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Monastère des Annonciades Célestes de Langres

Publié le 5 février , par FOURTIER Jean-Claude , VIARD Georges dans Pays de Langres

1) Monastère des Annonciades Célestes de Langres :


Cette congrégation fut fondée à Gênes en 1604 par Maria-Vittoria Fornari (1562-1617),
veuve d’Angelo Strata et mère de 9 enfants (dont 5 seulement atteignirent l’âge adulte :
2 filles devenues chanoinesses et 3 garçons entrés chez les Minimes). Elle regroupait des
religieuses cloîtrées, consacrées à la contemplation et à la méditation des mystères de la vie de Marie en particulier l’Annonciation. Les constitutions, rédigées par le père Zanoni, Jésuite, furent approuvées par Rome le 15 mars 1604. Maria-Vittoria prit le voile le 5 août 1604 et fit profession le 7 septembre 1605. Cette nouvelle famille religieuse connut une expansion rapide à travers l’Europe, grâce à l’action des Jésuites : Pontarlier (1612), Vesoul
(1613), Nancy (1616). La maison de Nancy fille de Vesoul, essaima elle-même à Saint-Mihiel (1619), à Joinville (1621) et Paris (1622).

C’est de Paris qu’arrivèrent le 23 octobre 1623 à Langres les premières religieuses ;
elles étaient en réalité originaires de Lorraine, en particulier la prieure Marie-Marguerite
Chopin et la sous-prieure Marie-Nicole-Bernard Caffrelay. Elles répondaient à l’appel lancé dès 1616-1620 par plusieurs jeunes Langroises (dont une sœur de Jeanne Mance, Marguerite, qui renonça en fait à suivre cette vocation), désireuses d’entrer dans une congrégation consacrée à la Vierge. L’évêque de langres Sébastien Zamet songeait lui-même à installer à Langres une telle congrégation. Le 21 juin 1623, un brevet royal accordait l’autorisation et, le 10 août suivant, des lettres patentes invitaient les autorités locales à faciliter une telle fondation.
Les religieuses s’installèrent chez Edme Bourrelier, rue de l’Homme Sauvage (Barbier d’Aucourt) ; la fille de ce dernier fut admise comme postulante le 12 novembre suivant. Peu après, les Annonciades acquirent un ensemble de maisons et de jardins en haut de la rue Longe-Porte, puis entreprirent la construction de leur église (achevée en 1684), suivie de celle de leur couvent (1704-1708).Elles devaient y rester jusqu’à la Révolution, qui transforma la chapelle en huilerie, puis en brasserie. Elles purent y revenir dès 1805 et y vivre selon leurs constitutions jusqu’à leur départ en1984 pour Saint-Loup que les dernières Annonciades de France quittèrent en 2002 (une seule de ces religieuses * vit encore aujourd’hui dans une maison de retraite médicalisée à Dijon).

Visitant en 1734 le couvent de leurs voisines, les Dominicaines l’avaient trouvé « spacieux, d’une propreté charmante ; tout y était marqué au coin de la simplicité religieuse ». Rien ne peut mieux définir la vie des Annonciades au long des trois siècles et demi de leur existence, centrée sur la prière et la méditation, et menée à l’abri d’une clôture très strictement respectée. Beaucoup de religieuses étaient d’origine langroise, plutôt citadines avant 1789, plutôt rurales aux XIXe-XXe siècles. Loin d’être en marge de la cité, elles vivaient en partie des générosités des fidèles, distribuaient des aumônes aux familles pauvres et aux prisonniers, priaient au long des jours pour tous ceux qui les sollicitaient. Leur église resta jusqu’à leur départ ouverte à tous, et bien des neuvaines ou des cérémonies liturgiques attirèrent vers elle de nombreux fidèles.

Leur départ en 1984, devenu inéluctable par suite de la diminution des vocations, posait la question du devenir des bâtiments, qui avaient conservé en grande partie leur configuration originelle et se trouvaient protégés en qualité de monuments historiques. Le couvent lui-même fut vendu à l’hôpital de Langres, pour en faire une maison de retraite, aujourd’hui transférée et transformée en bureaux administratifs. La chapelle et ses annexes, conservées par le diocèse, abritent depuis lors un dépôt d’art sacré, géré par l’Association de Sauvegarde de l’Art sacré en Haute-Marne (ASAS 52), destiné à la conservation et à la mise en valeur des objets d’art provenant des maisons religieuses et des églises, ainsi qu’à la sauvegarde des objets liturgiques devenus obsolètes après le Concile, mais qui demeurent des témoins authentiques de la piété de nos pères.

Georges Viard

*[Elle est décédée en janvier 2019]

2) Alimentation en eau du monastère :

Avant 1920, le monastère était alimenté par un puits et 5 citernes.
Sur le plan : le point bleu indique la position du puits ; les points verts positionnent les citernes

Crédits: Julie PIRON
Plan du monastère
Crédits: J.C. Fourtier
Dessus de la citerne, dans la cour

L’eau de pluie descendait dans cette cavité.

Crédits: J.C. Fourtier
Façade intérieure du bâtiment

Les deux citernes sur la cour, côté jardin, alimentaient les lavoirs situés au niveau du sol dallé.
La citerne, au coin de la salle de travail (rez-de- chaussée à gauche du bâtiment), avait une pompe en cuivre. L’eau pouvait être utilisée pour arroser le jardin.

Dans la buanderie du sous-sol, il existait un lavoir dont l’eau arrivait pratiquement au niveau du sol. Il a disparu depuis la vente du bâtiment.
Il subsiste toujours des cuves en pierre dans lesquelles la religieuse faisait tremper le linge..

Crédits: J.C. FOURTIER
Cuves restantes
Crédits: J.C. Fourtier
Bac de trempage
Crédits: J.C. Fourtier
Autres cuves de trempage

Pour faire sécher le linge dans la buanderie, ce n’était pas des fils mais des planches en bois, ce qui évitaient les marques sur le linge.


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Lat: 47° 52' 01.09" N
Lon: 5° 20' 07.5" E
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