena d’Almeida 1902.

[7Atlas et géographie de l’Alsace et de la Lorraine – Etienne Juillard 1977.

[8Bulletin de la Société de géographie de l’Est – 1er et 2e trimestre 1895 – « Les Faucilles » page 88 – Dr A. Fournier.

[9« La forêt de Darney : des arbres et des hommes » - Jean François Michel 2009. Se reporter au chapitre rédigé par MM. Jacques Le Roux et Dominique Harmand « La forêt de Darney géographie et géologie », et plus particulièrement au paragraphe : « Les Monts Faucilles : une barrière montagneuse imaginaire… ».

[10« L’origine des Monts Faucilles » - Lucien Gallois 1910 - Publié dans les « Annales de géographie n°103.

[11Gerock J.E. Vosges et Faucilles (Fauciles). In : Revue des Études Anciennes. Tome 12, 1910, n°4. pp. 390-398. https://www.persee.fr/doc/rea_0035-2004_1910_num_12_4_1645.

[12Dictionnaire encyclopédique d’Histoire, de Biographie, de Mythologie et de Géographie - Louis Grégoire 1874 - « Faucilles (Les), section de la dorsale européenne (France), qui unit le Plateau de Langres aux Vosges méridionales. Elle forme un arc de cercle (de là son nom) allant de l’O. à l’E., et d’une hauteur de 400 à 500 mèt. ».

[13« Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies » - Paul Joanne 1892 – Tome 3 page 1451 - « […], la crête des Faucilles, percée de nombreux passages qui lui ont peut-être valu son nom, que l’on croit synonyme d’échancrure ou de col, […] ».

[14« La forêt de Darney : des arbres et des hommes » - Jean François Michel 2009. Se reporter au chapitre rédigé par MM. Jacques Le Roux et Dominique Harmand « La forêt de Darney géographie et géologie », et plus particulièrement au paragraphe : « Les Monts Faucilles : une barrière montagneuse imaginaire… ».

[15« L’origine des Monts Faucilles » - Lucien Gallois 1910 - Publié dans les « Annales de géographie n°103 ».

[16Pour en savoir plus sur la ligne de partage des eaux transeuropéenne, voire transeurasienne, se reporter sur ce même site à l’article « Ligne de partage des eaux sur le Plateau de Langres ».

[17« Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies » - Paul Joanne 1892.

[18Le plus beau royaume sous le ciel - Onésime Reclus 1904.

[19Les plaines de la Saône et leurs bordures montagneuses - André Journaux 1956.

[20Résumé du point de vue de Lucien Roussel dans le « Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies » - tome 3 page 1451 - de Paul Joanne 1892, à partir de la parution originale dans l’Annuaire du Club alpin français pour 1883, page 479 – « Erreurs géographiques. – Les Monts Faucilles ».

[21« L’origine des Monts Faucilles » - Lucien Gallois 1910 - Publié dans les « Annales de géographie n°103.

[22Le Seuil de Bourgogne et le Seuil de Lorraine sont les deux éléments constitutifs du Seuil morvano-vosgien. Le seuil morvano-vosgien marque la séparation des bassins versants de la Manche et de la Mer du Nord d’une part, et de la Méditerranée d’autre part. Le seuil morvano-vosgien relie les deux pôles hercyniens que sont le Morvan et les Vosges granitiques.

[23Le Bassigny, étude d’un nom de pays – Lucien Gallois - Annales de géographie - 1901.

[24Pour en savoir plus sur le Plateau de Langres, se reporter sur ce même site à l’article « Le Plateau de Langres : sa géomorphologie ».

[25Pour en savoir plus sur le Bassigny, se reporter sur ce même site à l’article « Le Bassigny d’aujourd’hui ».

[26Pour en savoir plus sur la limite Trias/Jurassique, se reporter sur ce même site à l’article « Le Bassigny d’aujourd’hui ».

[27« La France illustrée » - Tome 3 chapitre la « Haute-Marne » page 3 – Victor-Adolphe Malte-Brun 1882.

[28« Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies » - Tome 4 page 2078 - Paul Joanne 1892.

[29Les plaines de la Saône et leurs bordures montagneuses - André Journaux 1956.

[30Tableau de la géographie de la France - Paul Vidal de la Blache 1903.

[31Atlas et géographie de l’Alsace et de la Lorraine – Etienne Juillard 1977.

[32Jacques Le Roux, Dominique Harmand (2016). – « À la recherche du réseau hydrographique perdu de la Vôge ». Actes des 18èmes Journées d’Études Vosgiennes, Monthureux-sur-Saône, Nancy, 2016, pp. 15-42. Fédération des sociétés savantes de Vosges.510p.

[33L’architecture du sol de France - Cdt O. Barré 1903.

[34La France – P. Vidal de la Blache & P. Camena d’Almeida 1902.

[35Les plaines de la Saône et leurs bordures montagneuses - André Journaux 1956.

[36Tableau de la géographie de la France - Paul Vidal de la Blache 1903.
Voici comment il le décrit cette différence :
« […]. C’est un de ces talus qui sépare la Vôge de la Plaine, les grès du calcaire. Le contraste est frappant. Sitôt que ce calcaire coquillier, d’âge triasique, prend possession de la surface, le sol devient pierreux et sec, les champs remplacent les bois, le pays se découvre. Au lieu des communications sinueuses, imposées dans la Vôge par la multiplicité diffuse des eaux, les routes se déroulent en ligne droite. Elles s’allongent, des lieues entières, sans dévier de leur direction : routes modernes, voies romaines. Le long de la voie romaine construite sur la corniche même du talus calcaire, de façon à dominer le pays, les villages agricoles se succèdent à brefs et réguliers intervalles. Ce pays, plan et découvert, fut pratiqué, parcouru, mis en culture avant les pays forestiers qui lui sont contigus, et qui, lorsqu’ils étaient plus intacts, faisaient comme une ceinture forestière à la Lorraine. […]. »

[37Appellation provenant de la ville de Saint Nicolas-de-Port.

[38L’architecture du sol de France - Cdt O. Barré 1903.

[39Lors de la parution de son livre en 1903, le Commandant O. Barré n’a certainement pas eu le temps d’intégrer la publication de Lucien Gallois de 1901, distinguant le Bassigny du Plateau de Langres.

[40Ibid.

[41Nous n’allons pas refaire l’histoire, mais il aurait été plus simple d’appeler cette côte, la côte du Keuper, comme il existe la côte du Muschelkalk et la côte du Buntsandstein.

[42« Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies » - Paul Joanne 1892 – Tome 4 page 2844.

[43« Le Plateau Lorrain » - Page 307 – Bertrand Auerbach 1893.

[44« Géographie universelle – Conrad Malte-Brun 1855 – Tome 2 page 358.

[45Ibid – Tome 2 page 386.

[46Ibid – Tome 8 page 24

[47« Dictionnaire géographique, administratif, postal, statistique, archéologique, etc. de la France, de l’Algérie et des colonies »– Adolphe Joanne 1869 – Orographie et géologie page XII.

[48« La France illustrée » - Victor Adolphe Malte-Brun 1881 – Tome 1 introduction page IX.

[49Ibid – Tome 1 introduction page XIII.

[50Les guides Joanne ont été publiés par Hachette sous la direction d’Adolphe Joanne. Ils deviendront les « Guides Bleus » en 1920.

[51« Plombières-les-Bains - Hier et aujourd’hui » - Roland Conilleau 1986

[52Bulletin de la Société de géographie de l’Est. 1880 page 599 - « Le Pays des Faucilles et du grès bigarré » - Docteur BAILLY.

[53Annuaire du Club Alpin français de 1883 page 479 – « Erreurs géographiques. – Les Monts Faucilles » - Lucien Roussel.

[54« Les Vosges – Le sol et les Habitants » - Docteur Gustave Bleicher 1890.

[55BNF - Bulletin de la Société de géographie de l’Est – 1er et 2e trimestre 1895 – « Les Faucilles » page 88 – Dr A. Fournier.

[56OFFICICE DE TOURISME DE PLOMBIÈRES-LES-BAINS

[57ASSOCIATION DES TROIS PROVINCES

[58FÉDÉRATION DES SOCIÉTÉS SAVANTES DES VOSGES
« Aux marches de la Lorraine – Lamarche et Martigny-les-bains » – Octobre 2017.
Actes des 19e Journées d’études vosgiennes à Lamarche et Martigny-les-Bains.
Textes réunis par Christian Euriat, Pierre Labrude, Jean-Pierre Husson.
Edité par la Fédération des sociétés savantes des Vosges et l’Association pour le développement du Pays aux trois Provinces.

[59ASSOCIATION SAÔNE LORRAINE
« La forêt de Darney - Des arbres et des hommes » – Mars 2009.
Textes réunis par Jean-François Michel.
Editions Dominique Guéniot.

Dans le glossaire :
potentiel hydrogène  

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