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Les jardins de Girault de Prangey

Val d’Esnoms (52)
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Publié le 22 septembre , par GALLIER Jean dans Le Plateau de Langres versant rhodanien

« … Tout à coup voici un pli de terrain dans les chaumes, un chemin creux et rapide entre les rochers, puis une porte mauresque barrant le sentier et, une fois la porte ouverte, quel éblouissement ! »


« Figurez-vous une gorge étroite s’ouvrant dans la roche ombragée. A la naissance même de cette gorge s’élève la villa, copiée sur le modèle d’une des maisons de plaisance de la Corne d’Or. Les murs, les fenêtres tréflées, les balcons, sont tapissés de fleurs exotiques ; autour de la légère coupole du toit, les hirondelles se poursuivent avec des cris joyeux ; au-dessous des balcons, une source vive sort du rocher. A gauche un taillis, à droite la roche nue et chaudement colorée, prolongent en demi-cercle leurs lignes sobres et pures, qui coupent le bleu du ciel horizontalement et font penser aux paysages de l’Attique… Tout cela est splendidement éclairé, et pour rafraîchir les regards aveuglés de tant de clarté, partout dans le voisinage de l’habitation, un luxuriant épanouissement de feuillages verts et de fleurs, un parfum d’héliotrope et d’oranger, un bruit d’eaux vives et un mélodieux bourdonnement d’abeilles. Une royale fête des yeux ! »

En refermant le livre « Sous-Bois » [1] d’André Theuriet, je m’interrogeai sur la vraisemblance de ce récit, et sur la possible existence de ce jardin d’Eden. Je décidai aussitôt de marcher sur les pas de l’écrivain, en refaisant le trajet à pied depuis Auberive. En arrivant à l’endroit supposé, je ne découvris que ronces et épines, l’enchantement avait disparu. La mousse et le lierre avaient envahi les massifs de fleurs et les bassins. Depuis plus d’un siècle, cet endroit était voué à l’oubli. La nature avait recouvert de son lourd manteau ces jardins endormis, et rien ne paraissait pouvoir réveiller ce lieu étrange qui semblait ne jamais avoir existé.
A la façon d’une cité engloutie par les eaux, ce lieu était submergé par les outrages du temps.
J’étais, sans le savoir, dans les jardins de Girault de Prangey…


RECOMMANDATION

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HISTORIQUE

Qui connaît Joseph-Philibert Girault de Prangey (1804-1892) et son œuvre ? La personne même de Girault de Prangey reste encore inconnue du grand public.

Le lecteur trouvera ci-après les principaux écrits et évènements consacrés à Girault de Prangey.

Pour avoir une rapide vue d’ensemble sur cet homme hors du commun, on pourra consulter une très bonne synthèse dans Wikipédia à l’adresse suivante :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Josep...


Crédits: Musée des Arts et d'Histoire de Langres
Joseph-Philibert Girault de Prangey

1879 - Lorsqu’il résidait à Auberive, André Theuriet (1833-1907) [2], a certainement fait la connaissance de Girault de Prangey. Il est tout à fait possible qu’ils se lièrent d’amitié, mais nous n’avons aucun témoignage, ni document, le confirmant. Toujours est-il qu’en 1879, André Theuriet transposa Girault-de Projet dans l’une de ses nouvelles « Le sang des Finoël » [3] sous le nom de « Paul la Morandière » (doc. ci-joint). Difficile de savoir quel niveau de fidélité accorder à ce portrait, mais le lecteur pourra se faire sa propre opinion avec la photo de Girault de Prangey reproduite ci-contre.

André Theuriet - Le sang des Finoël - Portrait de Paul la Morandière

Crédits: Musée des Arts et d'Histoire de Langres
La villa de Girault de Prangey, appelée « La Folie-la-Morandière » par André Theuriet

Dans cette même nouvelle, André Theuriet nous fait une description émerveillée de la villa qu’il appelle « La Folie-la-Morandière » (Doc. ci-joint).
On peut penser que ce texte est romancé, mais il faut retenir l’enchantement qu’a ressenti l’auteur qui est tout à fait sincère. D’une façon générale, André Theuriet est un écrivain précis, méticuleux ; c’est un observateur. Dans ses œuvres, en dehors de l’intrigue proprement dite, les descriptions des lieux sont généralement fidèles. Ne pas oublier également qu’André Theuriet connaissait probablement Girault de Prangey, ce qui a pu lui donner le loisir d’observer les lieux. Si la description de la villa comporte une part de fiction, celle-ci ne peut qu’être mesurée, et il est peu probable que ce soit par ignorance de l’auteur.

André Theuriet - Le sang des Finoël - Description de "la Folie-la-Morandière"

1893 – Suite au décès de Girault de Prangey, Henry Brocard (1822-1903) [4] fait une communication à la Société Historique et Archéologique de Langres (Doc. ci-joint).

Henri Brocard - Rétrospective de la vie de Girault de Prangey

1914-1918 – Le conflit a certainement contribué à l’oubli de Girault de Prangey qui n’eut pas de descendant. La guerre avait accumulé les ruines. Les héritiers n’ont pu conserver ni sa villa, ni ses jardins.

1920 - Le Comte Charles de Simony (1869-1952) [5], un lointain parent, rachète le domaine des Tuaires, au Val d’Esnoms, sur lequel était construite la villa avec ses jardins.

1934 – Le Comte Charles de Simony fait une communication à l’Académie des Sciences, Arts et Belles-lettres de Dijon à propos de son lointain parent (Doc. ci-joint).
Le comte de Simony nous présente Girault de Prangey comme, il faut bien le dire, un misanthrope. Cette vision a été acceptée jusqu’à l’exposition de 1998 et même au-delà. Avant cela, les textes primitifs faisaient foi, et Girault de Prangey était connu, avant tout, pour ces daguerréotypes. C’est un raccourci, mais qui résume la situation. Depuis, les expositions, qui ont suivi, ont permis aux spécialistes de Girault de Prangey de le connaître à travers son œuvre globale, notamment d’orientaliste, d’archéologue, de peintre et de botaniste. Cette approche les a conduits à adopter une vision plus nuancée que celle laissée par le seul comte de Simony, qui a le mérite d’exister, mais qui reste unique.

Comte Charles de Simony - Portrait de Girault de Prangey

1993 – Guy Durantet [6] publie une synthèse sur Girault de Prangey dans le journal « Vivre ici – Le journal de la Montagne » [7] (Doc. ci-joint).

Guy Durantet - Journal "Vivre ici - La Montagne" - Synthèse sur Girault-de-Prangey

1998 – Philippe Quettier [8] fait une publication dans le bulletin de la Société Historique et Archéologique de Langres (Doc. ci-joint). Cet article est en réalité le recueil de la mémoire de M. Robert Flocard (1905-1998). Nous savons très peu de choses sur ce monsieur Flocard, si ce n’est qu’il est né à Leuchey et qu’il a joué, enfant, dans les jardins de Girault de Prangey. C’est donc le seul témoin oculaire de la villa et des jardins qui nous ait laissé sa mémoire par écrit.
Cependant, si l’inventaire des lieux peut être considéré comme relativement fidèle, le plan des jardins, laissé par Robert Flocard (en annexe du doc. joint), ne résiste pas à un examen sur le terrain. Ce plan a été fait entièrement de mémoire et les échelles n’ont pas du tout été respectées. Le fait que ce plan ait été réalisé à l’encre, sur calque, induit une fausse impression d’exactitude dont il faut se défaire. Par conséquent, on ne retiendra que la description écrite en abandonnant le plan.

Philippe Quettier - Description de la villa et des jardins

1998 – Première exposition consacrée à Girault de Prangey au musée de Langres, organisée par Philippe Quettier.


1998 - Edition du catalogue [9] de l’exposition par un collectif [10], sous le titre « Girault de Prangey 1804-1892 ». Ce catalogue retrace la vie peu banale de Girault de Prangey (archéologue, pionnier de la photographie, peintre…), ainsi que ses voyages en Espagne, Sicile, Afrique du nord et Moyen Orient, pour lesquels il est le témoin et rapporteur reconnu de l’architecture hispano-mauresque et arabe.

2008-2009 - Exposition au musée gruérien à Bulle en Suisse. Edition par un collectif [11] du catalogue « Miroirs d’argent : daguerreotypes de Girault de Prangey ».

2017 - Olivier Caumont [12] publie un article "Joseph-Philibert Girault de Prangey (1804-1892), voyageur, illustrateur et éditeur d’art : technique de production des images, du dessin à la photographie", dans « Art et artistes en Haute-Marne XVe-XIXe siècle » [13].

2019 – Exposition au Metropolitain Museum of Art (Met) de New-York. Édition par un collectif [14] du catalogue « Monumental journey : The Daguerreotypes of Girault de Prangey »


2020 - Nouvelle exposition organisée au musée de Langres par Olivier Caumont. Il est prévu que cette exposition soit reconduite en 2021.



Le visiteur pourra y voir, notamment, trois plans des jardins de la main même de Girault de Prangey. On ne pourra qu’être étonné de la minutie et de la précision dont celui-ci faisait preuve pour aménager ses jardins. Si le mot paysagiste n’existait pas à l’époque, il fut, à n’en pas douter, un botaniste averti.
Allez voir cette exposition, vous y découvrirez un personnage hors norme, aux multiples facettes, qu’il est difficile de cerner tant son éclectisme fut débordant.
La vidéo de FR3 (ci-dessous), vous donnera un rapide aperçu de cette exposition, ainsi que l’envie d’y aller.





2020 - Edition du catalogue [15] de l’exposition par un collectif [16], sous le titre « Girault de Prangey - Mille et un Orients ». Ce catalogue contient un très grand nombre de documents inédits, jusque-là inconnus des organisateurs de l’exposition. Il constitue, à ce jour, la référence sur Girault de Prangey.

2020–2021 - Exposition au musée d’Orsay à Paris « Girault de Prangey photographe (1804 – 1892) ». Édition à venir du catalogue.


LES JARDINS DE GIRAULT DE PRANGEY

Disons le tout de suite, il est impossible pour nos contemporains de se représenter ce que furent les jardins de Girault de Prangey au XIXe siècle. Sans la lecture d’André Theuriet (« Sous-bois » et le « Sang des Finoël »), comment imaginer toute la beauté et la luxuriance de ces jardins ?
Lorsque Robert Flocard a joué, enfant, dans la propriété - approximativement pendant la période 1910/1919 – celle-ci n’avait déjà plus l’éclat qu’elle avait du vivant de Girault de Prangey. Mais la description qu’il nous a laissée, à travers Philippe Quettier, peut être considérée comme un inventaire relativement fiable, même si son plan des jardins doit être écarté.


Crédits: Musée des Arts et d'Histoire de Langres
La villa de Girault de Prangey au Val d’Esnoms

Ces quelques lignes sont insuffisantes pour exprimer toute l’exubérance de ces improbables jardins éphémères. La combinaison des plantations et des jeux d’eau en faisait un ensemble unique, sans équivalent parmi les jardins romantiques du XIXe siècle.

Dans le catalogue « Mille et un Orients », les articles « La villa des Tuaires » [17], et « Le jardin de la villa des Tuaires » [18], ainsi que les nombreuses photographies, donneront au lecteur une idée plus précise de l’ampleur et de la richesse de ces jardins.


Aujourd’hui, sous la mousse et le lierre, on peut retrouver, grâce à la description de Robert Flocard, l’emplacement de plusieurs vestiges, mais ceux-ci (massifs, bassins, serres, allées, murets…) sont, pour la plupart, dans un état irréversible.

Crédits: Jean-Yves Bidaut
État actuel des jardins et de leurs terrasses
Crédits: Jean-Yves Bidaut
État actuel du jet d’eau et de son bassin

Ne parler que des jardins, sans évoquer leur emplacement, serait une erreur impardonnable. Le site naturel, dans lequel ont été aménagés ces jardins, est absolument remarquable. Il s’agit d’un terrain en déclivité, étagé en terrasses, dans un cirque sauvage délimité par la falaise bordant le Plateau de Langres. Le regard découvre les Vosges, le Jura et les Alpes par temps clair.
On peut parler ici de « jardins suspendus », au même titre que pour les jardins de Bourmont et de Cohons. Ces trois sites ont comme caractéristique commune d’appartenir à la période romantique haut-marnaise du XIXe siècle. Pourquoi haut-marnaise ? Parce que sans le relief du Plateau de Langres, ces jardins n’auraient jamais existé. A cela s’ajoute, dans les trois cas, l’utilisation généralisée de la pierre sèche calcaire pour constituer les terrasses.
Autre point remarquable : le climat. La configuration de ce site au pied de la falaise, en demi-arc de cercle, le protège des intempéries et des mauvais vents qui soufflent sur le plateau. La falaise elle-même joue, certainement, un rôle d’accumulateur de chaleur qu’elle restitue l’hiver. Toutes ces conditions ont permis à Girault de Prangey d’arborer ses jardins avec des plantes exotiques impensables ailleurs en Haute-Marne.


DU SOUVENIR A LA REALITE VIRTUELLE

Les moyens modernes en technologie numérique nous permettraient de réaliser une modélisation 3D à partir des documents que nous possédons.
C’est assurément le moyen le plus pragmatique que l’on pourrait utiliser pour faire connaître ces jardins. Nous pouvons aujourd’hui concevoir, de façon virtuelle, une représentation extrêmement proche de la réalité, à partir de plusieurs sources d’informations.
• L’inventaire de Robert Flocard transcrit par Philippe Quettier.
• Les plans que nous a laissés Girault de Prangey.
• Les photographies d’époque.
• Les nombreux documents acquis par le musée de Langres.

Cependant, cette modélisation devra être précédée obligatoirement par un relevé topographique minutieux, compte tenu de la forte déclivité du terrain et des aménagements qui en résultent.

Cette modélisation serait la suite logique à l’exposition actuelle au musée de Langres, et permettrait la reconstruction virtuelle du site, pratiquement à l’identique.


Notes :

[1« Sous-bois : impressions d’un forestier » - Paris, G. Charpentier, 1878.

[2André Theuriet - Romancier et poète. - Membre de l’Académie française – Il résida à Auberive de novembre 1856 à mars 1859 en tant que receveur des Domaines – A cette occasion, il écrivit plusieurs romans et nouvelles dont l’intrigue se situe dans la région d’Auberive et ses alentours.

[3« La Maison des deux Barbeaux : Le sang des Finoël » - Paris, Paul Ollendorff, 1879.

[4Henry Brocard (1822-1903) - Architecte et archéologue - Président de la Société Historique et Archéologique de Langres.

[5Comte Anne-Marie-Charles de Simony (1869-1952), fils du Comte Antoine-Jacques-Marie de Simony (1833-1917).

[6Guy Durantet – Conseiller Général – Maire d’Aujeurres – Président du GIP du Parc National des Forêts de Champagne et Bourgogne.

[7"Vivre ici - Le journal de la Montagne" - N°21 - 1er trimestre 93.

[8Philippe Quettier – Attaché de Conservation du Patrimoine, chargé des musées de Langres.

[9« Girault de Prangey 1804-1892 » - Dominique Gueniot éditeur.

[10Philippe Quettier – Attaché de Conservation du Patrimoine, chargé des musées de Langres.
Claire Marquois – UFR Lettres et Sciences humaines, Université de Rouen.
Jacques-Rémi Dahan – Agrégé de lettres, enseignant au Collège Diderot, Langres.
Pierre-Marc Richard – Expert en photographie ancienne, consultant auprès de l’Hôtel Drouot depuis 1991.

[11Christophe Mauron ; Christophe Brandt ; Christophe Dutoit ; Sylvie Henguely.

[12Olivier Caumont – Conservateur en chef, directeur des musées de Langres.

[13« Art et artistes en Haute-Marne XVe-XIXe siècle ». Le Pythagore, Chaumont, 2017.

[14Stephen C. Pinson, Sylvie Aubenas, Olivier Caumont, Silvia A. Centeno, Thomas Galifot, Nora W. Kennedy, Grant B. Romer, Martina Rugiadi, Andrea E. Schlather, Lindsey S. Stewart, Andrew Szegedy-Maszak, Ariadna Cervera Xicotencat.l

[15« Girault de Prangey - Mille et un Orients » - Serge Domini éditeur – 2020.

[16Sylvain Besson – Directeur des collections – Musée Nicéphore Niépce , Chalon-sur-Saône.
Catherine Bridonneau – Chargée d’études documentaires – Service d’études et de documentation, département des Antiquités Egyptiennes, musée du Louvre, Paris.
Olivier Caumont – Conservateur en chef, directeur des Musées de Langres.
Jacques-Remi Dahan – Docteur ès Lettres – Président des Amis des musées de Langres.
Élisabeth David – Chargée d’études documentaires – Service d’études et de documentation, département des Antiquités Egyptiennes, musée du Louvre, Paris.
Claire Déléry – Conservatrice du patrimoine – Musée national des arts asiatiques Guimet – Section Chine, Paris.
Gwenaëlle Fellinger – Conservatrice en chef – Département des arts de l’Islam, musée du Louvre, Paris.
Serge Février – Archéologue – Société d’histoire et d’archéologique de Langres.
Anne-Guylaine Foret – Documentaliste – Musée de Langres.
Pierre Gariot – Président de la Société Historique et Archéologique de Langres.
Jean-Marc Hofman – Attaché de conservation – Musée des monuments français – Cité de l’architecture du patrimoine, Paris.
Caroline Lenoir – Chargée d’inventaire et de récolement – Musée de Langres.
Samuel Mourin – Responsable du pôle conservation-valorisation – Archives départementales, conseil départemental de la Haute-Marne, Chaumont.
Véronique Mure – Ethnobotaniste – Société Botanique, jardins, paysages, Nîmes.
Lina Roy – Responsable par intérim – Musée des Moulages de l’Université Lumières – Lyon II.
Agnés Juvanon du Vachat – Docteur en Sciences et Architecture du Paysage – École nationale supérieure du Paysage, Versailles.
Arnaud Vaillant - Régisseur des collections – Musée de Langres.
Élodie Vigouroux – Chercheur associé au laboratoire Orient et Méditerranée – (CNRS-UMR 8167) et à l’Institut français du Proche-Orient.

[17« La villa des Tuaires, entre éclectisme et orientalisme » d’Olivier Caumont et Caroline Lenoir.

[18« Le jardin de la villa des Tuaires : un jardin de collectionneur au XIXe siècle » de Véronique Mure et Agnès Juvanon du Vachat.

Dans le glossaire :
potentiel hydrogène  

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Lat: 47° 57' 04.13" N
Lon: 5° 44' 45.68" E
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