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Alimentation en eau des forts des environs de Langres

Publié le 12 novembre , par FOURTIER Annita et Jean-Claude dans Pays de Langres

La place de Langres et des différents forts

Nous adressons nos vifs remerciements à Julie et Cédric VAUBOURG, pour les plans et certaines photos de l’article ci-dessous.
Vous pouvez consulter le site "fortiffsere.fr" pour de plus amples renseignements sur les forts.

Généralement construits sur les points hauts du terrain, l’alimentation en eau des forts était souvent délicate. Lorsque cette alimentation n’était plus possible à partir d’un puits ou d’une source, on avait recours aux sources artificielles ou système « ROUBY » du nom de leur inventeur. Ce système comportait trois éléments principaux :
-  Une surface de réception,
-  Un laboratoire ou filtre,
-  Une citerne

Le système consistait à recueillir les eaux de pluie, de descente et ruissellement dans la surface de réception, de les filtrer et de les stocker. Le bassin de réception et le laboratoire étaient toujours installés en avant du fond de gorge.
Le bassin de réception
Les bassins de réception figuraient généralement sous forme d’un rectangle ou d’un trapèze de 1000 à 2000 m2, selon la quantité d’eau à recueillir nécessaire aux besoins du fort.
L’expérience de recueil effectuée sur la Place de LANGRES avait permis de déterminer une recette utile de 700 litres par mètre carré de surface de réception et par an. Les besoins en eau en temps de guerre ayant été fixés par Décision Ministérielle de 1866 à 1 m3 par homme et par mois, il devenait aisé de calculer la surface du bassin. Le fond de celui-ci était constitué par une couche d’argile de 0.15 m d’épaisseur sur le sol naturel et présentant une pente de 1 à 3 % vers le filtre. Sur ce fond d’argile une couche de 0.10 m de sable de rivière et 0.25 m de pierres cassées avec parfois 0.15 m de gravier, assuraient le drainage. Les eaux réceptionnées s’écoulaient alors vers le laboratoire.

Le laboratoire ou filtre
Constitué d’une forme maçonnée de dimensions intérieures 1 m x 1 m et 1.25 m de profondeur, ce filtre comprenait deux compartiments séparés par un muret. Un trou à la base de celui-ci permettait le passage de l’eau d’une partie dans l’autre. Dans le compartiment près du bassin, les eaux recueillies s’écoulaient à travers du mâchefer, du gravier de broyeur et des débris de fer. Dans la deuxième partie, en partant du fond, l’eau traversait du sable de rivière et du mâchefer, avant de s’écouler par une canalisation vers les citernes du fort. L’ensemble du laboratoire était recouvert de sable et pierres cassées.
Les citernes
Creusées dans le sol, elles étaient maçonnées et enduites au ciment intérieurement pour recevoir l’eau en provenance des filtres. Leur contenance variait jusqu’à 300 m3. La consommation journalière était puisée par pompage dans un citerneau ou puisard étanche communiquant avec la citerne. D’autre part, l’évacuation du trop plein se faisait en partie haute du puisard vers les fossés du fort.
Le fonctionnement du système s’explique aisément : l’eau de pluie et de ruissellement après une première filtration s’écoule sur le fond d’argile du bassin vers le premier compartiment du filtre. La filtration et la minéralisation se poursuivaient dans le deuxième compartiment, le mâchefer pouvant être remplacé par une couche de vieux clous de fer.

La qualité de l’eau
Un rapport spécial de l’Inspecteur Général des Fortifications en 1879 indiquait que le fonctionnement des citernes dans les nouveaux forts occupés en 1878 (Dampierre, Cognelot, Pointe de Diamant, St-Menge et la Batterie du Mont), avait donné toute satisfaction. À l’arrivée de la garnison, les citernes étaient pleines et « aucune plainte n’a été présentée par les intéressés sur la qualité de l’eau ».
De même pour les eaux d’infiltration, en juillet 1879, le Lieutenant-colonel, Chef du Génie de la Place responsable des installations, écrivait : « Toutes les eaux des citernes sont recueillies sur les chapes asphaltées des casemates recouvertes d’une couche de graviers sans qu’on ait eu besoin de recourir à celles des grands talus ou parados. Les citernes se sont remplies la première année de leur fonctionnement, et on n’a pris aucune mesure particulière pour ce premier remplissage et leur lavage. Bien qu’ayant un léger goût de ciment la première année, l’eau a été consommée par les troupes dès 1875 dans les ouvrages en construction. À la Pointe de Diamant et au Cognelot, les eaux se sont corrompues dès la fin de l’été, mais cet accident ne s’est pas renouvelé dans ces forts et n’est pas arrivé dans les autres. L’eau est pure, limpide et hygiénique et tout porte à croire qu’elle restera telle par la suite de son renouvellement annuel assuré par la présence d’une nombreuse garnison d’été.
En résumé, les citernes se remplissent et au-delà, pendant les périodes de pluies, leur eau est de bonne qualité. Les puits donnent le débit porté au tableau et leur eau a les mêmes qualités que de nombreuses sources de voisinage ».
Cependant avec le temps les systèmes ROUBY mal entretenus présentaient un colmatage de la surface de réception. Les herbes commençaient à y pousser et le bassin ne remplissait plus son rôle. Ainsi le Général Gouverneur de LANGRES prescrivait au Chef du Génie de faire le nécessaire pour les installations de St-Menge et du fort de la Pointe, dont les citernes ne se remplissaient plus. Ces surfaces avaient déjà été réfectionnées en 1892 et 1894. Le service du Génie proposait de recouvrir la surface du bassin par une couverture en tuiles afin d’éviter le colmatage, solution qui ne fut pas retenue.

Le Fort de la Bonnelle :

Construit pour l’infanterie et l’artillerie, la capacité de ce fort d’arrêt en temps de guerre était de 13 Officiers, 46 Sous-officiers, 610 hommes, 2 employés du télégraphe et 16 places d’infirmerie : ce qui constituait un effectif global de 687 hommes plus 4 chevaux. Ce fort édifié sur un terrain à l’altitude 460 m continuera de subir des améliorations jusqu’en 1887. Il n’existait pas de four à pain pour la garnison du fort, la place très proche lui fournissait son approvisionnement. Une citerne de 340 m3 était alimentée par un puits profond de 27 m débitant 15 à 20 m3 en 24 heures.

Le fort de Peigney ou Constance Chlore

ancien lavoir extérieur

Son ravitaillement en eau était assuré par 3 puits d’un débit total de 20 m3 par 24 heures, creusés à une profondeur de 10.50 mètres. Un système Rouby, avec citerne, complétait son approvisionnement en eau. Les 5 fossés diamant du réduit assuraient 8 m3 d’eau en 24 heures en la canalisant vers le bassin de réception de Rouby. De même que la Bonnelle, il ne possédait pas de four à pain, cependant l’installation de fours provisoires en tôle était prévue.

citerne à l’intérieur du fort
ancien support de pompe
Laissez-Passer

Le fort de la Pointe de Diamant

Situé à l’altitude 454 m, un puits creusé à une profondeur de 45 m n’a jamais donné d’eau. Le ravitaillement en eau était alors assuré par une source artificielle Rouby alimentant une citerne de 233 m3 et ordinairement par la source naturelle de l’Arbelotte, située à 1 km du fort. Une citerne de secours récupérait les eaux d’infiltration sur les casemates.

ancien lavabo

Le fort de St-Menge

Un puits de 26 m de profondeur, d’un débit de 10 m3 par 24 heures, assurait l’approvisionnement en eau, celui-ci était complété par une citerne de 200 m3 alimentée par un système Rouby. Par ailleurs le plateau de Jorquenay à proximité offrait plusieurs sources naturelles. La principale à 500 m en avant du front de gorge débitait 10 m3 par 24 heures. L’existence d’un seul four à pain était jugée nettement insuffisante.

Le fort de Cognelot

Une grande citerne de 520 m3 et trois de 8 m3 étaient alimentées par les eaux d’infiltration récupérées sur les chapes et par un puits débitant 8 à 10 m3 puisant à une profondeur de 19 mètres. Une source naturelle abondante sur le front Nord-est était également captée. Comme St-Menge, son seul four à pain ne pouvait suffire à alimenter sa garnison.

Le fort de Dampierre

Deux fours à pain, de 4 m de diamètre intérieur avec paneterie et magasins, permettaient la fabrication du pain pour la garnison du four. Deux puits de 35 m et 28 m de profondeur avec des hauteurs d’eau de 3 et 4 m permettant un débit de 8 à 10 m3 par 24 heures assuraient la consommation d’eau journalière. Les réserves d’eau étaient constituées par 4 citernes, deux de 570 m3, une de 240 m3 et une de 180 m3, soit une contenance globale de 1400 m3 environ. Ces citernes étaient alimentées par les eaux de ruissellement recueillies sur les chapes des casemates, collectées par un aqueduc en maçonnerie enterrée. Le fort ne possédait pas de source artificielle. Un égout collectait les eaux usées, les eaux de trop plein des citernes et les canalisait vers les fossés.

ancien lavabo

Le fort de Plesnoy

Crédits: J.C. FOURTIER
façade du bâtiment

Deux puits à l’intérieur du réduit alimentaient deux citernes de 100 m3. Par ailleurs un système Rouby en avant du front de gorge assurait le complément d’approvisionnement en eau.

Crédits: J.C. FOURTIER
salle donnant sur le fossé
Crédits: J.C. FOURTIER
ancienne salle à poudre
Crédits: M. CAUCHOIS
vue de dessus du puits

Dans le glossaire :
potentiel hydrogène  

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Positions   Recaler

Lat: 47° 57' 04.13" N
Lon: 5° 44' 45.68" E
Bourbonne-les-Bains - Fontaine chaude


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