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Le moulin de Baissey : visite d’un « écomusée » de la meunerie

Baissey (52)

Un moulin est un monde complexe dont toutes les parties doivent fonctionner en synergie : du rez-de-chaussée au dernier étage tout doit travailler en harmonie, chaque élément doit être coordonné avec les autres et doit jouer à la perfection sa partition et concourir au mieux à sa raison d’être : produire de la manière la plus efficace la meilleure farine.


Comme différentes strates géologiques habituellement superposées peuvent, quelquefois, se retrouver mélangées, le moulin de Baissey présente juxtaposées sur un même espace des machines qui se succédèrent dans le temps. Depuis le triage du grain à son arrivée jusqu’à la mise en sac de la farine, en passant par le criblage et le blutage, toutes ces machines d’époques différentes coexistent dans un sympathique désordre …et une légère couche de poussière blanche, car le moulin fonctionne encore et produit une farine que le visiteur pourra acheter.

Crédits: G & P Ledoux
La farine produite de nos jours par le moulin de Baissey.
Le moulin de Baissey produit et vend (à un prix modique) à ses visiteurs une farine faite à partir d’un blé de qualité bio venant de Dommarien. (Ce document est rattaché à l’article : "le moulin de Baissey :visite d’un écomusée de la meunerie en Haute-Marne.")

On peut voir un bon nombre de balances et de mesures de toutes tailles dans le moulin, car il était impératif de tout mesurer avec précision, du grain qui arrivait au moulin à la farine qui en ressortait.

Mesures et balances.
Mesures à grain et balances de toutes tailles et de différentes époques cohabitent dans le moulin car il a toujours été nécessaire de pouvoir peser les marchandises entrantes et sortantes avec précision. (Ce document est rattaché à l’article : "le moulin de Baissey :visite d’un écomusée de la meunerie en Haute-Marne.")

Il fallait ensuite débarrasser le grain de ses impuretés (petits cailloux, morceaux de paille etc…) dans un crible ou différentes sortes de tamis, par gravitation ou par rotation, pour au début du 20ème siècle le nettoyer dans une « machine à brosser » qui permettait d’obtenir une farine très blanche.

Crédits: G & P Ledoux
Une machine à brosser le grain.
Dans le cylindre tournant selon un axe incliné de cette machine à brosser le grain, la gravité associée à la rotation et à l’inclinaison permettait obtenir un grain d’une grande propreté. (Ce document est rattaché à l’article : "le moulin de Baissey :visite d’un écomusée de la meunerie en Haute-Marne.")

La grande meule est composée de 2 parties : la meule dormante et la meule tournante.
« Elles sont enfermées à l’intérieur d’une archure, sorte de coffre en bois polygonal qui empêche la mouture de s’échapper, nous dit le guide qui officie à la visite du moulin. Les meules sont composées de carreaux de silex ou pierre meulière assemblés au plâtre ou au ciment et cerclés d’un bandeau de fer posé à chaud. Des rainures, les éveillures, sont creusées à l’aide d’un marteau spécial sur la partie intérieure des meules, c’est le rhabillage. Un doigt pousse le grain dans les rayons vers l’extérieur. Le grain est coupé, et non écrasé. »
La potence permet de soulever la meule tournante afin de rhabiller les meules, c’est-à-dire de retailler les rainures afin que les meules gardent leur efficacité. Mais cela ne suffisait pas pour que celle-ci soit optimale : il fallait aussi veiller à régler l’écart entre les 2 meules qui doivent être parfaitement horizontales et ne jamais se toucher car cela pourrait générer des étincelles (leur surface est en silex) et entraîner l’incendie du moulin.

La grande meule.
La grande meule est celle qui fut utilisée dans la période la plus faste du moulin : elle permettait de moudre d’importantes quantités de grain. La taille du sac à sa droite donne une idée de sa taille et laisse imaginer son poids. (Ce document est rattaché à l’article : "le moulin de Baissey : visite d’un écomusée de la meunerie en Haute-Marne.")

Le moulin moderne dont on se sert aujourd’hui pour produire la farine du moulin se compose de plusieurs parties. Reprenons la visite :
« Il se compose de la trémie, sorte de réservoir en entonnoir, en bois, dans lequel le meunier verse le blé. Le blé descend peu à peu dans un auget. Le babillard, petite pièce en bois à facettes qui produit le tic-tac du moulin, actionne l’auget en le secouant et fait descendre le blé dans le trou central, l’oeillard, de la meule supérieure. Le réglage du débit est important afin d’éviter le bourrage. Afin d’éviter que les meules en silex ne se touche faute de grain et produisent des étincelles capables de mettre le feu au moulin, on enfouit un chiffon dans le grain près du fond de la trémie, et par un système ingénieux de cordelettes, une petite cloche, attachée au bout de l’une des cordelettes se met à sonner dès que le chiffon apparaît, indiquant au meunier qu’il est temps de remettre du blé dans la trémie, ou d’arrêter le moulin, ou de se réveiller… »

Crédits: G & P Ledoux
Le moulin actuel en fonctionnement.
Ce moulin que l’on peut voir fonctionner au premier étage envoie la mouture par une canalisation contenant une vis sans fin au rez de chaussée où elle arrive directement dans la bluterie. (Ce document est rattaché à l’article : "le moulin de Baissey : visite d’un écomusée de la meunerie en Haute-Marne.")

A partir du 18ème siècle, au lieu de rendre au client la mouture mélangeant farine et son, on adopte le blutage qui permet d’obtenir suivant les désirs différentes qualités de farines :
« La mouture est envoyée dans la bluterie, long tambour horizontal légèrement incliné sur lequel est tendu une étamine et qui tourne sans fin. Selon la finesse des soies blutantes, la farine ainsi tamisée contient plus ou moins de son, est donc plus ou moins blanche : cela correspond à nos types de farine (type 45, type 60 etc. que l’on utilise pour faire du pain complet, semi-blanc, blanc ou en pâtisserie. La farine la plus blanche est blutée en premier. »

Crédits: G & P Ledoux
La bluterie au rez-de-chaussée.
La bluterie du rez-de-chaussée en train de foctionner : elle permet de bluter la mouture, c’set-à-dire de séparer le son (à gauche) de la farine (à droite). (Ce document est rattaché à l’article : "le moulin de Baissey : visite d’un écomusée de la meunerie en Haute-Marne.")

A l’étage, la chambre des farines était une grosse bluterie utilisée à l’apogée de la production du moulin. Sur un de ses côtés extérieurs se trouvent une série de guichets qui permettaient de remplir des sacs de types de farine de grosseur différentes en fonction du type de grains moulus.

Crédits: G & P Ledoux
Les guichets de la chambre des farines.
La chambre des farines était une énorme bluterie permettant de bluter des quantités très importantes de mouture. Selon le désir des clients d’obtenir une farine plus ou moins raffinée, celle-ci était mise en sac à partir du guichet qui correspondait à sa qualité. (Ce document est rattaché à l’article : "le moulin de Baissey : visite d’un écomusée de la meunerie en Haute-Marne.")

Avec le développement de la sidérurgie est apparu le moulin à cylindre dans lequel le grain était écrasé entre deux rouleaux en fonte à la grande fierté du meunier qui le faisait mentionner sur sa marque imprimée au pochoir sur les sacs de farine de son moulin.

Crédits: G & P Ledoux
Une meule à cylindres.
Le grain versé dans la trémie (partie supérieure en forme d’entonnoir) descendait entre les rouleaux de fonte où il était écrasé. Ce type de meule vit le jour grâce au développement de la sidérurgie au dix-neuvième siècle. (Ce document est rattaché à l’article : "le moulin de Baissey : visite d’un écomusée de la meunerie en Haute-Marne.")

Il reste encore beaucoup de choses à voir dans le moulin de Baissey : le format de cet article ne permet pas d’être exhaustif, mais d’inciter le lecteur à aller visiter sur place un moulin dont nous n’avons donné ici qu’un très faible aperçu. Nous remercions les membres de l’association des Amis du moulin qui nous ont accueillis avec gentillesse et dévouement et en particulier l’abbé Paul Houdard ainsi que Madame Reveillon qui nous a fourni le texte de la visite afin de nous faciliter la rédaction de cet article. Encore merci à tous.

Crédits: G & P Ledoux
Ouverture du moulin de Baissey.
Horaires et jours d’ouverture du moulin de Baissey en 2016.(Ce document est rattaché à l’article : "le moulin de Baissey : visite d’un écomusée de la meunerie en Haute-Marne.")

Voyez également :

Dans le glossaire :
potentiel hydrogène  

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Lat: 47° 45' 09.46" N
Lon: 5° 15' 07.2" E
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