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Le Bassigny, étude d’un nom de pays

LE BASSIGNY d’AUJOURD’HUI

Cette article fait suite à celui de Lucien GALLOIS
Publié le 3 mars 2017 , par GALLIER Jean dans Le Bassigny

Cet article vient compléter celui de Lucien Gallois publié en 1901 dans les Annales de géographie et reproduit sur ce site sous le titre « LE BASSIGNY de Lucien GALLOIS ».
Nous parlons bien ici d’un complément apporté à cette publication initiale pour laquelle, un siècle plus tard, il nous a paru nécessaire d’apporter de nouveaux éléments venant confirmer, étayer et enrichir la vision de ce géographe émérite à qui revient l’honneur d’avoir initié cette réflexion sur la définition du Bassigny actuel.


Le Bassigny, une région naturelle

Ce titre est l’essence même de la publication originale de Lucien Gallois qui ne saurait être remise en cause, et qui est reproduite dans l’article « LE BASSIGNY de Lucien GALLOIS » de chemindeleau.
On peut résumer la position de cette région naturelle comme suit.
Le Bassigny est constitué d’une terre riche [1] dont « l’individualité est apparue très nette entre les régions plus pauvres qui lui confinent à l’Est et à l’Ouest. Il a dû être habité et mis en valeur bien avant les plateaux qui formaient une forêt continue… » [2] .

La bordure Ouest du Bassigny

Quelles sont ces régions, et plus précisément ces plateaux, qui délimitent le Bassigny à l’Ouest ? Pour reprendre le texte de Lucien Gallois, nous allons emprunter à nouveau la D417 qui relie Chaumont à Bourbonne-les-Bains et qui traverse le Bassigny à peu près en son milieu. En partant de Chaumont et en se dirigeant vers l’Est, « on remonte, par suite du plongement général des couches vers l’Ouest, jusqu’à une nouvelle crête boisée, constituée par les calcaires oolithiques » [3]. Cette crête est désignée par les géologues sous le nom de cuesta bajocienne et par les géographes sous le terme générique de Côte de Moselle. On arrive à sa partie supérieure au niveau de la forêt domaniale de l’Abondance qui culmine à environ 460 m. Plus au Nord, cette côte frôle les 500 m d’altitude en plusieurs endroits : 489 m, par exemple, à côté de Romain-sur-Meuse.
On quitte ensuite cette cuesta bajocienne en descendant, précisément par la côte de l’Abondance qui va nous amener sur un ressaut à mi-hauteur « correspondant à une couche supérieure calcaire [4] du Lias moyen » [5]. Ce ressaut est appelé par les géologues la cuesta domérienne, du nom de cette couche du Lias moyen. Cette cuesta domérienne, jouxtant la cuesta bajocienne, forme ce que les géomorphologues nomment une « cuesta double », nous allons y revenir.
A noter aussi, que la D74 qui relie Langres à Neufchâteau et qui coupe perpendiculairement la D417, est construite sur ce ressaut, sans jamais s’en écarter.
Pour quitter ce ressaut, ou plus précisément cette cuesta domérienne, nous allons poursuivre notre descente sur la D417 par la côte de la Recombelle [6] qui traverse Montigny-le-Roi. Cette commune a la particularité d’être construite de haut en bas sur le front de la cuesta domérienne.
Au pied de cette côte, à environ 350 m d’altitude, sont les marnes et les calcaires du Lias inférieur ; nous venons de quitter les plateaux de l’Ouest pour arriver sur cette terre marneuse qu’est le véritable Bassigny. Nous sommes maintenant sur des « terres fortes » [7] telles que les appelle Lucien Gallois, souvent humides et qualifiées de « terres froides » [8] par les habitants de ce pays. Ici la Meuse prend sa source et y creuse son lit en se dirigeant vers le Nord-Est pour traverser les plateaux que nous venons de décrire. Elle n’est plus qu’à 319 m d’altitude, déjà à hauteur de Clefmont.
Le Bassigny est traditionnellement une terre d’élevage de bovins et il a toujours été considéré comme un pays « riche » par opposition aux plateaux qui le bordent à l’Ouest et à l’Est. Ces plateaux calcaires ou gréseux, selon les couches géologiques qui les recouvrent, sont considérés comme des régions pauvres, aux « terres légères » [9] comme les désigne Lucien Gallois. Ces plateaux étaient originellement recouverts entièrement de forêts. Celles-ci sont encore majoritaires, même si les progrès de l’agriculture ont permis d’en conquérir une partie.

Le schéma ci-après représente en coupe la cuesta double que nous venons de parcourir, pour passer de la Côte de Moselle, ou cuesta bajocienne, à la cuesta domérienne formant un ressaut, afin d’arriver au point le plus bas marquant l’entrée dans le Bassigny.
Les plateaux à l’Ouest appartiennent à un ensemble plus vaste que l’on désigne généralement sous le terme générique de « Plateau de Langres-Châtillonnais ».
A noter que Lucien Gallois se contente de reprendre un terme fréquent dans la région : « la Montagne [10] » [11], par opposition à ce territoire « bas » qu’est le Bassigny.

Crédits: Jean Gallier
Coupe de la cuesta double, bordant l’ouest du Bassigny.

Sur la carte interactive ci-dessous, on retrouve cette cuesta double, sur la bordure Ouest du Bassigny, avec les repères suivants :
- 1. Côte de Moselle ou cuesta bajocienne
- 2. Cuesta domérienne



La bordure Est du Bassigny

Maintenant que nous sommes entrés dans le Bassigny, poursuivons sur la D417, toujours vers l’Est, en direction de Bourbonne-les-Bains. « Le pays se relève à nouveau et l’on rencontre les grès de l’Infralias [12], formant une terrasse [13].… tout entière occupée par les forêts ». Cette terrasse se termine, elle aussi, par une crête que les géologues appellent la cuesta des grès infraliasiques du Rhétien, dont le front, sur la D417, au Bois de Danonce, domine à 444 m d’altitude la ville de Bourbonne-les-Bains située en contrebas à 260 m. La D417 y accède directement en ligne droite, sans aucun lacet, par la fameuse côte de Chagnon bien connue des cyclotouristes.
La cuesta des grès infraliasiques du Rhétien avoisine aussi, en plusieurs endroits, les 500 m : 494 m, par exemple, dans la forêt domaniale de Morimond (partie Est de l’étang de l’abbaye du même nom).

Toutes ces indications ne nous donnent pas précisément la limite Est du Bassigny. Lucien Gallois dit simplement [14] que la dépression, en grande partie marneuse (c’est-à-dire le Bassigny), est située entre les grands plateaux calcaires qui la dominent à l’Ouest et les terrasses qui lui succèdent à l’Est. Par conséquent, une question demeure concernant la limite Est : où s’arrête « la dépression en grande partie marneuse » et où commencent « les terrasses » ?
Nous savons cependant que le Bassigny est une terre d’élevage, par conséquent elle doit s’accorder avec les parties marneuses du Lias et non pas avec les grès de l’infralias. De même, cette terre d’élevage (voire de culture) ne peut pas être en même temps recouverte de forêts dont on sait qu’elles occupent les terrasses des grès de l’Infralias. En toute logique, il doit y avoir coïncidence entre la limite Lias / Trias et la limite pâturages - cultures / forêts.
Les moyens modernes de cartographie nous permettent de vérifier cette hypothèse.
Se reporter à la carte dynamique ci-après, avec les repères suivants :
- 3. Limite Lias / Trias
- 4. Limite cultures / forêts



Au premier degré, on constate une très bonne corrélation entre la limite du Lias par rapport au Trias, d’une part, et la limite des cultures ou des pâturages par rapport à la forêt, d’autre part. Cependant, il faut remarquer que la forêt n’est jamais implantée sur le Lias [15], mais, qu’à l’inverse, là où les couches minces du Lias ont disparu sous l’effet de l’érosion pour laisser apparaître le Trias, l’agriculture s’y est implantée, apparemment, sans difficulté, avec des avancées assez notables vers l’Est. C’est le cas notamment pour les zones suivantes :
• Breuvannes-en-Bassigny, Colombey-les-Choiseul, Grignoncourt, Fresnoy-en-Bassigny. A noter, cependant, que la Forêt Domaniale de Morimond (partie Ouest de l’étang de l’abbaye du même nom) et le Bois Noir ont été conservés.
• Provenchères-sur-Meuse, Meuse, Dammartin-sur-Meuse, Saulxures, Pouilly-en-Bassigny, Damrémont.
• Enfin, une zone pénétrant très à l’Est dans la côte de l’Infralias, allant de Lavernoy à Varennes-sur-Amance [16].
Toutes ces zones mentionnées, ayant été mises en valeur par l’agriculture, donnent une limite Est du Bassigny très nette alignée Nord-Sud ; le territoire à l’Est de cette limite étant entièrement occupé par la forêt. Aussi, nous retiendrons comme limite Est du Bassigny, la séparation cultures / forêts.
Pour mieux comprendre la géomorphologie du Bassigny et sa position à l’intérieur de ses limites Est-Ouest, le lecteur trouvera ci-dessous une vue en coupe, avec les différentes natures de terrain.
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Crédits: Jean Gallier
Coupe du Bassigny

Les bordures Nord et Sud du Bassigny

Toute la démonstration initiale de Lucien Gallois s’appuie sur le fait que le Bassigny moderne est une région naturelle définie par la nature et l’occupation de son sol, en faisant abstraction des références historiques trop anciennes, très incertaines, voire contradictoires entre elles.
Aussi, les précisions apportées au paragraphe précédent, pour la délimitation Est-Ouest, ne dérogent pas à cette règle.
Pour la délimitation Nord-Sud, il semblerait que Lucien Gallois prenne également en compte « la tradition populaire » [17], notamment en interrogeant, à l’époque, les élèves de l’Ecole Normale de Chaumont [18], tout en reconnaissant que « Les indications fournies ne sont pas toujours exactement concordantes… ».
Pour le Nord-Ouest, on peut lire ceci : « … Le Bassigny contourne ce plateau, il enveloppe Graffigny, peut-être Nijon, puis, dans la vallée du Mouzon, Sommérécourt, Outremécourt, même, suivant quelques-uns, Sartes et Pompierre. » [19].
Les Villages de Graffigny, Nijon, Vaudrécourt sont à la limite du Domérien inférieur et font donc partie du Bassigny. Les Communes de Sommerécourt et Outémécourt sont dans le Toarcien tout proche ; on peut, à la rigueur, les considérer comme des limites externes au Bassigny. Quant à Sartes et Pompierre, il faut les exclure du Bassigny. Ce sont des communes de la vallée du Mouzon, là où celui-ci traverse le Plateau de Langres après avoir quitté le Bassigny.
Au Nord-Est, apparemment, Lucien Gallois se contente de remonter le Mouzon, sans le franchir, jusqu’à Blévaincourt [20]. Si cette agglomération est une bonne indication en tant que limite Est du Bassigny par rapport aux couches du Rhétien, on ne comprend pas pourquoi Lucien Gallois ne continue pas son exploration vers le Nord en poursuivant sur les couches marneuses du Lias, qu’il définit lui-même comme étant le substrat du Bassigny ?
Une observation du terrain ne montre aucune différence de paysage ni de nature des sols en allant vers le Nord, au-delà de la rive droite du Mouzon. Raison pour laquelle nous prenons résolument le parti, ici, de poursuivre le Bassigny jusqu’au Vair [21], voire même jusqu’à la Vraine [22], tout en respectant rigoureusement les limites Est et Ouest, telles que définies aux chapitres précédents.
En poursuivant vers le Nord, au-delà du Bassigny, se trouve le Xaintois, dont il conviendrait d’étudier la limite Sud, afin de vérifier si cette région est bien adjacente au Bassigny ?
Nous allons maintenant continuer sur le même principe d’étude et d’observation du terrain pour définir la limite Sud du Bassigny. Mais avant, il convient de faire une parenthèse concernant la toponymie des villages de cette région.
En 1901 [23], après tous les changements des noms de commune liés à la révolution, puis à la restauration, il ne restait guère plus que trois toponymes avec le substantif « Bassigny » : Chaumont-en-Bassigny et Nogent-en-Bassigny [24] dont on sait qu’ils n’ont jamais été dans le Bassigny actuel [25], et Is-en-Bassigny « qui serait tout au plus à la limite » [26].
Par conséquent, en 1901, les références toponymiques n’étaient pas d’un grand secours en tant que critère d’appartenance à cette région du Bassigny.
Mais, beaucoup plus tard, à partir de 1924, sept nouvelles communes [27] ont vu leur appellation complétée par ce fameux « en-Bassigny ». Aussi, cette évolution ne peut pas nous laisser indifférents dans notre analyse d’aujourd’hui, sans toutefois remettre en cause les principes de base établis par Lucien Gallois pour définir cette région.

Comme pour la limite Nord, Lucien Gallois se base sur « la tradition populaire » pour fixer la limite Sud du Bassigny. Là encore, on ne peut qu’être surpris que le substrat du Lias soit laissé de côté lorsqu’il s’agit de fixer les limites Nord-Sud, alors que celui-ci est présenté, par ce géographe, comme étant le fondement même du Bassigny dans sa définition moderne.
Et d’autre part, il apparaît que cette limite Sud, issue de la tradition populaire, ne repose sur aucun élément factuel.
Dans un premier temps, cette limite sud serait située quelque part entre Avrecourt et Rançonnières. A ce propos, Lucien Gallois fait le commentaire suivant : « Toutefois, Rançonnières est à la limite. Quelques-unes des personnes consultées donnent comme limite au Bassigny vers le Sud un point situé entre Avrecourt et Rançonnieres, sur le territoire de cette dernière commune. Cette précision montre clairement qu’on tient compte ici, plus ou moins consciemment, de la ligne de partage des eaux » [28].
Puis, curieusement, voire même contradictoirement, il ajoute : « En fait, si jamais ligne de partage des eaux [29] a été sans importance dans le relief, c’est bien dans cette région de prairies, de cultures et de petits bois où l’on s’élève insensiblement jusqu’à plus de 400 m., mais où il faut d’abord quelque attention pour distinguer de quel côté vont les eaux. Plus au Sud, au Sud-Est surtout, le sol s’accidente rapidement, les vallées se creusent pour atteindre l’Amance qui coule à 250 m. environ. A Rançonnières, l’aspect n’a pas encore changé, c’est bien encore le pays de la haute Meuse. On peut même dire qu’en dehors des vallées on n’aperçoit pas, en descendant directement vers le Sud, de changement appréciable. La ligne du chemin de fer de Chalindrey à Neufchâteau traverse un pays qui présente partout la même physionomie » [30].

Lorsque nous avons établi la limite Est (se reporter à ce chapitre), nous avons, précisément, exclu toutes les vallées correspondant à l’Amance et à ses affluents, qui sont toutes situées au-delà de la limite cultures / forêts.
Par conséquent, il est très facile de faire nôtre la dernière remarque de Lucien Gallois : « … A Rançonnières, l’aspect n’a pas encore changé, c’est bien encore le pays de la haute Meuse. On peut même dire qu’en dehors des vallées on n’aperçoit pas, en descendant directement vers le Sud, de changement appréciable. La ligne du chemin de fer de Chalindrey à Neufchâteau traverse un pays qui présente partout la même physionomie ».
C’est ainsi que nous poursuivons sur le Lias, en direction du Sud « en traversant un pays qui présente partout la même physionomie », jusqu’à l’aplomb de la vallée de l’Amance (ou de la Mance) sans, bien sûr, inclure celle-ci. Cet aplomb correspond, en fait, à la Faille de Chalindrey qui stoppe net la plateforme du Bassigny au Sud.
Avant de conclure cet article, revenons rapidement sur l’évolution des toponymes que nous avons évoquée précédemment. Dans l’élargissement du Bassigny, que nous venons de faire au Sud de la ligne de partage des eaux, il est à noter que trois communes ont adopté le substantif « Bassigny » à partir de 1924, il s’agit d’Andilly-en-Bassigny, Celles-en-Bassigny et Marcilly-en-Bassigny. A cette date, on peut estimer très raisonnablement que les références historiques mérovingiennes (incertaines de surcroît), pas plus que les références ecclésiastiques n’ont été prises en compte, ce qui conforte le périmètre du Bassigny en tant que région naturelle, tel que nous le proposons au lecteur en ce début du XXIème siècle.
Sur la carte dynamique ci-dessous, le lecteur retrouvera tout le périmètre du Bassigny, avec les repères suivants :
-  1. La cuesta bajocienne ou Côte de Moselle.
-  2. La cuesta domérienne.
-  4. La bordure Est du Bassigny, correspondant à la limite forestière.
-  5. Le Vair.
-  6. La Vraine.
-  7. La ligne de partage des eaux Atlantique / Méditerranée.
-  8. La faille de Chalindrey.
On mettra avantageusement cette carte en plein écran, pour zoomer sur la zone à explorer. De même, plusieurs fonds de carte sont disponibles (menu en haut et à droite de la carte). Par exemple, en choisissant « Google Satelitte » ou « Esri WorldImagery » on peut voir très distinctement, à l’Est du Bassigny, la limite forestière.

Notes :

[1Lucien Gallois utilise, quant à lui, le terme de « terres fortes ». Lucien Gallois – Les Annales de Géographie - 1901 - n°50 - Pages 116 et 119.

[2Lucien Gallois – Les Annales de Géographie - 1901 - n°50 - Page 122.

[3Lucien Gallois – Les Annales de Géographie - 1901 - n°50 - Page 116.

[4Plus précisément, après avoir quitté le Bajocien, on entre dans le Lias par le Toarcien supérieur (minerai de fer oolithique) suivi du Toarcien inférieur (argiles et schistes), puis sur le Domérien supérieur (grès médioliasiques) ; ces trois couches constituant le ressaut dont il est question dans le texte.

[5Lucien Gallois – Les Annales de Géographie - 1901 - n°50 - Page 116.

[6Appelée aussi côte de l’Arcombelle ou de Larcombelle.

[7Lucien Gallois – Les Annales de Géographie - 1901 - n°50 - Pages 116 et 119.

[8Lucien Gallois – Les Annales de Géographie - 1901 - n°50 - Page 116.

[9Lucien Gallois – Les Annales de Géographie, 1901 n°50 page 121.

[10Lucien Gallois – Les Annales de Géographie, 1901 n°50 pages 116 et 121.

[11Depuis le XVIIIème siècle jusqu’à nos jours, beaucoup d’écrits ont été publiés à ce sujet afin de distinguer - si distinction il y a – le Plateau de Langes de la Montagne, sans qu’aucune démonstration ne soit en mesure de prendre le pas sur l’autre.
Alain Catherinet a publié dans les Cahiers haut-marnais (n°276 – Année 2015), sous le titre « La Montagne de Langres », une étude fort bien documentée montrant les variations toponymiques dans l’espace et dans le temps, de cette région.
Dans cet article nous prenons résolument le parti pris de la géologie et de la géomorphologie, aux dépens de la géographie régionale quand celle-ci n’est pas en mesure de conclure. Aussi, les plateaux à l’Ouest du Bassigny, sous l’angle de la géologie et de la géomorphologie, appartiennent sans équivoque possible au « Plateau de Langres-Châtillonnais ».
Voir sur ce même site l’article intitulé "LE PLATEAU DE LANGRES : SA GEOMORPHOLOGIE".

[12On utilise plus couramment aujourd’hui l’adjectif « infraliasique ». NDLR.

[13Lucien Gallois – Les Annales de Géographie - 1901 - n°50 - Page 116. Par deux fois, sur cette même page 116, le géographe Lucien Gallois utilise le terme de « terrasse » pour identifier ce qu’un géomorphologue qualifierait de « plateau », afin de désigner le revers de la cuesta des grès infraliasiques du Rhétien

[14Lucien Gallois – Les Annales de Géographie - 1901 - n°50 - Page 116.

[15Sauf à de rares endroits correspondant à des petits bois isolés ou à des fonds de vallon.

[16Le cas de Varennes-sur-Amance est assez singulier. Cette commune appartient-elle au Pays de l’Amance-Apance ou au Bassigny ? Nous ne trancherons pas ici et nous nous contenterons d’apporter des éléments de réflexion au lecteur afin qu’il essaie de se faire sa propre opinion.
Wikipédia donne l’explication suivante au chapitre Géologie et relief : « La commune est située dans le territoire Apance-Amance, constitué de collines rapprochées entre lesquelles coulent de nombreux petits cours d’eau. La forêt y est très présente, couvrant environ 35 % de la surface. Au nord-ouest de la commune s’étendent les prairies de la plaine du Bassigny.
Le village de Varennes-sur-Amance repose sur une strate de grès infraliasiques du Rhétien-inférieur ».
https://fr.wikipedia.org/wiki/Varennes-sur-Amance
On y trouve à la fois les deux expressions de notre questionnement : le territoire Apance-Amance et la plaine du Bassigny.
Le complément « sur-Amance » apporté au toponyme de Varennes est relativement récent, il a été ajouté en 1847. On peut légitimement penser qu’un complément au nom de cette commune était nécessaire, car il n’y a pas moins de vingt-cinq « Varennes » en France avec la même orthographe ! Si ce besoin apparaissait légitime, pourquoi « sur-Amance » ? Généralement, lorsqu’on utilise un substantif avec un hydronyme, la rivière désignée traverse l’agglomération, mais il est vrai aussi qu’il y a de nombreuses exceptions. Dans le cas de Varennes, il existe un cours d’eau nommé « La Petite Amance », à 1,5 km du centre du village et en contrebas de celui-ci de 110 m. La rivière « Amance », proprement dite, est à 7 km. Il faut considérer aussi que Varennes, de part la dénivelée mentionnée ci-dessus, ne se situe pas dans l’une des nombreuses vallées des affluents de l’Amance ou de la Mance ; par exemple, il existe deux communes, Arbigny-sous-Varennes et Champigny-sous-Varennes, qui montrent bien cette différence de niveau avec Varennes, qui domine, de son clocher le pays de l’Amance constitué de ses multiples vallées.
A l’inverse, Varennes (à 360 m) est au même niveau que Lavernoy (à 350 m) situé sur le Lias du Bassigny et ces deux communes ne sont distantes que de 4,5 km. De même, les cartes d’état-major établies entre 1820 et 1866 montrent très nettement une surface agricole entre ces deux communes identique à celle d’aujourd’hui. Aussi, d’un strict point de vue géomorphologique, Varennes est sur la même « plateforme » que Lavernoy, plateforme que Wikipédia désigne sous le terme de « plaine du Bassigny ». Sur le plan de la géologie et de l’exploitation des sols, nous avons vu dans cet article que les cultures du Bassigny s’étaient étendues sans difficulté sur les quelques zones où le Lias avait disparu en laissant apparaître les grès de l’infralias, ce qui est le cas pour la surface où se situe Varennes.
Maintenant, on peut dire qu’au « Nord-Ouest de la commune s’étendent les prairies de la plaine du Bassigny » et qu’au Sud-Est de cette même commune, un abrupt plonge dans la vallée de la Petite Amance. Aussi, l’appartenance de Varennes à l’une ou l’autre de ces régions est laissée à l’appréciation du lecteur.

[17Annales de Géographie. 1901 – n°50 – Page 115.

[18Annales de Géographie. 1901 – n°50 – Renvoi n°2 de la Page 115.

[19Annales de Géographie. 1901 – n°50 – Renvoi n°1 de la Page 118.

[20Annales de Géographie. 1901 – n°50 – Renvoi n°1 de la Page 118.

[21Affluent rive droite de la Meuse.

[22Affluent rive droite du Vair.

[23Date de parution de la monographie de Lucien Gallois dans les Annales de Géographie.

[24Aujourd’hui, on sait que ces deux villes ont abandonné ce substantif inapproprié pour ce qui les concerne.

[25Pas plus que Vitry-en-Bassigny qui se dénommait également ainsi sous l’ancien régime, pour se transformer en Vitry-les-Nogent en 1793, appellation toujours en vigueur actuellement.

[26Annales de Géographie. 1901 – n°50 – Page 118.

[27Andilly-en-Bassigny (1924) ; Breuvannes-en-Bassigny (1972) ; Celles-en-Bassigny (1924) ; Champigneulles-en-Bassigny (1924) ; Fresnoy-en-Bassigny (1925) ; Marcilly-en-Bassigny, qui avait déjà cette appellation avant la révolution puis, perdit son substantif en 1793, pour le retrouver en 1924 ; Pouilly qui devint Pouilly-sur-Meuse en 1925, et ensuite Pouilly-en-Bassigny en 1936. Enfin, il faut citer une commune dont le toponyme a subi une évolution, pour le moins chaotique, il s’agit de Provenchère-en-Bassigny telle qu’elle s’appelait sous l’ancien régime, qui perdit son substantif à la révolution, puis adopta le toponyme composé de Provenchères-sur-Meuse en 1922, bien que cette commune soit incontestablement dans le Bassigny.

[28Annales de Géographie. 1901 – n°50 – Page 118 – Renvoi n°4.

[29Pour comprendre le partage des eaux dans cette région, se référer, sur ce même site, à l’article suivant : "LIGNE DE PARTAGE DES EAUX SUR LE PLATEAU DE LANGRES"

[30Annales de Géographie. 1901 – n°50 – Pages 118 et 119.

Dans le glossaire :
Inflorescence en ombelle   potentiel hydrogène  

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