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Le Bassigny, étude d’un nom de pays

LE BASSIGNY de Lucien GALLOIS

Gallois Lucien. Le Bassigny, étude d’un nom de pays. In : Annales de Géographie. 1901, t. 10, n°50. pp. 115-122. doi : 10.3406/geo.1901.4882
Publié le 27 février 2017 , par GALLIER Jean dans Le Bassigny

Qu’est-ce donc au juste que le Bassigny ?

Pour répondre à cette question, chemindeleau reproduit ici la monographie de Lucien Gallois publiée en 1901 dans les Annales de géographie. Cette publication est, sans doute, celle qui donne la définition la plus judicieuse du Bassigny actuel.
Pour une meilleure compréhension par le lecteur, notamment pour le positionnement géographique, de nombreux renvois (précédés de l’acronyme « NDLR ») ont été apportés par chemindeleau.
Ce document est également complété, sur ce même site, par l’article « LE BASSIGNY d’AUJOURD’HUI », faisant le point, un siècle plus tard, sur les précisions et compléments qu’il nous a paru nécessaire d’apporter au texte initial de Lucien Gallois ; celui-ci ayant eu le grand mérite de soulever la question et d’y répondre de façon fort pertinente.


« On sait l’attention qu’apportent aujourd’hui les géographes à ces unités territoriales qu’on appelle des pays. L’étude en est souvent délicate : il y a de vrais et de faux pays, ceux-ci ne correspondant le plus souvent qu’à des divisions historiques. D’où la nécessité de procéder à des enquêtes minutieuses. Lorsqu’il s’agit, comme c’est ici le cas, d’appellations populaires, c’est la tradition populaire et non pas les livres qu’il faut interroger avant tout. Dans ces quelques pages, on s’est proposé à titre d’exemple, et pour provoquer des recherches analogues, d’étudier un des noms de pays qui prêtent le plus à confusion, celui de Bassigny. Les Annales [1] reviendront sur cette question si importante des pays ; mais il convient de commencer par élucider quelques cas particuliers.

Qu’est-ce donc au juste que le Bassigny ?

La carte à 1 : 500 000 du Service géographique de l’Armée (feuille VI S. 0.), étend le Bassigny des environs de Bar-sur-Aube jusque près de Bourbonne-les-Bains. C’est le prolonger beaucoup trop loin vers l’Ouest. Dans son Dictionnaire géographique et historique de la Haute-Marne [2], Jolibois lui donne comme limites approximatives : Chaumont à l’Ouest, La Marche à l’Est, Neufchâteau au Nord et Langres au Sud.
Mais, dans le pays même, le nom de Bassigny s’applique à un territoire beaucoup plus restreint encore. On appelle ainsi la haute vallée de la Meuse, jusque vers Bourmont, c’est-à-dire jusqu’à l’endroit où la rivière s’engage dans les plateaux calcaires et aussi celle de son affluent le Mouzon, avant qu’il ait, lui aussi, pénétré dans le plateau [3].
Pour bien comprendre ce qu’on entend ainsi par Bassigny, il faut examiner la topographie et la géologie de la région. Nous sommes ici dans une des parties du bassin de Paris où le relief correspondant aux affleurements concentriques des couches géologiques est le mieux dessiné.
Lorsque partant de la vallée de l’Aube, de Bar-sur-Aube, par exemple, on va vers l’Est, on rencontre, avant d’atteindre Chaumont, une première ligne de crêtes calcaires [4] [5]. C’est celle qui se continue plus loin vers le Nord -Est sous le nom de Côtes de Meuse [6].
A son pied, une bande très étroite [7] de prairies marque l’affleurement des marnes oxfordiennes, qui, beaucoup plus étendu en Lorraine, correspond au pays de la Woëvre. Puis les calcaires reparaissent, formant le plateau de Chaumont [8], profondément entaillé par la Marne et la Suize. En continuant dans la même direction, on remonte, par suite du plongement général des couches vers l’W., jusqu’à une nouvelle crête, très boisée, constituée par les calcaires oolithiques [9]. C’est celle qui forme plus au Sud le rebord oriental du Plateau de Langres [10] et qu’on désigne souvent plus au Nord sous le nom de Côtes de Moselle [11]. Cette crête atteint presque l’altitude 500 m. (492 m. au dessus de Huilliécourt). Elle forme, par endroits, à sa partie supérieure, un véritable abrupt, mais elle est coupée, à mi-hauteur, par un ressaut [12] correspondant à une couche supérieure calcaire du Lias moyen, le reste de l’étage étant marneux. Ce ressaut [13] est intéressant à signaler ; de nombreux villages y sont établis, généralement à la naissance des petites vallées qui descendent vers l’Est, et c’est sur lui que passe la route de Langres à Neufchâteau. Au pied sont les marnes et les calcaires du Lias inférieur sur lequel coule la Meuse, à une altitude qui décroît de 340 m. au village de Meuse, à 314 m. en face de Bourmont.
En allant toujours vers l’Est, le pays se relève de nouveau et l’on rencontre les grès de l’Infralias, formant une terrasse très découpée par les rivières et presque tout entière occupée par des forêts. Cette terrasse atteint 482 m et se termine à son tour par un ressaut [14], au-dessus des marnes irisées et des calcaires coquilliers du Trias, qui se détachent eux-mêmes en relief au contact des grès bigarrés de la Vôge. Il y a donc entre les grands plateaux calcaires qui la dominent à l’Ouest et les terrasses qui lui succèdent à l’Est une dépression en grande partie marneuse, aux terres fortes, souvent humides, aux « terres froides », comme on dit dans le pays. Cette bande marneuse, c’est le véritable Bassigny, s’opposant nettement aux plateaux situés à l’Ouest et qu’on appelle « la Montagne », de sorte que Chaumont-en-Bassigny [15] n’est pas en Bassigny, ni même Is-en-Bassigny, qui serait tout au plus à la limite [16].

Crédits: Lucien Gallois
Le Bassigny et ses environs

Comment expliquer ces contradictions ?

Mr d’Arbois de Jubainville a fort bien montré qu’historiquement Chaumont n’était pas à l’origine dans le Bassigny [17]. Le nom de Bassigny, en latin Bassiniacum ou Basiniacum a une étymologie qui n’est pas douteuse. Il est formé, comme tous les noms analogues, si nombreux sur notre territoire, d’un nom propre d’homme Basinus et du suffixe acum désignant la possession, la propriété. Ce nom même de Basinus n’est pas romain, c’est la forme latinisée d’un nom barbare. Il y a toute apparence, puisque Bassigny ne désigne pas une localité déterminée, mais un territoire d’une certaine étendue, qu’il s’agit ici d’un comté, d’un ancien pagus gallo-romain qui eut pour chef, à une date incertaine de l’époque mérovingienne, un certain Basin. Les quelques textes où il est question de ce Bassigny primitif, s’accordent assez bien avec cette hypothèse. Le nom apparaît pour la première fois dans l’acte de partage du royaume de Lothaire II (870), reproduit par Hincmar dans les Annales de Saint-Bertin, mais Basiniacum figure seul dans ce passage, à côté d’autres noms de pagi, sans qu’on puisse savoir exactement à quel territoire il s’applique. Un peu plus tard, dans une charte de 892, on trouve un détail plus précis. Il y est question d’un village de Rançonnières (Ramsonariœ in pago Bassiniacensi). Voilà la mention certaine du pagus [18]. Rançonnières est un peu au Sud de la source de la Meuse ; les ruisseaux qui naissent sur son territoire coulent vers le Sud à la rencontre de l’Amance et de la Saône. C’est pour cette raison sans doute qu’on considère aujourd’hui Rançonnières comme n’étant plus dans le Bassigny [19]. En fait, si jamais ligne de partage des eaux a été sans importance dans le relief, c’est bien dans cette région de prairies, de cultures et de petits bois où l’on s’élève insensiblement jusqu’à plus de 400 m., mais où il faut d’abord quelque attention pour distinguer de quel côté vont les eaux. Plus au Sud, au Sud-Est surtout, le sol s’accidente rapidement, les vallées se creusent pour atteindre l’Amance qui coule à 250 m. environ. A Rançonnières, l’aspect n’a pas encore changé, c’est bien encore le pays de la haute Meuse. On peut même dire qu’en dehors des vallées on n’aperçoit pas, en descendant directement vers le Sud, de changement appréciable. La ligne du chemin de fer de Chalindrey à Neufchâteau traverse un pays qui présente partout la même physionomie.

Mais jusqu’où pouvait s’étendre l’ancien pagus du Bassigny ?

Les pagi de la Gaule mérovingienne et carlovingienne sont presque tous devenus des divisions ecclésiastiques. Or précisément dans cette partie orientale du diocèse de Langres, il y eut un archidiaconé du Bassigny, comprenant les deux doyennés du Bassigny ou d’ls-en-Bassigny et de Pierrefaite ou Pierrefitte (ce dernier comprenait la majeure partie du bassin de l’Amance). Le pagus s’étendait-il sur ces deux doyennés ou sur un seul ? Bien que nous ne puissions pas répondre avec certitude, puisque nous ne connaissons pas de pagus qui corresponde au doyenné de Pierrefaite, il est cependant probable que le pagus du Bassigny correspondait au seul doyenné de ce nom, car dans le diocèse de Langres, les autres archidiaconés, formés chacun de deux doyennés, portaient le nom de l’un d’entre eux [20]. On voudrait savoir quelles étaient exactement à l’origine les limites de ce doyenné du Bassigny ; lorsqu’on peut les fixer avec certitude, le doyenné d’Is comprend la haute vallée de la Meuse et aussi une portion assez étroite des plateaux calcaires situés à l’Ouest jusqu’à la Marne et même au delà [21]. Les divisions ecclésiastiques n’ayant jamais varié beaucoup, tenons pour assuré que le doyenné d’Is a dû comprendre de tout temps la région des sources de la Meuse, les environs d’Is et la vallée de la Traire [22] qui passe à Nogent, ancienne station romaine, et conduit à la Marne. Mais si ce Bassigny s’étendait à l’Ouest bien au-delà des terres fortes du lias, il ne les englobait pas toutes à l’Est ; la vallée du Mouzon restait en dehors, ainsi que Huilliécourt, Bourg-Sainte-Marie et les environs de Bourmont. Ces territoires faisaient partie de l’ancien diocèse de Toul et non plus de celui de Langres, et ces limites de diocèses, qui ont été probablement aussi celles des deux cités gauloises des Lingons et des Leuques doivent être fort anciennes [23].

Mais, quelles qu’aient été les limites des doyennés primitifs, Chaumont n’appartint jamais à une subdivision ecclésiastique ayant porté le nom de Bassigny. Mr d’Arbois de Jubainville a très clairement montré comment les petits comtés voisins (anciens pagi) de Bar-sur-Seine (Pagus Latiscensis ou Laçois), de Bar-sur-Aube (Pagus Barrensis ou Barrois) et de Chaumont (Pagus Boloniensis ou Bolonais), ayant été successivement englobés dans le domaine des comtes de Champagne, perdirent pour ainsi dire leur individualité. Leurs noms même disparurent : une confusion pouvait en effet s’établir entre le Barrois de Bar-sur-Aube et un autre Barrois, celui de Bar-le-Duc, bien vivant celui-ci, et qui s’étendait constamment vers le Sud. D’autre part, les anciennes capitales qui avaient donné leur nom au Bolonais et au Laçois, Bologne et la localité dont il ne reste que des ruines sur la colline appelée Mont Lassois par la carte d’Etat-major à l’Ouest de Châtillon-sur-Seine, étaient tout à fait déchues ; elles avaient été remplacées par les villes plus modernes de Chaumont et de Bar-sur-Seine. On comprend qu’une confusion ait pu se faire, et qu’on ait dit Chaumont-en-Bassigny, surtout si l’on remarque que le doyenné d’Is s’étendait non loin de là jusqu’à la Suize et qu’il était déjà, au XIIIème siècle, entamé par la conquête champenoise.

Dès lors, le nom de Bassigny va s’étendre encore davantage. Au XIVème siècle, Chaumont est devenu le siège d’un bailliage comprenant seize prévôtés. C’est ce qu’on a appelé quelquefois le Bassigny royal, parce qu’il se trouvait tout entier dans le domaine royal. Il comprenait des territoires qui n’avaient plus rien de commun avec le Bassigny. Au XVème siècle, lorsque le cardinal de Bar fit don de son duché à René d’Anjou, duc de Lorraine, il se divisait en deux parties : le Barrois mouvant, c’est-à-dire placé sous la suzeraineté du roi de France, et le Barrois non mouvant. Le premier comprenait les deux bailliages de Bar-le-Duc et de La Marche-en-Bassigny, d’où le nom de Bassigny mouvant donné au territoire de cette circonscription judiciaire. On disait aussi Bassigny non mouvant, ou lorrain, pour désigner le bailliage de Bourmont dont le siège était à la Mothe avant la destruction de ce château. Ce qui prêtait à la confusion, c’est que tous ces territoires étaient enchevêtrés les uns dans les autres.
On voit donc très bien comment d’un pagus on d’un comté mérovingien et d’une petite circonscription ecclésiastique le nom de Bassigny s’est étendu de proche en proche jusqu’à des territoires parfois assez éloignés. La question est parfaitement élucidée pour les historiens.
Elle ne l’est pas aussi complètement pour les géographes. Il ne semble pas, en effet, qu’il y ait jamais eu concordance absolue entre le pays actuel de Bassigny, véritable région naturelle, fondée sur la constitution géologique du sol, et aucune des divisions politiques ou ecclésiastiques qui ont porté ce nom. Le fait que notre Bassigny moderne est à cheval sur les deux anciens diocèses de Langres et de Toul suffirait à prouver qu’il ne peut correspondre à un ancien pagus. La conception d’un Bassigny région naturelle est, en réalité, tout autre chose. Il serait bien intéressant de savoir à quelle époque elle peut remonter.
J’en ai vainement cherché la trace dans les documents écrits. Est-ce à dire pour cela qu’elle soit moderne ? C’est peu vraisemblable, car les traditions populaires plongent très loin dans le passé, et la manière même dont le nom de Bassigny s’est étendu au voisinage du pagus primitif semble prouver que de bonne heure le nom n’était pas exclusivement réservé à ce territoire.
Si l’on veut bien comprendre en quoi consiste notre Bassigny actuel, il faut bannir de son esprit toute idée de division administrative : ce n’est pas, en effet, une division, c’est une dénomination. La différence est considérable, et nous ne la faisons pas assez, habitués que nous sommes, en géographie, à appliquer un nom à un territoire parfaitement défini. Ici, il est très remarquable qu’on désigne exclusivement par Bassigny les terres fortes, marneuses, ou les alluvions, par opposition aux terres légères du plateau calcaire. Le nom, emprunté à une division politique qui ne couvrait qu’une portion de ces terres marneuses, a fini par désigner une nature particulière de pays, bien que ceux qui l’emploient ne s’en rendent pas toujours bien compte, gênés par leurs habitudes d’esprit.
Il est très remarquable aussi que cette haute vallée de la Meuse ait un nom, tandis que les territoires voisins n’en portent pas ou sont désignés simplement par ce terme si fréquent « la Montagne ». Cet exemple prouve qu’il faut réagir contre la tendance que nous avons, toujours par suite de confusion entre les pays et les divisions politiques, à considérer notre territoire comme un damier dont chaque case doit porter un nom. On voit très bien, dans le cas qui nous occupe, comment l’individualité du Bassigny est apparue très nette entre les régions plus pauvres qui lui confinent à l’Est et à l’Ouest. Il a dû être habité et mis en valeur bien avant les plateaux qui formaient une forêt continue, d’autant que la haute vallée de la Meuse a toujours été le passage le plus commode entre la vallée de la Saône et celle de la Moselle. Une voie romaine, celle de Langres à Toul, suivait le Bassigny et de nombreux vestiges gallo-romains y ont été découverts [24].
Mais par là même qu’il était un lieu de passage, une ligne de communication entre les deux villes fortes des Lingons et des Leuques, on s’explique, lorsqu’il s’agit d’établir entre les deux cités des limites politiques qui ont dû varier avec le temps, que le Bassigny ait été coupé en deux. Il est d’autant plus intéressant de constater qu’en dépit des divisions territoriales, l’instinct populaire a maintenu l’unité de cette véritable région naturelle ».

Lucien GALLOIS.
Maître de Conférences de Géographie
à l’Ecole normale supérieure.

Article mis en ligne sur chemindeleau par Jean GALLIER.

Voyez ensuite : LE BASSIGNY d’AUJOURD’HUI

Notes :

[1NDLR. Revue géographique intitulée "Les Annales de Géographie", fondée par Paul Vidal de La Blache.

[2E. Jolibois, La Haute -Marne ancienne et moderne. Dictionnaire géographique... Chaumont, 1858, in-4

[3Je remercie Mr Munier Professeur à l’école normale de Chaumont, qui a bien voulu à plusieurs reprises interroger pour moi les personnes compétentes et particulièrement plusieurs promotions d’élèves de cette Ecole. Les indications fournies ne sont pas toujours exactement concordantes, ce qui ne doit pas étonner puisqu’il s’agit d’un pays qui n’a jamais été officiellement délimité. Quelques-uns restreignent un peu plus le Bassigny, d’autres l’étendent davantage, mais les différences ne sont jamais très considérables. J’indiquerai plus loin les limites du Bassigny, telles qu’elles résultent de cette enquête. — Je dois signaler encore ce fait inattendu qu’on appelle étangs de Bassigny de petits étangs qui se trouvent assez loin de là, vers les sources de la Saulx. Est-ce, comme on le verra plus loin, parce que cette région a pu être confondue autrefois sous le nom de Bassigny ? En tous cas elle n’a plus rien aujourd’hui de commun avec ce qu’on appelle le Bassigny.

[4NDLR. Cette ligne de crête calcaire est appelée par les géologues, cuesta oxfordienne, ou cuesta corallienne. Voir sur ce même site l’article "LE PLATEAU DE LANGRES : SA GEOMORPHOLOGIE".

[5NDLR. Sur la D619, route qui relie Bar-sur-Aube à Chaumont, on descend cette ligne de crête par une côte nommée par les gens de la région la côte d’Alun, à la hauteur d’Euffigneix.

[6NDLR. Cette crête, appelée cuesta oxfordienne ou cuesta corallienne par les géologues, est généralement désignée par les géographes sous le nom de Côte de Meuse (au singulier) sur toute sa longueur, et pas seulement vers le Nord-Est.

[7NDLR. Cet espace, au pied de la Côte de Meuse, correspondant à la partie la plus basse du revers de la côte de Moselle, a pour nom propre "La Vallée".

[8NDLR. Ici Lucien Gallois utilise le terme de "plateau de Chaumont", bien réel, mais qui est en fait un sous-ensemble d’un plateau beaucoup plus vaste appelé le Plateau de Langres-Châtillonnais, supporté par l’auréole du Dogger. Voir sur ce même site l’article "LE PLATEAU DE LANGRES : SA GEOMORPHOLOGIE".

[9NDLR. Cette crête est appelée communément aujourd’hui par les géologues, la cuesta bajocienne. Voir sur ce même site l’article "LE PLATEAU DE LANGRES : SA GEOMORPHOLOGIE".

[10NDLR. Lucien Gallois voit le Plateau de Langres plus au Sud. C’est un point de vue qui n’a jamais été tranché sur le plan régional. Par contre, si on considère le Plateau de Langres comme une entité géologique et géomorphologique homogène, celle-ci couvre largement un territoire allant des sources de la Seine aux sources de la Meuse. Voir sur ce même site l’article "LE PLATEAU DE LANGRES : SA GEOMORPHOLOGIE".

[11NDLR. Cette crête, appelée cuesta bajocienne par les géologues, est généralement désignée par les géographes sous le nom de Côte de Moselle (au singulier) sur toute sa longueur, et pas seulement au Nord.

[12NDLR. Ce ressaut correspond à un relief bien précis que les géologues désignent sous le vocable de "cuesta double", constituée de la cuesta bajocienne (vue précédemment) et de la cuesta domérienne. Voir sur ce même site l’article "LE PLATEAU DE LANGRES : SA GEOMORPHOLOGIE".

[13NDLR. En suivant le parcours de Lucien Gallois, de Chaumont à Bourbonne-les- Bains, en empruntant la D417 actuelle, on passe du plateau calcaire au ressaut médioliasique à la côte de l’Abondance, bien connue des habitants de la région (à l’intersection de la D417 et de la D250 allant à Essey-les-Eaux). Puis, toujours en poursuivant vers l’Est, la départementale descend de ce ressaut à Montigny-le-Roi, par la côte de la Recombelle (ou de l’Arcombelle, ou de Larcombelle) pour arriver dans le Bassigny proprement dit.

[14NDLR. Cette terrasse et ce ressaut sont appelés par les géologues la Côte des grès infraliasiques du Rhétien. En venant de Chaumont par la D417, on descend ce ressaut par la côte de Chagnon pour arriver à Bourbonne-les-Bains, situé au pied de cette côte.

[15NDLR. Aujourd’hui, les communes de Chaumont (52) et Nogent (52) ont perdu leur extension "en-Bassigny", ce qui va tout à fait dans le sens de la démonstration de Lucien Gallois. Par contre, le cas d’Is-en-Bassigny reste toujours ambigu.

[16Voici, d’après la majorité des témoignages recueillis, quelles sont à peu près les limites de Bassigny. A l’Ouest, il n’y a pas d’hésitation, le Bassigny s’arrête au plateau calcaire. Toutes les communes assises sur la terrasse liasique depuis Montigny-le-Roi jusqu’à Bourg-Sainte-Marie (d’autres disent jusqu’à Saint-Thiébaut et Gonaincourt), sont considérées comme étant moitié Bassigny, moitié Montagne. Au Nord, la limite est à Bourmont, dont la partie haute occupe un éperon du plateau. Le Bassigny contourne ce plateau, il enveloppe Graffigny, peut-être Nijon, puis, dans la vallée du Mouzon, Sommerécourt, Outremécourt, même, suivant quelques-uns, Sartes et Pompierre.
A l’Est, il comprend la vallée du Mouzon jusqu’à Blévaincourt, puis les communes de
Damblain (exclu par quelques-uns), de C:olombey-les-Choiseul, Merrey, Ravennefontaine, Maulain, Lécourt, Meuse.
Au Sud, Avrecourt.

[17D’Arbois de Jubainville, Note sur les deux Barrois, sur le pays de Laçois el sur l’ancien Bassigny (Bibl. Ecole des Chartes, 4e série IV, (1858), p. 348). Longnon, Atlas historique, texte, p.95.

[18Plus tard encore, il est fait mention à plusieurs reprises du Comitatus Bassiniacensis, notamment dans la Chronique de Saint-Bénigne, qui place la cure d’Is dans ce Comté.

[19Toutefois, Rançonnières est à la limite. Quelques-unes des personnes consultées donnent comme limite au Bassigny vers le Sud un point situé entre Avrecourt et Rançonnières, sur le territoire de cette dernière commune. Cette précision montre clairement qu’on tient compte ici, plus ou moins consciemment, de la ligne de partage des eaux.

[20Ainsi les deux doyennés de Bar-sur-Aube et de Chaumont formaient l’archidiaconé de Bar-sur-Aube. L’abbé Roussel,
Diocèse de Langres. Histoire et statistique. Langres 1873-79, 4 vol. in -8, dit, mais sans en donner de preuves, que le doyenné de Pierrefaite est peut -être postérieur à celui d’Is.

[21Il faut noter que cette extension du doyenné d’Is vers l’Ouest correspond aux échancrures qui font pénétrer le Lias dans les promontoires du plateau calcaire, l’une de ces échancrures se prolongeant par la vallée de la Traire. Is-en-Bassigny est assis sur le Lias moyen, formant terrasse en avant de la falaise : toute la partie Ouest de son territoire est humide. La nature de son sol n’est pas très différente de celle du vrai Bassigny.

[22NDLR. Dans l’édition originale des Annales de géographie de 1901, cette rivière est orthographiée "la Traize". Il ne peut s’agir que d’une coquille de l’imprimeur car, même phonétiquement, cette rivière ne s’est jamais prononcée ainsi. Sur la carte de Cassini ce cours d’eau est désigné par "la Treire", écriture également reprise sur la carte du département issue du décret de 1790. Lors de la parution des premières cartes d’état-major, de 1820 à 1866, l’orthographe évolue pour "la Traire" et se confirme sur la nouvelle édition de 1889, pour se maintenir jusqu’à nos jours. Par conséquent le libellé actuel avait déjà cours en 1901.

[23Mr Pistollet de Saint-Fergeux, en s’appuyant surtout sur un texte de Tacite (Hist. I, 53.) d’après lequel Galba punit les Lingons, qui s’étaient prononcés contre Vindex. en leur enlevant une partie de leur territoire, pense que le territoire de la cité de Langres et le pagus bassiniacensis subirent alors une diminution du côté du Nord. Ceci expliquerait l’extension du nom de Bassigny en dehors des limites du diocèse. P. de S.-F., Limites de la Province Lingonaise (Mém. Soc. hist. et archéol. de Langres, II, p. 261). En réalité, nous ne savons pas si cette diminution fut maintenue par la suite, ni quelle frontière fut entamée. Quant au pagus du Bassigny, son nom date, comme nous l’avons montré, suivant toute probabilité, de l’époque mérovingienne. Il est donc postérieur de plusieurs siècles à la diminution de la cité de Langres, si diminution il y a eu. Il n’y a pas non plus de raison pour supposer qu’au Xème siècle une partie du diocèse de Langres aurait été annexée à celui de Toul cf. MAXE-WERLY, Limites de la Province Lingonaise du côté, du Barrois (Rev. A Archéol., Nouv. serie, XXX, 1875, p. 302.

[24Cf. A. Fournier, Les vallées vosgiennes (Soc. Géog. de l’Est, Bull. trimestr. nouvelle série, 21ème année, 1900, p. 62). La voie romaine de Langres à Toul suivait le faîte de partage séparant la Meuse du Mouzon. évitant ainsi les parties humides et peut-être marécageuses. Une autre voie, partant également de Langres, traversait le Bassigny pour gagner à l’Est le plateau du Muschelkalk.

Dans le glossaire :
potentiel hydrogène  

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Lat: 47° 57' 04.13" N
Lon: 5° 44' 45.68" E
Bourbonne-les-Bains - Fontaine chaude


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