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	<title>Chemins de l'eau</title>
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		<title>Chemins de l'eau</title>
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		<title>Restauration de la digue de Villegusien </title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>MAUCOLIN Jean-Pierre</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Restauration de la digue de Villegusien par les prisonniers de guerre allemands de 1915 &#224; 1917 : Une utilisation &#233;conomique ! &lt;br class='autobr' /&gt;
En octobre 1914, une avarie s'est produite &#224; la digue du r&#233;servoir de Villegusien qui alimente le canal de la Marne &#224; la Sa&#244;ne et qui avait &#233;t&#233; fra&#238;chement inaugur&#233; en 1905 (aujourd'hui appel&#233; le canal entre Champagne et Bourgogne). Le talus et son rev&#234;tement se sont affaiss&#233;s en deux endroits d'une longueur de 450 m&#232;tres sur 1280 m&#232;tres de la totalit&#233;. La cause a &#233;t&#233; provoqu&#233;e (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://chemindeleau.com/-Le-pays-de-la-Vingeanne-et-du-.html" rel="directory"&gt;Le pays de la Vingeanne du Salon et du Vannon&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://chemindeleau.com/local/cache-vignettes/L150xH117/arton288-69fd9.jpg?1733625841' width='150' height='117' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Restauration de la digue de Villegusien par les prisonniers de guerre allemands de 1915 &#224; 1917 : Une utilisation &#233;conomique !&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1914, une avarie s'est produite &#224; la digue du r&#233;servoir de Villegusien qui alimente le canal de la Marne &#224; la Sa&#244;ne et qui avait &#233;t&#233; fra&#238;chement inaugur&#233; en 1905 (aujourd'hui appel&#233; le canal entre Champagne et Bourgogne).&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_3482 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;dt&gt; &lt;div class=&#034;boximg&#034;&gt; &lt;a href='https://chemindeleau.com/IMG/jpg/deversoir.jpg' title='' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='' width='' height='' alt='' style='max-width: 500px; max-height: 10000px' /&gt; &lt;/a&gt; &lt;/div&gt; &lt;/dt&gt; &lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le talus et son rev&#234;tement se sont affaiss&#233;s en deux endroits d'une longueur de 450 m&#232;tres sur 1280 m&#232;tres de la totalit&#233;. La cause a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par la baisse volontaire du niveau de l'eau, par crainte de sabotage par d'&#233;ventuels agents allemands au d&#233;but de cette guerre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a fallu entreprendre, de suite, des travaux de consolidation des parties non &#233;boul&#233;es et de restauration des parties &#233;boul&#233;es. A cette fin, une demi-compagnie de sapeurs du g&#233;nie, puis une centaine d'auxiliaires de place-forte ont &#233;t&#233; mis &#224; disposition par le gouverneur militaire de Langres. Toutefois, ces militaires ont &#233;t&#233; tr&#232;s vite envoy&#233;s vers une autre utilisation et retir&#233;s du chantier de Villegusien.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_3483 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;dt&gt; &lt;div class=&#034;boximg&#034;&gt; &lt;a href='https://chemindeleau.com/IMG/jpg/villegusien_la_digue.jpg' title='' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://chemindeleau.com/local/cache-vignettes/L500xH330/villegusien_la_digue-9937c-ba583.jpg?1733625841' width='500' height='330' alt='' /&gt; &lt;/a&gt; &lt;/div&gt; &lt;/dt&gt; &lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'ing&#233;nieur en chef des Ponts et Chauss&#233;es de Chaumont demande l'envoi de prisonniers de Guerre pour &#234;tre employ&#233;s aux travaux de r&#233;paration, par un rapport du 22 janvier 1915 adress&#233; au ministre de la guerre, apr&#232;s l'avis favorable de la Commission de navigation de campagne. Apr&#232;s divers &#233;changes avec cette Commission et avec le G&#233;n&#233;ral de Division, commandant la 21&#232;me R&#233;gion militaire, l'envoi des 100 premiers prisonniers allemands est d&#233;cid&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier d&#233;tachement, provenant du d&#233;p&#244;t d'Aurillac, arrive le 11 mars 1915 en gare de Villegusien, dans deux wagons d'un train militaire transportant des soldats fran&#231;ais vers le front. Ils &#233;taient surveill&#233;s par un sergent, un caporal et dix hommes du d&#233;tachement de la garde du chantier du 51&#233;me Territorial d'Infanterie qui &#233;tait arriv&#233; le 5 mars &#224; Villegusien. Ils &#233;taient all&#233;s les attendre &#224; Is-sur-tille au cours de la nuit qui pr&#233;c&#233;dait. Les deux wagons ont &#233;t&#233; d&#233;tach&#233;s du train et gar&#233;s vers le terre-plein des marchandises. Le d&#233;tachement allemand est compos&#233; de 86 hommes de troupe, 1 officier, 11 sous-officiers, 3 sergents-majors.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s l'appel nominal, les prisonniers, mis en rang par quatre, sont conduits au port de Villegusien et install&#233;s dans les bateaux pr&#233;par&#233;s par l'Administration des Ponts et Chauss&#233;es. La travers&#233;e du village se d&#233;roule sans difficult&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussit&#244;t arriv&#233;s, des officiers sup&#233;rieurs fran&#231;ais de la Place de Langres visitent l'installation et interrogent quelques prisonniers avec l'aide de M. Forgeot, soldat au d&#233;tachement de la garde et interpr&#232;te militaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vers 16 heures trente, les 5 bateaux sont dirig&#233;s vers le stationnement pr&#233;vu en aval du pont de Pi&#233;pape, &#224; &#233;gal distance du chantier de Bize-l'Assaut et du village de Villegusien, lieu choisi par le chef du d&#233;tachement de la Garde, le sous-lieutenant Leconte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le bateau n&#176;28 part en premier avec les cuisiniers allemands qui pr&#233;parent le repas du soir ; le n&#176;42 et le n&#176;27 suivent avec les autres prisonniers ; le n&#176;25 sert de cuisine et de r&#233;fectoire du d&#233;tachement de la Garde et au logement du sous-lieutenant Leconte, chef du d&#233;tachement ; le n&#176;26 sert de dortoir aux soldats de la Garde. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le 15 mai 1915, l'Administration demande l'envoi de 100 prisonniers suppl&#233;mentaires afin de pouvoir donner le meilleur rendement aux travaux. Ce second groupe arriva le 10 juillet 1915, provenant du d&#233;p&#244;t de Montlu&#231;on. Il fut ajout&#233; dans les m&#234;mes conditions que la venue du premier groupe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, l'Administration avait &#171; profit&#233; &#187;, le 8 novembre1915, du renvoi vers Montlu&#231;on, de 11 soldats reconnus inaptes du fait de leurs blessures et handicaps, de 6 soldats polonais transf&#233;r&#233;s vers un camp sp&#233;cial et de sous-officiers en surnombre pour surveiller leurs soldats. Ces sous-officiers &#233;taient entretenus par l'Administration et ne travaillaient pas ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;tachement de la Garde fut renforc&#233; passant de 54 &#224; 79 Hommes dont le sous-lieutenant et un interpr&#232;te. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'emplacement du cantonnement des Prisonniers : Les prisonniers sont r&#233;partis sur deux sites principaux, au chantier de la digue proche du village de Villegusien et au chantier d'extraction d'enrochements dans la carri&#232;re de Bize-l'Assaut, le long du canal et &#224; 2 kms en aval du village de Pi&#233;pape, lui-m&#234;me &#224; 2 kms en aval de Villegusien.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'arriv&#233;e des allemands, le cantonnement avait &#233;t&#233; install&#233; entre les deux chantiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les prisonniers sont log&#233;s, jusqu'au 9 juin 1915, dans des p&#233;niches ramen&#233;es au port de Villegusien. En cet endroit am&#233;nag&#233;, l'on pouvait accoler les p&#233;niches deux par deux et grouper tous les bateaux dans un espace facile &#224; surveiller avec une cl&#244;ture de fils de fer et avec des portes d'acc&#232;s aux extr&#233;mit&#233;s. L'avantage annonc&#233; &#233;tait d'&#233;loigner les curieux, les visiteurs qui venaient voir les &#171; Boches &#187; si l'on en juge par les courriers et cartes postales retrouv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_3478 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;dt&gt; &lt;div class=&#034;boximg&#034;&gt; &lt;a href='https://chemindeleau.com/IMG/png/villegusien_port_bateauximage1.png' title='' type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://chemindeleau.com/local/cache-vignettes/L500xH340/villegusien_port_bateauximage1-eacf4-3fd3f.png?1733625841' width='500' height='340' alt='' /&gt; &lt;/a&gt; &lt;/div&gt; &lt;/dt&gt; &lt;/dl&gt; &lt;p&gt;Des baraques en planches ont &#233;t&#233; construites lors de ce retour vers le port. M&#234;me si le nombre de bateaux reste fix&#233; &#224; 7, 3 sont affect&#233;s aux dortoirs, 3 autres avec des tables et bancs sont r&#233;serv&#233;s aux cuisines et r&#233;fectoire, dont 2 &#224; Villegusien et 1 &#224; Bize-l'Assaut pour le repas en milieu de journ&#233;e des hommes travaillant &#224; la carri&#232;re. Le 7&#233;me bateau est au cantonnement et sert de police, de lieu de d&#233;pouillement et de v&#233;rification des colis postaux et correspondances envoy&#233;s aux prisonniers. Un nombre important de ces colis fut envoy&#233; au d&#233;but de la guerre puis baissa rapidement. Les familles allemandes s'appauvrissant r&#233;duisent les envois. Un local sert d'infirmerie et un autre de prison.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Administration fournit la paille de couchage qu'elle remplace une fois par mois &#224; raison de 5 kg par homme. Elle assume les frais d'&#233;clairage et de chauffage en hiver.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les sous-officiers allemands, et l'aspirant qui a sa cabine, sont group&#233;s &#224; part. &lt;br class='autobr' /&gt;
La nourriture est &#224; la charge de l'Administration. Les repas sont pr&#233;par&#233;s par 6 prisonniers choisis comme cuisiniers. Le pain est fourni par la manutention de l'arm&#233;e fran&#231;aise de Langres. La viande est achet&#233;e par le d&#233;tachement de Garde qui a install&#233; une boucherie sur place pour ses besoins. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'eau provient de puits voisins puis&#233;e dans diverses propri&#233;t&#233;s, cherch&#233;e par des prisonniers encadr&#233;s par des soldats fran&#231;ais arm&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;tachement de garde a &#233;t&#233; install&#233; dans une p&#233;niche puis, apr&#232;s l'augmentation des prisonniers, il a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; dans un vaste b&#226;timent de l'ancien orphelinat, proche du canal et du cantonnement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les prisonniers ont re&#231;u par le soin de l'autorit&#233; militaire des v&#234;tements d'&#233;t&#233; et des v&#234;tements d'hiver de drap et de velours. Les mauvaises chaussures ont &#233;t&#233; remplac&#233;es par des brodequins. Les chaussures &#233;taient aussi r&#233;par&#233;es par des soldats allemands cordonniers et les habits par des tailleurs. A son arriv&#233;e, chaque prisonnier poss&#233;dait une demi-couverture de campement pour dormir sur la paille au fond de la p&#233;niche. Une couverture suppl&#233;mentaire fut attribu&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le service m&#233;dical est assur&#233; par un m&#233;decin -major de 2&#233;me classe de la Place de Langres du 33&#233;me R&#233;giment Territorial d'Infanterie, le Docteur Duch&#234;ne, qui vient visiter les malades trois fois par semaine mais qui semble ne pas &#234;tre appr&#233;ci&#233; par l'Administration. A la fin du camp et bien apr&#232;s les travaux sur la digue, le Docteur Albert Marcel Kornprobst, habitant de Prauthoy, assura cette fonction du 13 f&#233;vrier 1919 et est mis en cong&#233; illimit&#233; de d&#233;mobilisation le 6 mars 1919.&lt;br class='autobr' /&gt; Un prisonnier, qui poss&#232;de quelques connaissances m&#233;dicales, remplit les fonctions d'infirmier et il est charg&#233; de faire respecter les prescriptions du m&#233;decin et d'examiner les hommes qui se portent malades. La cabine centrale du bateau n&#176; 42 servait de local sanitaire o&#249; &#233;taient install&#233;es deux paillasses pour recevoir les malades et bless&#233;s s&#233;rieusement atteints.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon l'Administration, l'&#233;tat sanitaire est bon. &#171; Gr&#226;ce &#224; quelques punitions inflig&#233;es &#224; de pr&#233;tendus malades, la moyenne journali&#232;re des indisponibles est descendue de 12 quand il n'y avait que 100 prisonniers, &#224; 10 depuis qu'il y en a 200. La moyenne de 12 malades pour la p&#233;riode du 12 mars au 10 avril 1915 para&#238;t excessive &#224; l'Administration. En r&#233;alit&#233;, il reste environ et habituellement 150 travailleurs employ&#233;s, si l'on retire tous les prisonniers occup&#233;s &#224; des t&#226;ches de fonctionnement : cuisine, cordonniers, tailleurs, interpr&#232;te, sous-officiers et malades, bless&#233;s, punis et &#233;vad&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Il est &#224; noter que l'&#233;tat de sant&#233; de certains n'&#233;tait pas brillant suite &#224; de s&#233;rieuses blessures de guerre. &#171; Le d&#233;p&#244;t d'Aurillac a envoy&#233; une douzaine d'hommes qui souffrent encore de leurs anciennes blessures ou infirmit&#233;s d&#232;s qu'ils doivent fournir un effort &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus &#171; certains hommes parfaitement valides d&#233;cident de temps en temps qu'ils n'iront pas au chantier sous le pr&#233;texte qu'ils ont mal aux reins, ressentent des coliques etc. Naturellement, l'infirmier les reconna&#238;t tous malades. Le m&#233;decin-major n'est pas plus s&#233;v&#232;re et leur accorde au moins le b&#233;n&#233;fice de &#171; la consultation motiv&#233;e &#187; qui &#233;vite toute punition.&lt;br class='autobr' /&gt; On d&#233;couvre que l'appr&#233;ciation &#224; porter sur l'incapacit&#233; physique des 12 premiers soldats &#233;tait sujet d'insatisfaction entre le sous-lieutenant Leconte et le docteur Duch&#234;ne qui r&#233;sistait et d&#233;clarait qu'il ne pouvait en signaler que quatre comme incapables d'accomplir convenablement et d'une fa&#231;on suivie le travail demand&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Cette r&#233;ponse ne peut satisfaire l'Administration des Ponts et Chauss&#233;es qui d&#233;sire avant tout avoir des travailleurs et non des &#233;clop&#233;s ; aussi, nous estimons qu'il convient de faire renvoyer au d&#233;p&#244;t d'Aurillac les douze prisonniers dont il s'agit apr&#232;s qu'ils auront &#233;t&#233; examin&#233; par un m&#233;decin autre que le docteur Duch&#234;ne si c'est reconnu n&#233;cessaire &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici le parcours singulier de Leo St&#228;bler, soldat allemand et alsacien qui fait l'objet d'un article de Le Spectateur du 27 d&#233;cembre 1916, &#171; Conseil de Guerre de la 21&#233;me R&#233;gion &#187; et du journal &#171; En Avant, du 3 janvier 1917 &#171; Parade d'Ex&#233;cution (&#224; Chaumont) &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce soldat du 14&#233;me chasseur &#224; pied allemand, prisonnier de guerre &#224; Villegusien, est inculp&#233; de refus d'ob&#233;issance pour avoir, le 24 septembre dernier (1916), refus&#233; d'ob&#233;ir au lieutenant Leconte, commandant le d&#233;p&#244;t de guerre de Villegusien, qui lui prescrivait de prendre un sac pour man&#339;uvrer au peloton de punition. St&#228;bler avait re&#231;u, &#224; l'Hartmannwillerkopf, des blessures dont l'une lui occasionna la perte de l'&#339;il gauche. Fait prisonnier par les Fran&#231;ais, il fut soign&#233; dans diff&#233;rents h&#244;pitaux et enfin reconnu gu&#233;ri, fut envoy&#233; au camp de Villegusien &#8230;. Le Conseil de guerre condamne St&#228;bler a 10 ans de travaux publics. Ce soldat est n&#233; pr&#232;s de Wissembourg en Alsace. Tr&#232;s gri&#232;vement bless&#233; au bras droit, au poumon droit et &#224; la t&#234;te avec une ablation de l'&#339;il gauche, suspect de tuberculose, on le retrouve &#224; l'h&#244;pital compl&#233;mentaire de la place d'Embrun puis de Brian&#231;on, transf&#233;r&#233; &#224; Barcelonnette le 5 mai 1916, de Barcelonnette au Fort-Varois le 10 mai 1916, du Fort-Varois au Fort d'Asni&#232;res (pr&#232;s de Dijon) le 19 juin 1916. Il arrive donc le 12 septembre 1916 &#224; Villegusien. Ce prisonnier, qui avait &#233;t&#233; signal&#233; comme anim&#233; d'un mauvais esprit de discipline et comme individu &#224; surveiller, avait quitt&#233; la prison militaire de Chaumont le 1er avril 1917 et &#233;tait dirig&#233; sur le p&#233;nitencier d'Avignon. A nouveau, il est reconduit au Fort-Varois (sanitaire &#224; c&#244;t&#233; de Dijon), en septembre 1917. Apr&#232;s, l'histoire n'est plus connue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux soldats prisonniers allemands sont morts en travaillant &#224; Villegusien : H&#252;gel Joseph, le 18 janvier 1916 et Behr Louis-Gustave le 10 d&#233;cembre 1916. Nous ne connaissons pas les circonstances. Ils reposent c&#244;te &#224; c&#244;te dans le cimeti&#232;re de soldats allemands &#224; Berru, &#224; 9 kms de Reims, selon les informations donn&#233;es par Volksbund Deutsche Kriegsgr&#228;ber f&#251;rsorge (V.D.K.) &lt;br class='autobr' /&gt; L'administration pr&#233;cise que : &#171; Les prisonniers sont d'origines tr&#232;s diverses de culture et de m&#233;tier ou de professions civiles ; Ils sont disciplin&#233;s. A peine deux ou trois fortes t&#234;tes ont &#233;t&#233; signal&#233;es. Quelques punitions graves et tr&#232;s dures qui ont &#233;t&#233; inflig&#233;es ont suffi pour les mettre &#224; la raison &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La surveillance &#233;tait sous la responsabilit&#233; du poste de Garde qui reste en permanence au cantonnement, reli&#233; par une sonnerie entre la p&#233;niche, le poste de police et le b&#226;timent &#171; l'orphelinat &#187;, qui permet d'appeler du renfort. Un sergent commandant un piquet de garde conduit chaque &#233;quipe sur son chantier. Les prisonniers sont appel&#233;s nominalement avant chaque d&#233;part et au retour. Quand un groupe de travailleurs doit s'&#233;loigner du chantier, il est accompagn&#233; par un nombre d'hommes arm&#233;s pr&#233;vu par le sergent. Deux surveillants de l'Administration sont pr&#233;sents : l'un &#224; la carri&#232;re et l'autre &#224; la digue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail est r&#233;serv&#233; aux soldats, pas aux grad&#233;s allemands. Les sous-officiers allemands ont la surveillance disciplinaire. Pendant l'&#233;t&#233;, le r&#233;veil sonne &#224; 5 heures et le d&#233;part vers les chantiers est &#224; 5 heures quarante. Le travail commence &#224; 6 h et se poursuit jusqu'&#224; 10 heures trente. Il reprend de 12 heures trente &#224; 17 heures avec un arr&#234;t de 10 minutes entre chaque s&#233;quence. En hiver, le r&#233;veil s'op&#232;re &#224; 5 heures trente ; le d&#233;part est &#224; 6 heures quinze. Le retour au cantonnement se fait &#224; 17 heures. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Administration se plaint du court temps de travail, r&#233;duit &#224; 7 heures, cons&#233;quence du repos en milieu de journ&#233;e afin que les d&#233;parts et les retours se fassent en plein jour.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_3479 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;dt&gt; &lt;div class=&#034;boximg&#034;&gt; &lt;a href='https://chemindeleau.com/IMG/jpg/image_3.jpg' title='' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://chemindeleau.com/local/cache-vignettes/L500xH776/image_3-9a2b3-ba654.jpg?1733625842' width='500' height='776' alt='' /&gt; &lt;/a&gt; &lt;/div&gt; &lt;/dt&gt; &lt;dt class=&#034;pre_center&#034;&gt;&lt;div class='crayon document-credits-3479 spip_doc_credits center' style='width:500px'&gt;Cr&#233;dits: Collection priv&#233;e. Reproduction interdite&lt;/div&gt;&lt;/dt&gt; &lt;/dl&gt; &lt;p&gt;100 soldats travaillent &#224; la carri&#232;re de Bize-l'Assaut pour extraire les enrochements et les charger sur des bateaux. Quelques-uns servent de mineurs avec des barres &#224; mines et de &lt;br class='autobr' /&gt;
carriers avec des pinces. La plupart sont des man&#339;uvres. Les moins forts cassent les d&#233;bris pour faires des pierres de route et quelques autres r&#233;parent le mat&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_3480 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;dt&gt; &lt;div class=&#034;boximg&#034;&gt; &lt;a href='https://chemindeleau.com/IMG/jpg/image_2.jpg' title='' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://chemindeleau.com/local/cache-vignettes/L500xH693/image_2-76972-a9b17.jpg?1733625842' width='500' height='693' alt='' /&gt; &lt;/a&gt; &lt;/div&gt; &lt;/dt&gt; &lt;dt class=&#034;pre_center&#034;&gt;&lt;div class='crayon document-credits-3480 spip_doc_credits center' style='width:500px'&gt;Cr&#233;dits: Collection priv&#233;e. Reproduction interdite&lt;/div&gt;&lt;/dt&gt; &lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;20 sont au port provisoire du Bois de Percey o&#249; ils d&#233;chargent les enrochements venus par bateaux et les rechargent sur des wagons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 sont &#224; la digue o&#249; ils conduisent les wagons &#224; pied, les d&#233;chargent, mettent en place les enrochements. Ces enrochements sont transport&#233;s avec l'aide d'une section de la compagnie 6/4 des sapeurs mariniers qui fournit des chevaux n&#233;cessaires pour tirer les wagonnets jusqu'au lieu d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_3481 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;dt&gt; &lt;div class=&#034;boximg&#034;&gt; &lt;a href='https://chemindeleau.com/IMG/jpg/image_1.jpg' title='' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://chemindeleau.com/local/cache-vignettes/L500xH289/image_1-5274c-e5882.jpg?1733625842' width='500' height='289' alt='' /&gt; &lt;/a&gt; &lt;/div&gt; &lt;/dt&gt; &lt;dt class=&#034;pre_center&#034;&gt;&lt;div class='crayon document-credits-3481 spip_doc_credits center' style='width:500px'&gt;Cr&#233;dits: Collection priv&#233;e. Reproduction interdite&lt;/div&gt;&lt;/dt&gt; &lt;/dl&gt; &lt;p&gt;Le soir, lorsque les prisonniers ont regagn&#233; les bateaux, on retire les &#233;chelles qui permettaient d'y acc&#233;der et l'on ferme les &#233;coutilles. Les sentinelles montent la garde sur les bateaux et sur le chemin de halage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les salaires sont pay&#233;s par l'Administration &#224; l'autorit&#233; militaire par prisonnier sans tenir compte des grad&#233;s. Une prime d'argent de poche est vers&#233;e sauf pour les malades ou punis. Ce paiement est vers&#233;, tous les 10 jours, par le conducteur des Ponts et Chauss&#233;es au sous-lieutenant Leconte. &lt;br class='autobr' /&gt; La fin des travaux de r&#233;paration de la digue est &#233;voqu&#233;e par l'institutrice de Villegusien : &#171; 1917, Les prisonniers allemands sont partis. La digue est r&#233;par&#233;e compl&#233;tement. Rien &#224; signaler &#224; partir de ce moment &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Administration reconna&#238;t, d&#232;s octobre 1915, que &#171; l'ensemble des mesures, prises tant pour la subsistance mat&#233;rielle des prisonniers que pour leur surveillance, a r&#233;ussi &#224; leur faire donner un rendement convenable et satisfaisant &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La fin des travaux sur la digue ne signifie pas pour autant la fin du camp de prisonniers. Des prisonniers restent &#224; travailler jusqu'en 1919, &#224; &#234;tre employ&#233;s &#224; la construction d'&#233;perons en b&#233;ton, au remaniement du corroi dans sa partie sup&#233;rieure et &#224; la construction de dalles de b&#233;ton. La meilleure indication r&#233;sulte d'une carte postale envoy&#233;e par un garde du camp nomm&#233; Marcel, le 16 mai 1918.&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Hier, j'&#233;tais de garde &#224; la carri&#232;re. Elle est situ&#233;e pr&#232;s du canal que vous voyez sur la carte. C'est le canal de la Marne &#224; la Sa&#244;ne. Il fait tr&#232;s chaud ici, le temps est lourd. Aujourd'hui, je suis de garde au camp, les boches sont bien tranquilles. Comme ils vont tous &#234;tre rapatri&#233;s ils ne cherchent pas &#224; s'&#233;vader. Ils travaillent dur. C'est un vrai m&#233;tier de for&#231;at : de 6 heures du matin &#224; 7 heures du soir, il extrait de la pierre, il casse les cailloux pour les routes. Ils chargent les bateaux etc. Je ne vous en dis pas plus &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, le d&#233;part des prisonniers est &#233;chelonn&#233;. Plusieurs soldats quittent &#224; partir de juillet jusque vers la fin de 1917. D&#233;j&#224; l'accord de Berne, sign&#233; en d&#233;cembre 1917 entre la France et l'Allemagne, permet le rapatriement des prisonniers &#226;g&#233;s et longtemps emprisonn&#233;s et malades, et ceci se poursuivra jusque juillet 1919. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le lecteur int&#233;ress&#233; par la vie des prisonniers au camp, des courriers avec les familles, des &#233;vasions, des photos originales de prisonniers etc&#8230; trouvera des informations plus compl&#232;tes dans le Bulletin de la Soci&#233;t&#233; Historique et Arch&#233;ologique de Langres XXIX&#232;me Tome 3&#233;me Tri 2017 n&#176; 408 / p 63 &#224; 88 par Jean-Pierre M-	Les Prisonniers allemands &#224; Pi&#233;pape et Villegusien pendant la Premi&#232;re Guerre Mondiale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des informations compl&#233;mentaires sont issues de : &lt;br /&gt;&lt;img src='https://chemindeleau.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1733491609' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Chantier de prisonniers allemands &#224; Bize l'Assaut 25 avril 1915 par l'ing&#233;nieur Naboulet. Service de la navigation. Minist&#232;re des Travaux Publics.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les trois Photos incluses ont &#233;t&#233; aimablement propos&#233;es par le service des archives de l'Equipement &#224; Longeau (52) &lt;br class='autobr' /&gt;
Merci &#224; tous les services d'archives : ADHM &#224; Chaumont ; S. H A. L &#224; Langres ; Equipement de Longeau (52). &lt;br class='autobr' /&gt; Jean-Pierre Maucolin mars 2020&lt;br class='autobr' /&gt;
aucolin :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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